Un prof de l'UL suggère de détruire et remplacer le pont de Québec

Le professeur de l'Université Laval, Michel A. Duguay,... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le professeur de l'Université Laval, Michel A. Duguay, fait valoir qu'un nouveau pont avec plus de capacité s'attacherait facilement au réseau routier existant et apaiserait la circulation entre les deux rives.

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(Québec) Un physicien et professeur de l'Université Laval, Michel A. Duguay, considère que le pont de Québec est rendu au bout de sa vie utile. Il suggère par conséquent d'en construire un neuf au lieu de retaper l'ancien et de régler du coup le dossier du troisième lien.

«En fait, ce serait un nouveau deuxième lien», résume le professeur titulaire, rattaché au Département de génie électrique et de génie informatique. Celui-ci a rebondi sur un texte du Soleil portant sur le remplacement du pont de l'île d'Orléans pour réclamer au ministre des Transports et à son collègue responsable de la Capitale-Nationale un nouveau pont de Québec.

Dans sa lettre transmise aussi à des politiciens et à des journalistes, M. Duguay reprend des arguments qu'il a maintes fois utilisés au cours des derniers mois pour alerter les autorités sur l'état du pont.

Le professeur, qui n'est pas ingénieur, mais enseigne le génie électrique, est préoccupé par la corrosion des poutres et des rivets de la structure, mais aussi du tablier du pont attaqué par les sels de déglaçage. Il reprend des passages du dernier rapport d'inspection rendu public, celui de la firme Delcan produit en 2008 pour le gouvernement fédéral.

M. Duguay s'inquiète aussi de la fatigue du métal et du risque sismique dans la vallée du Saint-Laurent. Il n'hésite d'ailleurs pas à dresser un parallèle avec des exemples extrêmes, comme le Titanic, dont la coque s'est fracturée sur un iceberg, et le premier avion de ligne à réaction Comet, détruit en plein vol. Ce discours lui a valu des critiques, plusieurs personnes le jugeant faussement alarmiste.

«Dépenser 400 millions pour une repeinture d'un pont qui a accumulé 100 ans de rouille et de fatigue du métal est plus risquée du point de vue financier, et aussi du point de vue d'accidents désastreux genre Lac-Mégantic, avec pertes de vie», conclut le professeur.

En entrevue téléphonique, il répète que la durée de vie du pont demeure inconnue. Et selon lui, «ce n'est pas pour rien que le CN veut s'en débarrasser». Il réclame à nouveau une étude exhaustive sur l'état de la structure et les coûts de réfection avant d'engager des fonds publics dans l'aventure.

Notre interlocuteur fait également valoir qu'un nouveau pont avec plus de capacité - l'actuel laisse passer 35 000 véhicules par jour contre 120 000 sur le pont Pierre-Laporte - s'attacherait facilement au réseau routier existant et apaiserait la circulation entre les deux rives.

M. Duguay, qui a milité activement pour la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly, s'intéresse au pont de Québec depuis quelques années. Jusqu'à l'automne, il était membre du collectif L'Avenir du pont de Québec (APQ), composé principalement de retraités militant pour la réfection du pont patrimonial. Il n'en fait plus partie, car, selon lui, le groupe «a peur de branler la cage».

Gilbert Tessier, porte-parole d'APQ, a confirmé au Soleil qu'il y a eu scission parce que le professeur voulait remplacer le pont plutôt que le remettre en état. Le collectif est plutôt favorable au scénario développé par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, qui souhaite confier la réfection, puis la gestion et aussi la valorisation du pont à des organismes à but non lucratif financés par les gouvernements et les utilisateurs de la voie ferrée.

Dans le résumé de son étude sur un nouveau modèle d'affaires et de gouvernance pour assurer la pérennité du pont de Québec, la Chambre estime les coûts de démolition du pont actuel entre 280 et 310 millions $. La reconstruction coûterait entre 400 et 800 millions $, «bien que le scénario le plus réaliste tend vers 800 millions $». Les futurs ponts de l'île d'Orléans et Champlain ont été utilisés comme références. C'est donc dire que la facture totale d'un remplacement pourrait dépasser le milliard de dollars. C'est deux fois le prix d'une remise en état.

Lors de ses travaux, la Chambre dit avoir eu l'assurance que le pont de Québec est tout à fait sécuritaire, comme le disent en choeur le CN et les gouvernements du Québec et du Canada depuis toujours.




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