RTC: appel en choeur à la négociation

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Malgré la menace de grève qui plane sur le Réseau de transport de la Capitale (RTC), tant le syndicat des chauffeurs que les politiciens appellent à la poursuite des négociations pour éviter le pire à la clientèle.

Le Syndicat des employés du transport public du Québec métropolitain (SETPQM), affilié à la CSN, a rencontré les journalistes, jeudi matin, pour préciser sa position. Le président Ghislain Dolbec a répété que «notre but a toujours été de négocier», mais que l'échéancier imposé par la loi 24 a provoqué l'envoi d'un avis de grève qu'il qualifie lui-même de «prématuré».

Considérant que les 150 jours réservés pour la négociation seront écoulés le 2 avril - après quoi doit entrer en scène un médiateur, puis le mandataire spécial qui a le dernier mot sur la convention collective - le syndicat a lancé un ultimatum à l'employeur pour le 13 mars. Même si les discussions débloquaient, M. Dolbec écarte toute possibilité de report: il faut un règlement ou c'est la grève générale illimitée.

L'employeur a été informé dès l'automne de la stratégie syndicale et ne peut donc plaider la surprise, a fait valoir le conseiller syndical Steve Veilleux. «S'il y a un rapport de force qui doit être exercé, il va l'être à l'intérieur des 150 jours de négociation», a-t-il insisté.

Les deux représentants syndicaux ont pointé l'organisation du travail comme principal point d'achoppement des négociations. Les chauffeurs d'autobus sont déjà disponibles 12 heures par jour, période à l'intérieur de laquelle ils sont appelés à prendre le volant pendant deux ou trois blocs de quelques heures. L'employeur voudrait encore plus d'«amplitude», selon le jargon du milieu. Pour les syndiqués, c'est non négociable pour des raisons de qualité de vie et de conciliation travail-famille, a insisté M. Dolbec.

Le président n'a pas caché que ses membres avaient «débranché» les GPS alimentant le système d'information Nomade temps réel, qui permet de suivre la progression des autobus à la seconde près.

Il affirme que le système, très utile pour la clientèle, a fait monter d'un cran la pression sur les chauffeurs. «Nomade a détérioré la qualité qu'on peut donner au travail parce qu'on est tellement compressés dans le temps que ça met en péril la sécurité routière. On arrive serrés dans les terminus, il y a beaucoup de gens qui manquent des correspondances», raconte M. Dolbec. «Les chauffeurs arrivent en bout de ligne et c'est le temps de repartir, ils n'ont même pas le temps de sortir de l'autobus et aller à la toilette.»

L'exécutif syndical s'est défendu de prendre la population en otage. «Notre but, c'est pas de couper le service aux usagers. Au contraire, on comprend les problématiques que les usagers vont vivre s'il arrive quelque chose. Notre but, nous, c'est de régler les points en litige», assure M. Dolbec.

Le conseiller Veilleux n'a pas écarté la possibilité que d'autres moyens de pression soient mis de l'avant d'ici le 13 mars.

«Pas surpris» de Labeaume

Quant aux déclarations du maire Régis Labeaume, qui a menacé mercredi de dévoiler sur la place publique les conditions de travail des chauffeurs pour susciter la «révolte» des citoyens, les syndiqués s'y attendaient. «On n'est pas tellement surpris que le maire Labeaume embarque dans la danse, on ne savait juste pas quand», a commenté M. Veilleux, citant les précédents avec les cols bleus et blancs, les policiers et les pompiers.

Juste avant la sortie des syndiqués, le président du RTC prenait la parole en marge d'un comité plénier à l'hôtel de ville. «À partir de maintenant, on va laisser beaucoup de place à la négociation. Je pense que c'est sur quoi il faut insister aujourd'hui. (...) Il faut surtout éviter de brouiller les lignes de communication et ne pas empiéter sur les contenus de la négociation», a déclaré Rémy  Normand.

Sans condamner les propos du maire, le conseiller municipal a confié avoir eu une discussion avec son chef et s'être entendu pour «cesser d'intervenir». «On a tous les deux la même position : il faut trouver un espace de solution pour éviter que nos clients soient perturbés par le conflit de travail», a souligné M. Normand.

Plus intraverti que la veille, le maire a simplement confirmé aux journalistes qu'«on est tout à fait disponibles pour négocier».

La chef de l'opposition Anne Guérette n'a pas manqué de relever la participation de M. Labeaume. «On ne peut que déplorer l'attitude du maire qui alimente le conflit, qui met de l'huile sur le feu, qui menace les gens. On ne croit pas à cette approche, on croit davantage à une approche de négociation respectueuse», a-t-elle déclaré.  Avec Patricia Cloutier

Services essentiels proposés aux heures de pointe

Le syndicat des chauffeurs d'autobus a levé le voile sur la liste de services essentiels proposée mardi à l'employeur. Si grève il y a, les chauffeurs du RTC seraient en poste aux heures de pointe, soit entre 6h15 et 9h15 le matin et entre 15 h et 18 h l'après-midi, du lundi au vendredi. Le transport des usagers serait assuré sur les parcours réguliers, incluant le Métrobus, mais pas les express ni les fins de semaine. La direction du RTC n'a pas encore fait part publiquement de ses demandes, mais on devine qu'il espère une plus grande couverture. Si les deux parties ne s'entendent pas, c'est un conciliateur et ultimement un juge du Tribunal administratif du travail qui tranchera. Si les usagers n'ont pas droit à un service complet pendant le mois de mars, le président du transporteur public a évoqué des compensations. «Il faut regarder ça dans le détail, mesurer les impacts financiers. Mais on ne peut pas penser qu'on ne compensera pas ces gens-là d'aucune façon», a laissé tomber Rémy Normand jeudi.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer