Transport en commun: le Québec tarde à utiliser ses millions

Le Québec n'a même pas atteint 20 % de... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Le Québec n'a même pas atteint 20 % de son objectif. Seulement cinq projets ont été confirmés à Montréal et un à Gatineau. Il n'y a rien pour Québec à ce jour.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le Québec prend son temps pour aller chercher les subventions mises à sa disposition pour le transport en commun par le gouvernement fédéral. À ce jour, seulement 173 des 923 millions $ disponibles ont été réclamés alors que d'autres provinces ont déjà fait le plein. 

Infrastructure Canada détaille sur son site Web les montants réservés pour chaque province dans la phase 1 du Fonds pour les infrastructures du transport en commun (FITC) ainsi que la liste des projets approuvés et en cours de réalisation. Le Québec n'a même pas atteint 20 % de son objectif. Seulement cinq projets ont été confirmés à Montréal et un à Gatineau. Il n'y a rien pour Québec à ce jour.

Une note indique tout de même que des projets totalisant 519 millions $ d'aide sont en cours d'approbation au Conseil du Trésor du Canada, mais on ne sait pas s'ils concernent le FITC ou le Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU). Le Québec a peu pigé dans cette enveloppe aussi: à peine 50 des 364 millions $ accessibles ont été attribués. 

D'autres provinces comme l'Ontario, la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont déjà dépensé la quasi-totalité des sommes que le fédéral leur destinait.   

Ce n'est pas d'hier que le Québec traîne la patte pour le transport en commun. Une compilation du financement fédéral accordé pour les infrastructures depuis 2002 révèle que la province a consacré seulement 7 % des 9,3 milliards $ reçus au transport collectif, contre 47 % pour les routes et autoroutes. En Ontario, les proportions sont inversées. 

«On sait très bien qu'au Québec, c'est le gouvernement qui doit choisir les projets. Donc, c'est définitivement là que ça ralentit. C'est difficilement acceptable du point de vue des usagers d'avoir une grande volonté d'intervention du gouvernement fédéral pour les transports urbains, mais que pour des raisons administratives ou politiques, on retarde des projets alors que les besoins sont immenses», a commenté jeudi Philippe Cousineau, coordonnateur des affaires publiques et des communications pour l'organisme Transport 2000 Québec. 

Celui-ci constate que le gouvernement du Québec n'a pas intégré son discours sur la mobilité durable. «Ce n'est toujours pas le transport qui est le fer de lance de la lutte aux changements climatiques ou le leader des changements urbains», déplore M. Cousineau, se demandant si les libéraux provinciaux ont «peur de l'ampleur du défi». 

Selon lui, l'absence de politique sur le transport collectif ou la mobilité durable - la dernière est échue depuis 2011 - fait partie du problème. Quand vient le temps de juger des projets, le provincial n'a pas de vision d'avenir, pas de critères clairs, dit M. Cousineau.  

Mercredi, le maire Régis Labeaume verbalisait aussi son impatience de voir le gouvernement du Québec investir dans le transport en commun. «J'entends beaucoup de discours sur le développement, sur COP21 [conférence de Paris sur le climat], sur la diminution des gaz à effet de serre. C'est très gentil, très honorable, mais à un moment donné, il va falloir prendre des moyens», a-t-il lancé.

Québec devrait faire plus 

Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, se range du côté du maire. Selon lui, le provincial aurait avantage à faire plus pour le transport collectif. Il en veut pour preuve l'augmentation de l'achalandage des transporteurs publics quand il y avait une politique en bonne et due forme et du financement attaché. «On ne peut pas juste s'asseoir sur le REM [Réseau électrique métropolitain] et attendre sous prétexte que le fédéral investit», prévient M. Grandmont. 

Ce dernier considère toutefois que la Ville de Québec pourrait taxer l'essence comme le font déjà d'autres villes. Mais l'administration Labeaume s'y refuse. Si bien que depuis 2010, 70 millions $ ont été laissés sur la table, regrette M. Grandmont. «C'est vrai qu'on ferait des miracles avec cet argent-là. Et ça donnerait un petit répit aux utilisateurs», dit-il. 

Au cabinet du ministre des Transports, Laurent Lessard, la réaction est sobre. «Le gouvernement a pris des engagements bien clairs. On travaille avec les budgets disponibles pour en faire le plus possible pour faire la lutte aux changements climatiques et réduire les émissions de GES. Pour le transport en commun, le gouvernement du Québec a des sommes importantes à investir là-dedans. Je ne veux pas entrer dans les modalités, mais on entend bien la demande du maire et on va en faire le plus possible», assure son attaché de presse, Mathieu Gaudreault.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer