Le RTC veut se doter d'un terminus à ExpoCité

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Le Réseau de transport de la capitale n'a pas précisé l'emplacement exact du futur terminus d'ExpoCité, qui sera construit afin de faciliter la vie des spectateurs du Centre Vidéotron.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le Réseau de transport de la capitale (RTC) veut construire d'ici les trois prochaines années un vrai terminus pour les autobus qui desservent le site d'ExpoCité afin de faciliter l'évacuation des grandes foules lors d'évènements au Centre Vidéotron.

Le président du RTC, Rémy Normand, n'était pas en mesure mercredi de situer précisément le futur terminus, de donner l'année de sa construction ou même de chiffrer l'investissement requis. Tout ce qu'on sait, c'est que l'argent sera puisé à même une enveloppe de 22 millions $ sur trois ans réservée pour une multitude de projets allant du déploiement de nouveaux abribus à la refonte du site Internet, en passant par la construction de terminus à ExpoCité et sur le nouveau parcours Métrobus 804.

«On est installés un peu de façon bancale. Ça faisait la job, mais on se rend compte à l'usage qu'il faudrait être plus performant. Il faudrait que les spectateurs, quand ils sortent d'un spectacle ou d'une partie de hockey, ils trouvent facilement leur chemin à un endroit précis et qu'ils sachent avec la signalisation quel est leur bus», a expliqué M. Normand.

Actuellement, les bus s'alignent près du Pavillon du commerce. En sortant du Centre Vidéotron, les usagers du transport en commun se mêlent aux clients du taxi.

Le RTC travaille avec le Bureau du transport de la Ville de Québec pour trouver l'endroit idéal pour les navettes, en tenant compte des usages actuels et futurs du site d'ExpoCité, notamment la place Jean-Béliveau et le futur marché public. «Il faut qu'on ne nuise à personne et que personne ne nous nuise non plus», a résumé le président du conseil d'administration.

M. Normand a dressé un parallèle avec l'Express Nordiques, qui transportait des milliers de partisans de hockey vers le Colisée les soirs de match. «Il y avait un endroit où les bus étaient en rang d'oignons et chacun allait au bon endroit pour prendre son bus», a-t-il rappelé.

Le RTC présente un budget de fonctionnement de 213,3 millions $ pour 2017, en hausse de 2,1 %. Son programme triennal d'immobilisations (PTI) prévoit des investissements records de 303 millions $ pour la période 2017-2019. Cela afin de profiter des fonds fédéraux disponibles, a noté le directeur général Alain Mercier. Environ 75 % des investissements en transport en commun sont subventionnés.

Nouveaux véhicules 

Exactement 104 millions $ serviront à acquérir des autobus, soit 72 de taille standard et 32 Midibus, tous à motorisation hybride. Les remplaçants des Écolobus sont attendus en 2018. Avant même la réception du premier de 24 véhicules, le RTC a exercé son option pour huit autres auprès du fabricant belge Van Hool. C'est la même entreprise qui produit les bus biarticulés que le maire Régis Labeaume aimerait acquérir pour le service rapide par bus (SRB).

Trois pôles d'échange sont également en planification au centre-ville, dans le secteur D'Estimauville et à l'intersection de la 1re Avenue et de la 41Rue. M. Mercier a insisté : ce n'est pas une dépense attribuable au SRB, car le besoin est déjà bien présent pour le réseau actuel. Son équipe travaille néanmoins avec le bureau d'études du SRB «pour que l'intégration se fasse la journée 1 du SRB», a-t-il mentionné.

En lien avec le futur pôle d'échanges de la rue de la Croix-Rouge, la conception de voies réservées est budgétée pour la portion sud de l'autoroute Laurentienne entre l'autoroute Félix-Leclerc (40) et le centre-ville. Il est également prévu qu'on ajoute des corridors pour les bus sur le boulevard Hochelaga. Ce secteur est voué à un fort développement résidentiel et commercial au cours des prochaines années.

Québec doit parler moins et subventionner davantage, selon Labeaume

«Au gouvernement fédéral, j'entends beaucoup parler de transport... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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«Au gouvernement fédéral, j'entends beaucoup parler de transport en commun, mais ils mettent l'argent sur la table, il faut quand même leur donner ça; au gouvernement du Québec, il va falloir qu'il se passe des choses aussi», a déclaré le maire, mercredi.

Photothèque Le Soleil

Tant le Réseau de transport de la capitale (RTC) que le maire de Québec enjoignent le gouvernement du Québec à investir davantage dans le transport en commun. Régis Labeaume s'attend à «beaucoup plus» qu'une indexation des budgets. «Il faut que les moyens suivent le discours», martèle-t-il.

«J'entends beaucoup de discours sur le développement, sur COP21 [conférence de Paris sur le climat], sur la diminution des gaz à effet de serre. C'est très gentil, très honorable, mais à un moment donné, il va falloir prendre des moyens. Au gouvernement fédéral, j'entends beaucoup parler de transport en commun, mais ils mettent l'argent sur la table, il faut quand même leur donner ça; au gouvernement du Québec, il va falloir qu'il se passe des choses aussi», a fait valoir le maire mercredi, en marge de l'étude du budget et des investissements du RTC en comité plénier.

