Changement d'approche au RTC: pas partout, mais plus vite

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La nouvelle toile du RTC est basée sur la valeur du temps : «comment se rendre en un lieu plus rapidement qu'en automobile», a expliqué le maire Labeaume.

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(Québec) Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) ne veut plus nécessairement aller partout, il veut aller vite.

L'administration Labeaume a profité du lancement de la grande consultation publique sur la mobilité pour annoncer la présentation, en septembre, de la vision et des enjeux de la réorganisation des routes du RTC. Ce travail colossal a été entrepris par le bureau d'études du service rapide par bus (SRB).

Même si ce mode de transport a été mis sur la voie de service, les changements à «la toile» et surtout la philosophie derrière demeurent pertinents, a assuré mardi le maire de Québec. 

«Avant, le RTC basait son action sur la possibilité de desservir le plus de lieux possible à Québec. La nouvelle toile est basée sur la valeur du temps : comment se rendre en un lieu plus rapidement qu'en automobile. Je vous le résume grosso modo, mais l'approche est complètement différente», a expliqué Régis Labeaume. 

Le président du RTC, Rémy Normand, est allé dans le même sens : «Le réseau qu'on a actuellement, c'est un réseau qui est basé sur 13 anciennes municipalités qui tiraient chacune de leur bord pour avoir leur partie de territoire couvert. Quand on va juste desservir des parties de territoire, on ne rend service à personne. Il faut arriver à développer la notion de valeur du temps, que ce soit attrayant pour les gens de changer de mode de transport et que le transport en commun devienne intéressant.» 

M. Normand a avancé que la durée d'un trajet en autobus ne devrait pas être majorée de plus de 60 % du temps nécessaire pour faire le même déplacement en automobile. «Autrement dit, si un parcours prend 10 minutes en auto, en-deçà de 16 minutes, ça devient attrayant pour quelqu'un de prendre le transport en commun. Au-delà de ça, ça ne l'est plus.»

On ne sait pas encore quels pans du réseau pourraient être repensés, voire abandonnés. Il n'y aura toutefois pas que des pertes. Le maire Labeaume a déjà annoncé que des parcours est-ouest pourraient faire leur apparition pour contrebalancer l'historique penchant nord-sud. 

Les détours ne seront pas complètement proscrits non plus. «Parfois, c'est plus rapide d'un point à un autre en ligne droite. Mais ça peut aussi être plus rapide si on fait un petit croche en quelque part pour amener les gens à leur destination», a souligné M. Normand. 

Il faudra attendre la tournée des arrondissements du 5 au 9 septembre pour en savoir plus.

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Sauver du temps

La décision du RTC de tenir compte de la valeur du temps de transport pour redessiner son réseau tombe sous le sens, selon Philippe Barla, professeur au département d'économique de l'Université Laval. 

Cette valeur dont il est question s'exprime carrément en dollars pour les économistes. Et elle va bien au-delà du prix du billet. «C'est le montant que les gens sont prêts à payer pour sauver du temps de déplacement», résume M. Barla. 

Pour les allers-retours entre la maison et le travail matin et soir, la valeur du temps sauvé représente généralement 40 à 60 % du revenu horaire net, nous apprend le professeur. Cette valeur peut aussi être déterminée par sondage, en proposant différents scénarios aux navetteurs, qui doivent donner leurs préférences en matière de transports en tenant compte du coût associé. 

La valeur du temps de transport varie selon les circonstances, ajoute M. Barla. Ainsi, les gens sont prêts à payer plus cher pour éviter la congestion ou réduire leur temps d'attente. D'où l'importance, pour le transport en commun, de minimiser les transferts et le temps de déplacement pour se rendre aux arrêts tout en augmentant la fréquence des passages. 

La valeur du temps de transport varie également en fonction du revenu de l'usager et de ses obligations. De là à dire qu'il faudrait transporter plus rapidement les travailleurs sur la colline parlementaire que les étudiants des cégeps, il y a toutefois un pas difficile à franchir pour un élu. «C'est faisable et possible, mais il y aurait des considérations politiques», croit M. Barla. 

Le ministère des Transports du Québec a produit un guide de l'analyse des avantages-coûts des projets publics en transport routier dans lequel il évalue la valeur horaire de certains déplacements. Pour fins de calculs, un déplacement en automobile pour affaires vaut ainsi 23,63 $ l'heure. Pour les autres motifs, on parle de 13,52 $ pour les conducteurs et 9,50 $ pour les passagers. En autobus, la valeur horaire du temps des passagers est de 9,50 $. Ces données sont provinciales, elles ne tiennent pas compte des particularités régionales.

Consultation «bidon», selon Jean-François Gosselin

Même s'il ira probablement «faire un tour» aux consultations sur la mobilité durable qui commencent le 6 juin, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, ne croit déjà pas à cet exercice qu'il qualifie de «bidon». Pour lui, toute la question du transport en commun doit être débattue en campagne électorale.

«C'est déjà décidé d'avance», tranche le candidat à la mairie très sceptique devant le mécanisme de consultation annoncé mardi, quelques semaines après l'abandon du projet de SRB.

Le maire Régis Labeaume a révélé en conférence de presse la tenue de quatre jours de consultations entre le 6 et le 10 juin, la mise sur pied d'un questionnaire en ligne, la constitution d'un comité consultatif et un sommet international sur la mobilité durable le 12 et 13 septembre. Tout ça avant la pause électorale en vue du scrutin municipal du 5 novembre.

Selon Jean-François Gosselin, tout pointe vers un nouveau système de transport en commun «structurant» dont son parti ne veut pas. Les membres du comité consultatif sont à ce titre révélateurs, dit-il. «Des gens comme Étienne Grandmont, Érick Rivard, Alexandre Turgeon se sont toujours prononcés pour un SRB. C'est clair que la stratégie sera de trouver un nouveau système», croit le chef de Québec 21. Il ne s'appellera pas SRB ou tramway, mais ce sera du pareil au même, aux yeux de M. Gosselin. 

Lors du lancement de sa campagne, fin avril, ce dernier a accusé l'administration Labeaume de faire «la guerre à l'automobile». 

«Nous on veut faire campagne là-dessus, on veut en débattre. Pas dans une consultation le mardi après-midi à 15h. Le monde qui travaille n'a pas le temps d'aller là, dans ces consultations-là», lance-t-il. 

La méthode de Québec 21 est plutôt, poursuit M. Gosselin, «d'aller cogner aux portes, sur le terrain» ou, dit-il, il sent une forte opposition à un nouveau système de transport en commun.




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