L'autoroute Henri-IV élargie en béton

Le ministère des Transports profitera de la réalisation... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Le ministère des Transports profitera de la réalisation du chantier de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV, à compléter entre les autoroutes Charest et Félix-Leclerc d'ici 2022, pour refaire toute la chaussée en béton.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le ministère des Transports du Québec (MTQ) renoue avec le béton pour des autoroutes plus durables. Deux chantiers ont été lancés dans la région de Québec en 2016, et il est déjà acquis que l'élargissement d'Henri-IV sera fait de ce matériau, certes plus cher que l'asphalte, mais plus résistant au trafic lourd.

Cet été, le béton a été choisi pour la reconstruction de l'autoroute Jean-Lesage (20) sur une dizaine de kilomètres à la hauteur de Val-Alain. Des blocs font également leur apparition dans la section ouest de l'autoroute Félix-Leclerc (40) près de l'avenue Blaise-Pascal.

Ces voies rapides à fort débit de circulation sont identifiées dans l'orientation ministérielle sur le choix des types de chaussées, en cours de révision, qui dresse la liste des routes provinciales devant être converties au béton. Il est spécifié que la transition doit se faire quand la chaussée est rendue au bout de sa vie utile.

Dans la région de Québec, l'autoroute Henri-IV fait aussi partie des aspirantes. Pourtant, lors des récents travaux de reconstruction des structures surplombant la rivière Lorette et la rue Rideau, l'asphalte a été privilégié comme revêtement.

C'était en attendant le grand dérangement, soit le chantier d'élargissement à compléter entre les autoroutes Charest et Félix-Leclerc d'ici 2022. «C'est prévu que la chaussée soit faite en entier en béton conformément à l'orientation du Ministère», a confirmé au Soleil Solène Lemay, porte-parole du MTQ.

Cela évitera de refaire à répétition le pavage sur cette artère très fréquentée par les automobiles, mais aussi les camions lourds. Selon des données de 2014, il passe en moyenne 100 000 véhicules par jour dans le secteur.

Avantages

Or le premier avantage du béton, le plus connu, c'est sa durabilité, qui peut atteindre le double de l'asphalte, soit 50 ans au lieu de 25 en moyenne. Plus rigide, une chaussée en béton va supporter davantage de circulation lourde sans qu'il s'y crée des ornières. Et il n'y aura pas de nids-de-poule. Cette surface de roulement plus uniforme permet aux automobilistes d'espérer des économies d'essence.

La construction demande toutefois un soin méticuleux. Il faut libérer le sous-sol de toute infrastructure souterraine puis le stabiliser pour éviter que les énormes sections de béton ne bougent avec le gel et le dégel. Ce qui coûte plus cher.

À long terme, l'Association canadienne du ciment (ACC) évalue tout de même que le béton engendre des économies de 15 à 30 % par rapport à l'asphalte. Cela ne suffit pas à en faire le chouchou : moins de 5 % des routes québécoises sont en béton.

Guillaume Lemieux, directeur des marchés et des affaires techniques pour la région du Québec et de l'Atlantique de l'ACC, se réjouit que le gouvernement du Québec recommence à penser béton. Pour des raisons budgétaires, des tronçons d'autoroute mûrs pour une réhabilitation et destinés au béton ont été simplement repavés au cours des dernières années.

Ajustements difficiles

La façon de désigner les routes à bétonner apparaît toutefois «très archaïque» aux yeux de l'industrie, qui voudrait travailler davantage sur le réseau routier. «On leur demande de s'ouvrir aux soumissions alternatives, et ils ne veulent rien savoir là-dessus», déplore M. Lemieux, en parlant des dirigeants du MTQ. «Tout ce qui est stimulation de la compétition, ils n'ont pas l'air d'y croire. Ils aiment mieux le statu quo

Un système de soumissions alternatives permettrait d'opposer béton et asphalte lors d'appels d'offres. Comme les techniques de construction et la durée de vie ne sont pas les mêmes, il faudrait toutefois ajuster les plans et devis ainsi que les critères de sélection des entrepreneurs.

Dans une lettre récente à l'ACC, la sous-ministre des Transports Anne-Marie Leclerc rejette cette possibilité de crainte que le réseau routier ne se transforme en courtepointe. «L'application de cette mesure présume que le Ministère accepterait la présence en alternance de tronçons de chaussées flexibles [asphalte] et rigides [béton]», fait-elle remarquer.

Le MTQ devrait également s'entendre avec les fabricants et les entrepreneurs des deux écoles sur la façon de comparer les coûts «avant d'aller de l'avant sans contestations», ajoute-t-elle. Ce qu'il n'a manifestement pas le goût ou le temps de faire.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer