Pression pour remettre le chemin de fer sur les rails en Gaspésie

Depuis jeudi, des pales d'éolienne sont chargées à... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Depuis jeudi, des pales d'éolienne sont chargées à New Richmond, à destination du centre-sud des États-Unis. Ces pales sont fabriquées à Gaspé, et leur chargement dans cette ville, grâce à la voie ferrée, ferait épargner 800 000 $ par an aux expéditeurs.

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Le Soleil

(Bonaventure) Les députés gaspésiens à l'Assemblée nationale Gaétan Lelièvre et Sylvain Roy reviennent à la charge et enjoignent au gouvernement du Québec de débloquer les fonds nécessaires et dans les meilleurs délais pour rendre fonctionnelle dans son ensemble la voie ferrée Matapédia-Gaspé.

Présentement, ce tronçon de 320 kilomètres n'est ouvert que sur un peu plus du tiers de sa longueur, soit entre Matapédia et Caplan. L'axe Caplan-Gaspé, y compris notamment Port-Daniel et Chandler, est en dormance. Cette décision revient à son propriétaire depuis le printemps 2015, le ministère des Transports du Québec.

«On vient en appui aux chambres de commerce, aux préfets, à la MRC de La Côte-de-Gaspé, à la Ville de Gaspé et aux offices du tourisme [...] Il faut remettre en fonction le transport de marchandises sur la totalité du tronçon», affirme le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.

Il étoffe ce point de vue en s'appuyant sur les demandes de transport acheminées depuis quelques mois à la Société du chemin de fer de la Gaspésie, ex-propriétaire du tronçon, et qui en est demeuré l'exploitant. L'une de ces occasions prend forme à New Richmond, où des wagons sont chargés de pales d'éolienne fabriquées à Gaspé par LM Wind Power.

«Le gouvernement [du Québec] oblige LM à exporter parce qu'il ne se bâtira pas de parcs éoliens au Québec pendant quelques années. LM doit transporter ses pales à New Richmond au lieu de les charger à Gaspé. Ça coûte de 700 000 $ à 800 000 $ de plus en transbordement», dit M. Lelièvre, notant que 300 personnes travaillent à cette usine et qu'une embauche supplémentaire est possible d'ici un an.

La cimenterie de Port-Daniel aura également besoin du chemin de fer à compter de 2017 pour acheminer une partie de sa production ou faire venir certains intrants, dit-il.

«Deux entreprises de Gaspé, qui ne veulent pas être identifiées pour le moment, auront aussi besoin du chemin de fer pour d'importants volumes à transporter [...] Je n'ai jamais vu une convergence aussi forte que maintenant», ajoute M. Lelièvre.

Sylvain Roy, qui représente Bonaventure, rappelle en outre qu'une pétition de plus de 5000 noms a été déposée au printemps à l'Assemblée nationale pour réclamer le retour du train de passagers de VIA Rail, suspendu depuis l'été 2013 en raison de l'état du réseau, surtout de certains ponts.

«En première phase, il faut une consolidation du trafic de marchandises et le retour d'un train de passagers par la suite», dit-il.

86 millions $

La dernière étude menée pour évaluer le coût de remise en état de l'axe Matapédia-Gaspé évoquait une somme de 86 millions $.

Gaétan Lelièvre est d'avis qu'une gestion de projet en régie interne par la Société du chemin de fer de la Gaspésie pourrait diminuer ce coût significativement et que «les principaux travaux pourraient être réalisés en deux ans [...] La région est la plus mal en point en matière de transport».

MM. Roy et Lelièvre croient savoir que l'État québécois serait sur le point de faire une annonce pour le chemin de fer gaspésien, entre 30 et 50 millions $ peut-être, «mais ils veulent sans doute limiter leur intervention entre Matapédia et New Carlisle [la moitié du réseau]. Nous espérons que notre intervention fait réfléchir pour une réfection jusqu'à Gaspé [...] Pour les citoyens de Montréal, il n'y aurait pas de question sur les coûts, pour un enjeu de cette taille», disent-ils.

En 2015, 1624 wagons de marchandises ont circulé entre Caplan et Matapédia. Le potentiel sur lequel se penche la Société du chemin de fer de la Gaspésie atteint 10 000 wagons. Tout ce volume additionnel provient de la portion de réseau mis en dormance par le ministère des Transports du Québec.

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