Des camionneurs se sentent oubliés par Québec

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Au moins 200 camionneurs indépendants en provenance des quatre coins de la province ont manifesté samedi après-midi devant l'Assemblée nationale à Québec.

Le Soleil, Jean-Frédéric Moreau

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(Québec) Au moins 200 camionneurs indépendants en provenance des quatre coins de la province ont manifesté samedi après-midi devant l'Assemblée nationale à Québec. Ils dénoncent un manque de transparence dans l'annonce de nouvelles normes de sécurité.

«La goutte qui a fait déborder le vase, c'est l'entrée en vigueur de la ronde de sécurité, qui va être en effet demain [dimanche]. [...] Tous les gens ici ne font pas partie d'associations spécifiques aux tables de concertation. Par conséquent, ils n'ont pas reçu les avis, ils n'étaient pas prêts», a déclaré la porte-parole de l'événement, Lyne Gilbert. La Société de l'assurance automobile du Québec et le ministère des Transports n'auraient pas informé les camionneurs qui ne font pas partie de grandes associations des modifications aux procédures de sécurité qui doivent être effectives dès dimanche. «La vision et l'image de l'industrie du camionnage ne sont pas exactes juste en se fiant aux associations qui sont assises aux tables de concertation. On veut avoir une place pour être assis», a-t-elle avancé. 

Les nouvelles normes de sécurité visent à uniformiser les pratiques avec le reste du Canada en instaurant une ronde de sécurité obligeant les chauffeurs à inspecter leur véhicule systématiquement pendant 30 minutes avant de prendre la route.

Présent à la manifestation, le porte-parole en matière de transports de la Coalition avenir Québec, Claude Surprenant, les revendications des camionneurs sont «très correctes». «Ils demandent du temps pour appliquer les changements que la Société de l'assurance automobile du Québec leur demande d'implanter. [...] Immobiliser leur camion à un moment où ils doivent être sur la route, ce n'est pas bon pour eux», a-t-il fait valoir. Le député de Groulx demande que le gouvernement fasse preuve de compassion en accordant un délai de six mois pour permettre aux camionneurs de se conformer aux nouvelles dispositions.

Martin Lafrenière, qui est au volant depuis trois décennies, n'a pas hésité à prendre la route de Québec samedi en provenance de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il estime que les PME écopent plus que les grosses entreprises en raison de ces nouvelles mesures. «Les petites compagnies qui ont cinq ou six camions, c'est elles qui se ramassent dans la misère. C'est elles qui vont perdre des points», a-t-il souligné, faisant mention des amendes salées imposées aux chauffeurs non conformes. Ne se disant pas «contre la vertu», son collègue David Rivest est d'avis que la nouvelle loi est «exagérée», en ce qu'elle est trop coercitive. 

Salaires décents 

La question des bas salaires choque aussi M. Lafrenière, qui raconte qu'il doit effectuer un minimum de trois voyages par semaine pour avoir «un chèque de paie d'au moins 1000 $». «Quand tu dis qu'un gars part 70 heures par semaine à conduire, et qu'il faut qu'il couche là-dedans. [...] On est payés à des salaires que ça fait 30 ans qu'il n'y a pas eu d'augmentation», a-t-il confié. Le camionneur prend la route dimanche pour le Témiscamingue, voyage «peu payant» en raison du relief qui ne permet pas d'accumuler rapidement les kilomètres. La cause : le modèle de paie se base sur le nombre de milles parcourus, plutôt que sur le nombre d'heures.

«Les belles années du camionnage sont dans le rétroviseur», disait à son fils le père de M. Rivest, lui aussi camionneur. Nostalgique de ces années où les truck stops étaient plus nombreux et les conditions plus favorables, le camionneur de longue date ne se réjouit pas de la situation des camionneurs actuels. «On veut attirer les jeunes, mais ils sont intelligents, ils ne s'embarqueront pas dans un métier comme ça. Ils vont aller au cégep ou à l'université», raconte-t-il, faisant allusion aux conditions de vie difficiles qui accompagnent le métier de routier. D'un geste de la main, il montre le nombre élevé de divorces qui sont survenus dans son entourage en raison des difficultés rencontrées par les camionneurs. 

Avec La Presse canadienne

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