Permis de conduire classe 1: plaidoyer pour une formation obligatoire

La coroner Andrée Kronström vient de publier son... (Collaboration spéciale Brigitte Lavoie)

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La coroner Andrée Kronström vient de publier son rapport d'enquête sur le décès de Yann Turnbull-Charbonneau qui a fait un plongeon mortel au bout du lit d'arrêt de Petite-Rivière-Saint-François en septembre 2013.

Collaboration spéciale Brigitte Lavoie

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(Québec) Dans la catégorie «Le saviez-vous?» : il n'est pas nécessaire de suivre une formation pour obtenir un permis de conduire de classe 1 qui permet de s'élancer sur les routes au volant d'un camion de transport lourd au Québec... Une coroner veut que ça change.

Commençons par un peu d'histoire pour nous situer. Nous sommes en septembre 2013. Un jeune chauffeur de l'entreprise Pompage provincial doit conduire un camion pompe à béton dans Charlevoix. Mais, dans la grande et pentue descente vers Petite-Rivière-Saint-François, les freins lâchent. Yann Turnbull-Charbonneau se tuera même s'il a dirigé son véhicule devenu projectile dans une voie de secours censée l'arrêter; il l'a traversée sans être freiné et a fait un vol plané. