SRB: les estimations à la hausse

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Le montant du SRB n'a pas été confirmé officiellement, mais les maires de Lévis et de Québec ont tour à tour laissé filtrer le montant des investissements requis sur leur rive.

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(Québec) Le service rapide par bus (SRB) pourrait coûter plus cher qu'anticipé initialement. Les estimations les plus récentes, utilisées par les maires de Québec et de Lévis, fixent la facture du mégaprojet entre 1,4 et 1,6 milliard $.

Le montant n'a pas été confirmé officiellement, mais les maires de Lévis et de Québec ont tour à tour laissé filtrer le montant des investissements requis sur leur rive.

Cette semaine, le représentant de Lévis, Gilles Lehouillier, a indiqué aux journalistes qu'il en coûterait entre 600 et 700 millions $ pour aménager un corridor réservé aux autobus articulés entre le siège social du Mouvement Desjardins et les ponts, en plus du tronçon sur la route des Rivières. Il y en a pour 19 kilomètres, plus un kilomètre sur le pont de Québec.

M. Lehouillier a qualifié ce prix de «pas réaliste», à tout le moins pour une première phase. Des discussions sont d'ailleurs en cours pour l'«alléger». Cela passe par une révision du parcours, a indiqué le ministre des Transports, Laurent Lessard, qui se dit sensible aux préoccupations financières de Lévis. 

Jeudi, le maire de Québec a parlé de 800 à 900 millions $ pour sa partie du SRB. Des ponts, les autobus doivent se rendre jusqu'au quartier Saint-Roch en passant par les boulevards Laurier et Charest, puis jusqu'à l'écoquartier D'Estimauville. Une ligne nord-sud est également prévue entre Charlesbourg et le Grand Théâtre. Longueur totale : 23 kilomètres. 

Régis Labeaume a par la suite fait ses calculs d'amortissement avec le plus élevé des deux montants. Tenant pour acquis qu'il devrait payer 10 % du montant, il a établi sa contribution à 15 millions $ par année pendant six ans pour un total de 90 millions $. 

«On s'en apercevra pas»

«Pour nous, il faut que vous compreniez qu'on s'en apercevra même pas dans le PTI (programme triennal d'immobilisations)» qui totalise 450 à 500 millions $ par année, a-t-il fait valoir aux journalistes. D'où son ouverture à assumer une portion du financement. «On s'est pas cassé la tête. On a les moyens de le faire», a-t-il dit pour se différencier de son homologue de Lévis, qui affirme être incapable d'un effort semblable.

Au cours des dernières semaines, le ministre des Transports avait lancé que le projet de SRB était estimé à 1,4 milliard $ avant de se rétracter. Le gouvernement du Québec s'est avancé pour 50 % de la facture en tenant pour acquis qu'Ottawa en ferait autant. Les libéraux fédéraux ayant fixé leur limite à 40 % pour les nouveaux projets de transport collectif, Québec est sous pression pour hausser sa participation. Aucune décision n'a encore été communiquée. 

Dans l'étude de faisabilité sur le tramway, dévoilée il y a deux ans, les coûts estimés du SRB variaient entre 919 millions $ et 1,4 milliard $ selon le type de plateforme et de matériel roulant. L'option la plus chère permettait d'implanter un SRB totalement électrique et fiabilisé. Cela suppose de repousser les infrastructures souterraines sur les côtés pour éviter d'éventrer la plateforme et nuire au service en cas de bris. On ne sait pas encore si c'est la solution retenue.

Pour Lehouillier, le projet manque de précision

Le maire de Lévis ne s'inquiète pas seulement de la facture initiale à payer pour construire le SRB, mais de toutes celles qui vont suivre pour le faire rouler.

«Actuellement, le problème, c'est qu'au niveau des coûts de fonctionnement, il y a des choses qui restent à compléter au niveau du SRB. Il va falloir que le comité directeur nous présente un certain nombre d'éléments. Par exemple, quels sont les paramètres des coûts d'opération? Est-ce que c'est le kilométrage? Est-ce que c'est le nombre d'usagers?» a demandé Gilles Lehouillier en fin de journée jeudi. 

L'élu municipal a répété qu'il ne pouvait pas absorber 10 % des 600 à 700 millions $ requis pour les seules infrastructures, puis payer chaque année pour faire fonctionner le réseau modernisé. 

Le maire de Lévis a ainsi confirmé les pistes de blocage identifiées plus tôt dans la journée par son homologue de Québec. «Lévis se pose des questions sur l'entièreté du projet. Ça va beaucoup plus loin que payer 100 % des immobilisations. Même si le gouvernement payait 110 %, ça changerait pas leur questionnement sur certaines choses. Ils se posent des questions sur l'entièreté, les coûts d'opération, les coûts admissibles, les coûts d'aménagement, etc.» a analysé Régis Labeaume. 

En guise de réponse, il dit avoir soumis à la fin de l'année quatre propositions chiffrées pour «essayer de sortir de l'impasse» et garder la rive sud dans le projet. 

«Nous, à la Ville de Québec, on pense qu'on doit aller chercher la clientèle de Lévis. Il faut donner du service à Lévis. On le pense sincèrement», a souligné le maire Labeaume, qui juge «absolument essentiel de traverser le pont». 

Gilles Lehouillier affirme qu'il ne se prononcera pas sur ces scénarios avant que le bureau d'étude du SRB ne les ait analysés. Une rencontre du comité de direction est prévue vendredi. «Une chose est certaine pour nous : on va être dans la game pour la réalisation du SRB. On a toujours dit qu'on était en faveur», a-t-il insisté, prenant le ministre des Transports à témoin. 

M. Labeaume a accordé à son vis-à-vis «le droit de réfléchir», mais il prévient que lui-même «sait où il s'en va» et qu'il ne faut «pas hypothéquer notre projet». 

La stratégie Labeaume

C'est pourquoi il a annoncé mardi, à la surprise générale, que les 56 millions $ contenus dans le budget du Québec ne serviraient qu'à la rive nord. Finalement, il appert que les premiers plans et devis cibleront effectivement des points chauds à Québec, mais le tracé de Lévis devrait être dessiné par la suite. 

Le maire de Québec n'a pas caché qu'il y avait de la stratégie dans sa sortie post-budget. «Si ça peut provoquer l'accélération des réflexions, je ne détesterais pas ça», a-t-il laissé tomber avec un demi-sourire. 

M. Labeaume a également écarté à nouveau toute possibilité de tenir un référendum sur le projet de SRB, après l'appel de la chef de l'opposition Anne Guérette. «L'élection, c'est fait pour discuter, débattre et décider», a-t-il répliqué. 

Avec Normand Provencher




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