Celui-ci a donné en exemple son administration, qui a coupé dans ses dépenses pour se donner une marge de manoeuvre. «Qu'il fasse pareil!» a lancé M. Labeaume en direction du gouvernement du Québec. 

Le politicien municipal refuse d'envisager une augmentation de la taxe sur l'immatriculation des véhicules routiers, bloquée à 30 $ depuis bientôt 25 ans. Il répète également qu'il n'a pas l'intention d'utiliser les points de taxe sur l'essence qui sont à sa disposition depuis belle lurette. C'est l'équivalent de 10 millions $ par année. 

«Nous, on a décidé de ne pas utiliser cette taxe-là parce qu'on pense que les gens sont assez taxés en général. Évidemment, le directeur général du RTC m'en parle tous les ans. Dix millions de dollars, cette année, il ferait des miracles avec ça. Mais on refuse, on pense qu'idéologiquement, c'est suffisant comme taxes», a justifié M. Labeaume. 

Budget «à risque»

Un peu plus tôt, le conseiller municipal de l'opposition, Yvon Bussières, avait lancé aux dirigeants du RTC qu'il trouvait leur budget 2017 «à risque». 

«Vous avez raison», a convenu le directeur des services administratifs; Luc Richard a énuméré plusieurs facteurs de risque : les subventions pour l'exploitation du transport en commun stagnent, le «coussin d'urgence» est liquidé depuis 2015, l'optimisation des ressources atteint ses limites. «Ce que j'aime appeler la boîte de plasters, elle est vide», a lancé M. Richard, ajoutant que «l'avenir n'est pas rose» si ne survient aucun réinvestissement. Toute la présentation du RTC mettait d'ailleurs l'accent sur ce message.

Labeaume prône une «révolution des transports»

Régis Labeaume craint que Québec ne prenne du... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 7.0

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Régis Labeaume craint que Québec ne prenne du retard en matière de transport en commun par rapport à d'autres villes de grandeur similaire ailleurs dans le monde.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Le service rapide par bus (SRB) est la première étape, «l'épine dorsale» essentielle pour lancer une «révolution des transports» à Québec, selon le maire Régis Labeaume.

«Si on n'a pas de réseau central, l'épine dorsale que représente le SRB [...], on a un maudit problème parce qu'on pourrait plafonner bien facilement. Des villes de notre grandeur qui n'ont pas d'épine dorsale, il va y en avoir de moins en moins dans le monde. On va être une ville moderne, mais totalement reculée dans le domaine du transport. C'est ça que les gens ne réalisent pas», a plaidé mercredi le maire de Québec devant ses collègues conseillers municipaux.

Selon lui, le réseau actuel «a étendu ses tentacules souvent pour des raisons politiques, pour quelques clients, et ça ne sera jamais rentable». 

L'administration Labeaume est donc en train de repenser «la toile» du transport en commun, en cernant statistiquement les besoins dans la capitale et en examinant les systèmes performants à travers le monde. Le maire prévient qu'«on va très loin dans notre réflexion, très loin». «Les deux personnes dans l'autobus à 10 heures du soir, on pourrait-tu les transporter autrement?» demande-t-il par exemple. 

Même s'il a longuement exposé la philosophie d'Uber devant les journalistes - diminuer les coûts de transport pour concurrencer, voire déclasser l'automobile -, M. Labeaume ne dit pas que la solution passera par la multinationale. Mais par la technologie, oui. 

Achalandage stagnant

Les dirigeants du RTC partagent la vision du maire. Au conseiller municipal Sylvain Légaré qui se désolait que l'achalandage stagne - en 2017, 44,8 millions de déplacements sont prévus, tout comme en 2016 -, la directrice de la planification stratégique, Annie Bélanger, a plaidé que la croissance «va passer par la réorganisation du réseau» en fonction du SRB. 

La chef de l'opposition, Anne Guérette, s'est inquiétée en fin de journée que «l'achalandage [du RTC] est en baisse, les heures de service sont en baisse et les coûts sont en hausse». «Pis là, on nous dit qu'on peut rien faire pour améliorer tout ça, qu'on est en attente du réseau structurant», a-t-elle soupiré, se dressant contre «la pilule miracle qui va tout régler». 

La conseillère municipale de Démocratie Québec estime que le SRB est «un projet qui semble traîner de la patte, qui ne semble pas du tout susciter l'adhésion». Elle en veut pour preuve la déclaration du maire de Lévis, faite mardi, affirmant qu'il n'a pas les moyens d'assumer 25 % de la facture si les gouvernements supérieurs en décident ainsi. 

Le maire de Québec a pour sa part refusé systématiquement de commenter cette sortie de Gilles Lehouillier. «Je n'ai rien à dire là-dessus», a-t-il laissé tomber.




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