Forum sur l'avenir du pont de Québec: l'heure est à la mobilisation

Le pont de Québec... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le pont de Québec

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'heure était à la mobilisation, mardi, au Forum sur l'avenir du pont de Québec. Une mobilisation qui ne fait que commencer, selon le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ), Alain Aubut, confiant de voir le pont reprendre des couleurs et occuper une plus grande place dans l'économie de la région de Québec.

La journée de réflexion s'est terminée par l'annonce de l'implication du fondateur du groupe J'ai ma place, Mario Bédard. Après avoir lancé le mouvement en faveur d'un nouvel amphithéâtre à Québec, le comptable de Mallette est chargé de préparer un modèle d'affaires devant assurer la pérennité du pont de Québec. Le rapport doit être terminé avant la fin de l'année, présenté aux gouvernements et au CN, propriétaire du pont, ainsi qu'au grand public.

Le comité directeur du Forum, organisé par l'Université Laval et les chambres de commerce de Québec et de Lévis, accompagnera la firme comptable. «C'est un pont unique, ça prend un modèle unique», a fait valoir Alain Aubut.

Implication cruciale

L'importance d'une forte implication régionale pour décrocher du financement a été soulignée à plusieurs reprises, mardi. C'était notamment l'un des messages du conférencier vedette, l'ingénieur John Andrew, de la firme Balfour Beatty, qui a participé à la restauration du pont Forth en Écosse, plus long cantilever au monde après celui de Québec. Échelonné sur 10 ans, le projet de plus de 200 millions $ a permis de décaper et repeindre la structure de pied en cap.

«Mettez-vous ensemble. Identifiez les problèmes et trouvez les solutions. Vous ne pouvez pas prendre la chance que ce pont se détériore davantage», a lancé M. Andrew à la centaine de participants.

C'est aussi l'avis de Denis Beaulieu, professeur retraité de génie civil à l'Université Laval. «Le pont est sécuritaire, je le crois, mais ne pas repeindre le pont de façon continue est devenu atteinte directe à sa survie à moyen et long terme», a-t-il déclaré lors de sa présentation pimentée de photos de rouille et de membrures secondaires courbées.

Jean-Pierre Blondin, chargé de projet chez Norda Stelo (ex-Roche), la firme responsable de l'inspection du pont, était présent et s'est fait rassurant. «Le pont est inspecté annuellement et nous n'avons pas trouvé de déformations permanentes qui portent atteinte à la structure. Ce qu'on a vu est causé par des interventions humaines. Pour chaque défaut répertorié, il y a un plan. On sait quand et comment il sera réparé dans les prochaines années», a-t-il fait valoir au Soleil.

Propriété privée

La question de la propriété privée du pont a été abordée, mais des représentants du gouvernement du Québec et du Canada ont repoussé l'idée de s'en porter acquéreurs. «Un pont de même, ça vaut beaucoup d'argent et je pense pas [qu'il faut utiliser] l'argent, l'impôt de mes citoyens pour payer le pont. Ça appartient à quelqu'un et c'est comme n'importe quelle bâtisse qui appartient à quelqu'un qui a l'obligation de l'entretenir et le garder sécuritaire», a prévenu Sam Hamad, député provincial de Louis-Hébert, renvoyant la balle au CN.

Son homologue fédéral, Joël Lightbound, n'était pas plus emballé. «Le racheter, c'est pas sur la table, mais regarder les façons d'utiliser et d'investir l'argent public pour la mise en valeur du pont de Québec, la peinture, la préservation», a-t-il déclaré devant les caméras de télévision.

Pour le vice-président aux affaires juridiques du CN, Olivier Chouc, qui jouait les observateurs, le rachat du pont par les gouvernements, même pour une somme symbolique, est au contraire une option jugée «intéressante».

Troisième lien: une critique impitoyable

Jean-François Barsoum, consultant délégué principal d'IBM Villes intelligentes, a taillé en pièces - de très petites pièces - le projet d'un troisième lien routier entre Québec et Lévis, mardi, au Forum sur l'avenir du pont de Québec.

Le présentateur était invité pour discuter de mobilité durable. Il a commencé par situer Québec sur l'indice de pénibilité des transports (commuter pain) d'IBM. On peut y voir que les citoyens de Québec, appelés à donner leur perception du trafic, sont à peine moins pessimistes que ceux de Madrid et plus que ceux de Londres, pourtant une ville constamment bouchonnée.

M. Barsoum a rappelé les débits journaliers aux ponts Pierre-Laporte et de Québec, qui ont très peu augmenté en une décennie, puis rappelé que la circulation automobile devrait commencer à décroître en 2026.

Il a ensuite signalé que Québec, malgré sa taille modeste, est la ville canadienne la mieux pourvue en autoroutes (kilomètres/population) et troisième en Amérique du Nord. En même temps, il faisait défiler des photos d'autoroutes hyperlarges et pourtant surchargées.

«Rajouter de l'infrastructure ne règle pas les problèmes de congestion», a martelé le consultant. Chiffres à l'appui, il a ajouté que les projets de transport en commun coûtent moins cher per capita.

L'avenir des transports - covoiturage, trajets d'autobus sur mesure et véhicules personnels intelligents notamment - donne aussi à penser que la capacité des routes actuelles pourrait augmenter considérablement.

Seule concession aux gens de Québec: M. Barsoum a admis que les heures de pointe sont de plus en plus intenses et qu'il est plus difficile dans une ville très institutionnelle de modifier les horaires de travail afin de mieux répartir les déplacements.

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