Uber débarque à l'aéroport de Québec

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Selon une simulation réalisée par Le Soleil, il en coûte entre 22 $ et 28 $ pour se rendre de l'aéroport jusqu'au centre-ville avec Uber. Le tarif des taxis est fixé à 34,25 $ pour cette zone.

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(Québec) Depuis lundi, les aéroports de Québec et de Montréal permettent aux chauffeurs d'Uber de cueillir des passagers sur leurs sites en échange de droits d'accès de 3 $ par course. Les chauffeurs de taxi fulminent.

Les «ententes commerciales» conclues entre la multinationale et les aéroports de la métropole et de la capitale ont été annoncées simultanément en matinée.

À l'aéroport international Jean-Lesage, à Québec, les véhicules Uber doivent patienter dans le stationnement CellPARQ, une zone d'attente à l'entrée du site. Une file d'attente virtuelle est constituée et le premier arrivé est le premier à servir quand une demande de transport est signifiée. 

Les prises en charge doivent se faire aux colonnes 13 et 14, sous la passerelle dans la section des arrivées de vols intérieurs. Pour déposer des clients, c'est le débarcadère public qui doit être utilisé. 

Il n'est pas question de mélanger les chauffeurs d'Uber et du taxi, a spécifié le directeur des communications d'Aéroport de Québec inc., la société privée qui gère les installations aéroportuaires. Au courant des tensions entre les deux groupes, Mathieu Claise affirme qu'«il y a de la business pour tout le monde à l'aéroport». 

L'arrivée d'Uber «rehausse l'accès et répond à une demande des passagers», a insisté ce dernier en entrevue téléphonique. 

M. Claise a refusé de répondre aux questions sur les aspects financiers de l'entente. Nous avons toutefois appris que l'aéroport récolte 3 $ chaque fois qu'un passager monte ou descend d'un véhicule Uber sur le territoire aéroportuaire. 

En septembre, une demande de frais additionnels de 4 $ par course de taxi au départ de l'aéroport a été mise sur la glace, en raison des réticences de l'industrie et du climat d'instabilité créé par le projet pilote d'Uber. L'objectif était de financer les améliorations à l'aire d'attente des taxis et les services qui leur sont offerts. 

Selon une simulation faite par Le Soleil, il en coûte entre 22 et 28 $ en date d'aujourd'hui pour se rendre au centre-ville de Québec avec Uber. Le tarif des taxis est fixé à 34,25 $ pour cette zone. 

Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a fait part de sa satisfaction dans un communiqué de presse. «Dès aujourd'hui, nous serons donc en mesure de répondre à la demande pour une alternative de transport fiable, sécuritaire et abordable aux aéroports. En concluant cette entente avec Uber, les aéroports de Québec et Montréal rejoignent plus de 400 aéroports à travers le monde où les services de covoiturage urbain de Uber sont disponibles et utilisés par les voyageurs», a-t-il déclaré. 

L'industrie du taxi frustrée

Quant aux représentants de l'industrie du taxi, qui se plaignent depuis l'arrivée d'Uber que leurs revenus et la valeur de leurs permis sont en chute libre, ils en avaient gros sur le coeur lundi. 

«Uber, c'est rendu comme du taxi normal, on n'arrête pas de leur donner tout ce qu'ils veulent», a dénoncé le porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy. Selon lui, le projet pilote forcé par le gouvernement est «en train de créer l'anarchie». Il attend du ministre des Transports, Laurent Lessard, qu'il mette fin à l'expérience. 

Le front commun provincial de l'industrie du taxi a aussi réagi fortement. Selon les porte-paroles Benoît Jugand et Guy Chevrette, «le règlement provincial et l'arrêté ministériel sur Uber sont clairs : seuls certains chauffeurs ont accès à l'aéroport et la multinationale n'a pas le droit de conclure des ententes avec des organismes gouvernementaux, peu importe le palier». Rappelons qu'à Montréal, les chauffeurs de taxi doivent participer à une loterie et payer un permis de 3600 $ pour desservir l'aéroport Montréal-Trudeau. Ce n'est pas le cas à Québec. 

Juridiction fédérale

Durant les négociations entourant le projet pilote d'Uber, le gouvernement du Québec avait exprimé le souhait qu'Uber ne desserve pas les aéroports. Mais comme il s'agit de terrains fédéraux, il était impossible d'enchâsser ce principe dans la nouvelle loi sur le transport par taxi. 

Mathieu Gaudreault, attaché de presse du ministre Lessard, affirme toujours que «ce n'est pas notre juridiction» et que les aéroports sont libres de gérer l'offre de transport sur leur territoire. Les libéraux attendent un an pour décider si «l'esprit» de l'arrêté ministériel autorisant le projet pilote d'Uber a été respecté. «Toutes les balises sont là. Il faut qu'ils [les dirigeants] s'assurent de les respecter», dit M. Gaudreault.




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