Volvo vend son SRB

Le LFSe est un autobus 100 % électrique... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le LFSe est un autobus 100 % électrique conçu par Volvo Bus. Le temps d'une présentation, il s'est promené dans les rues de Québec, mercredi.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le projet de service rapide par bus (SRB) Québec-Lévis attire l'attention des grands fabricants de matériel de transport en commun. Pour le président mondial de la suédoise Volvo Bus, en mission à Québec, il n'y a pas de doute : «C'est un gros contrat.»

Hakan Agnevall, plus haut dirigeant de Volvo Bus Corporation, propriétaire du manufacturier d'autobus québécois NovaBus, n'a pas caché l'intérêt du groupe pour le mégaprojet de transport en commun lors d'une entrevue avec Le Soleil, mercredi.

L'homme d'affaires était de passage dans la capitale pour un séminaire privé d'une demi-journée ayant pour thème l'électromobilité et les transports durables. L'activité était organisée par l'ambassade de Suède, d'où la présence de la ministre de l'Infrastructure, Anna Johansson, en tournée au Canada. 

Des fonctionnaires du ministère des Transports du Québec et des sociétés de transport de Québec et de Montréal étaient conviés pour la présentation de «solutions suédoises». Le ministre québécois des Transports, Laurent Lessard, a pris la parole. Une balade en autobus Volvo 100 % électrique, le 7900, a également eu lieu en fin d'après-midi dans les rues de Québec. 

«Nous pensons, chez Volvo, que le SRB est un concept du futur en Europe comme en Amérique du Nord. C'est une alternative très intéressante au rail à cause de la vitesse à laquelle il peut être implanté et de son attrait financier», a plaidé M. Agnevall en entrevue. 

Ce dernier qualifie les produits Volvo de «transatlantiques», car ils sont conçus et produits avec NovaBus, dont l'usine est située à Saint-Eustache. Environ le quart du chiffre d'affaires de 3,5 milliards $ de Volvo Bus est réalisé au Canada grâce à NovaBus, mais aussi Prévost de Sainte-Claire de Bellechasse. 

M. Agnevall vante la robustesse et la fiabilité des bus Volvo, des qualités qu'il lie notamment au fait que les nouvelles technologies sont développées et testées dans un climat nordique. Le froid, la neige, la glace, le sel, «c'est gravé dans notre ADN», lance le Suédois.

S'il est fier du nouveau bus tout électrique qui sera produit commercialement dès 2017, M. Agnevall ne croit pas que ce soit nécessairement «la» solution pour Québec. Dans toute ville, il suggère plutôt de varier les technologies en fonction des parcours. «Nous ne pensons pas que nous allons partir d'aujourd'hui tout diesel et que demain ce sera seulement des autobus électriques», lance-t-il, convaincu que les investissements actuels dans l'hybride (diesel-­électricité) demeurent pertinents. 

Quant à la préférence de Québec pour des autobus biarticulés, Volvo Bus se dit en mesure d'y répondre. Des véhicules semblables roulent déjà en Europe, mais ils n'ont pas traversé l'océan encore. M. Agnevall refuse de dire si la production pourrait se faire au Québec. «Nous regardons ça, mais normalement nous ne discutons pas publiquement de notre planification de produits», a-t-il laissé tomber.

Hakan Angnevall, plus haut dirigeant de Volvo Bus... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Hakan Angnevall, plus haut dirigeant de Volvo Bus Corporation

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Concurrence connue

Le grand patron de Volvo Bus est aussi au courant du grand intérêt manifesté par le maire de Québec pour les autobus du fabricant belge Van Hool, qui a reçu la visite de Régis Labeaume en 2014. 

«Nous écoutons nos clients et nous essayons de leur fournir les solutions qu'ils veulent. C'est notre approche», a commencé par dire M. Agnevall quand le sujet a été soulevé. 

«Le maire est dans son droit de prendre des décisions. Mais nous savons qu'habituellement, ce sont des appels d'offres. Nous devons savoir ce qui est demandé et après, bien sûr, nous devons voir si nous sommes capables d'offrir une solution qui est bonne pour le maire. Nous allons assurément rester aux aguets», a-t-il ajouté par la suite, sans jamais faire référence aux règles de contenu canadien qui pourraient avantager NovaBus. 

