Troisième lien: la CAQ outrée que le ministre des Transports mousse le transport en commun

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Le ministre des Transports, Laurent Lessard

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(Québec) Le ministre des Transports du Québec a refusé jeudi de s'engager à créer un bureau de projet pour le troisième lien routier Québec-Lévis, malgré l'insistance de la Coalition avenir Québec (CAQ). Laurent Lessard a livré au passage un plaidoyer en faveur du service rapide par bus (SRB) qui a suscité l'indignation du deuxième parti d'opposition.

La CAQ a profité de la séance d'information sur le troisième lien organisée mercredi par le député fédéral Steven Blaney pour réclamer au gouvernement du Québec la mise sur pied d'un bureau de projet sur le modèle du SRB. Le député Éric Caire a repris cette demande lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, jeudi.

Le ministre Lessard a répondu qu'il avait plutôt choisi la création d'un «bureau politique» rassemblant les maires de Québec et de Lévis ainsi que les ministres responsables des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Son attaché de presse, Mathieu Gaudreault, a plus tard précisé au Soleil que l'idée d'un bureau de projet plus technique serait soumise à ce bureau politique lors d'une prochaine réunion.

«On s'est donné une structure parce qu'on veut se donner une direction puis des moyens pour aller mesurer, pour la population qui nous le demande, où se situera ce troisième lien, quel impact aura-t-il sur la congestion», a énuméré M. Lessard en chambre avant d'inviter les caquistes à participer aux «prochaines étapes».

Alors que François Paradis tapait sur le même clou, le ministre des Transports a eu cette réponse pour lui : «Comme député de Lévis, il ne s'interroge même pas sur quel effet aura le service rapide par bus sur le décloisonnement de Lévis. Combien d'usagers vont laisser leur voiture à la maison pour prendre le service, il ne s'inquiète pas de ça. Non, il est en train de dire : à gauche, à droite, n'importe où. Ne calculez pas, faites-le n'importe où, même sous-fluvial. Il devrait se préoccuper pour sa population, pour dire à la population : parfois, la voiture devrait rester à la maison...»

Vives réactions

Cette réponse a mis le parti d'opposition dans tous ses états. Rapidement, sur Twitter, François Paradis a qualifié d'«épouvantable» le fait que le ministre Lessard «vient de dire aux citoyens de Québec et Lévis de laisser l'auto à la maison et prendre le SRB». Dans un communiqué de presse qui a suivi dans l'heure, il a ajouté que «cette déclaration est symptomatique d'un courant de pensée qui est complètement déconnecté de la réalité quotidienne des familles du Québec» qui ne peuvent prendre le transport en commun.

En entrevue téléphonique au Soleil, son collègue Éric Caire n'a pas lâché Laurent Lessard, qu'il invite à abandonner sa limousine pour donner l'exemple. «Ce n'est pas le bureau de projet [sur le troisième lien] qui ne l'intéresse pas. Je pense que c'est le projet en lui-même qui ne l'intéresse pas», a dit le caquiste.

«Les députés libéraux ont compris que ce projet-là était populaire et donc de s'y opposer formellement, publiquement, c'était pas un bon calcul politique. Mais dans les faits, on tergiverse, on retarde, on étire le temps, on trouve toutes sortes de façons de ne pas le faire avancer tout en donnant l'impression qu'on y travaille», a dénoncé M. Caire.   

Il a invité le gouvernement du Québec à faire comme le maire de Québec, Régis Labeaume, et admettre que le SRB arrive avant le troisième lien sur sa liste de priorités.

«Quand on compare avec le SRB, on voit bien la différence envers un projet dans lequel il croit», a poursuivi le député de La Peltrie, référant à l'investissement de 12 millions $ dans le bureau de projet et à la mise en place d'un échéancier serré.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, s'est dit indifférent quant au modèle retenu. «Nous, que ce soit un bureau de projet ou que ce soit le ministère des Transports qui prenne le leadership, on n'a pas de problème avec ça. Par contre, on sait que la décision va appartenir au gouvernement du Québec, on est dans les infrastructures gouvernementales, alors on aimerait qu'il y ait un plan de match»,

Son homologue de Québec, Régis Labeaume, a quant à lui référé les journalistes au «boss» des Transports.




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