Même si une longue liste de représentants de l'entreprise sont inscrits au registre des lobbyistes, aucune rencontre n'a été tenue avec la mairie jusqu'à maintenant, nous a-t-on assuré. 

La ministre Johanssen a quant à elle signalé que l'intérêt de la Suède pour le Canada est décuplé depuis l'élection du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Elle a admis que son pays avait «un peu d'avance» en matière de transports durables. «Comme politiciens, nous devons avoir le courage de commencer à planifier des systèmes de transport en commun de grande capacité. C'est trop facile de construire des routes pour les automobiles. Quand on fait le tour des grandes villes, on se rend compte que tout le monde est préoccupé par la congestion, la pollution et les problèmes de santé afférents. [Favoriser l'automobile], c'est aussi une façon très inefficace d'utiliser l'espace très cher et très précieux en ville», a commenté la ministre suédoise.

Moins de bureaucratie pour accélérer le SRB

Le maire de Québec, Régis Labeaume, vise 2020 plutôt que 2022 pour le lancement du service rapide par bus (SRB) Québec-Lévis. L'élimination de la bureaucratie devrait permettre de gagner du temps, selon lui.

«Je pense que tous les astres sont en train de s'aligner pour qu'on puisse mettre en opération le SRB le plus rapidement possible», s'est réjoui mercredi M. Labeaume.

Puis il a rappelé que le projet est soumis à la Directive sur la gestion des projets majeurs d'infrastructure publique du gouvernement du Québec, qui commande une séquence très précise de dépôts et d'autorisations. Le maire en a parlé comme de «l'étape qui me fait le plus peur», car ce n'est pas lui qui a le contrôle. 

M. Labeaume veut s'attaquer à la lenteur bureaucratique ou ce qu'il appelle le red tape pour écourter l'échéancier de construction du SRB, qui prévoit l'ouverture d'une première phase en 2022 et du réseau de 38 kilomètres au grand complet en 2025. Ces temps morts ont fait en sorte qu'il s'est écoulé plus d'un an entre le dépôt de l'étude de faisabilité sur le tramway-SRB et le lancement du bureau qui réalise les études d'avant-projet. 

Le maire parlera lui-même de ses préoccupations au premier ministre québécois Philippe Couillard, qui fait du SRB une priorité provinciale en matière de transport collectif. Les études d'avant-projet devant être terminées pour 2018. M. Labeaume voudrait que le financement soit ficelé au même moment. «Le problème aussi, c'est la disponibilité de l'argent. Si on veut aller plus vite, ça prend plus d'argent plus rapidement», a-t-il insisté. 

Le milliard de dollars nécessaire pour le SRB doit être financé par le gouvernement du Québec et celui du Canada, grandement intéressé aux projets d'infrastructures de transport collectif. 

Mardi, le ministre Laurent Lessard s'est dit d'accord en principe avec l'accélération du projet de SRB. Mercredi, son attaché de presse a aussi plaidé pour l'arrimage des «machines» provinciale et municipale. «On est dans une optique de grande collaboration. On a demandé à notre administration, au sous-ministre associé au dossier, de nous soumettre des scénarios de comment on pourrait faire ça plus rapidement», a confirmé Mathieu Gaudreault.  Annie Morin 

Élargissement de Laurentienne: confirmé ou pas?

Le maire de Québec, Régis Labeaume, considère comme acquis l'élargissement de l'autoroute Laurentienne qu'il réclame depuis des mois. «On n'est pas rendus à faire une annonce», réplique le cabinet du ministre des Transports du Québec. «Le gouvernement accepte de reconfigurer Laurentienne. Je peux dire ça maintenant», a laissé tomber Régis Labeaume mercredi, commentant sa rencontre de la veille avec le ministre Laurent Lessard. «On va procéder par un bureau de projet. Là on travaille pour savoir quand démarre ce bureau de projet là, quel est l'agenda du début à la fin», a précisé M. Labeaume, qui voudrait lancer le chantier en 2017. Il était acquis depuis cet été qu'un bureau de projet était formé, mais pour étudier la proposition municipale et non la réalisation du projet visant l'ajout d'une voie de circulation dans la partie sud de Laurentienne. «On travaille encore, il reste des choses à livrer», a insisté Mathieu Gaudreault, l'attaché de presse du ministre Lessard, admettant tout de même qu'il y a «des visions communes» des enjeux de transport dans la capitale.  Annie Morin et Valérie Gaudreau

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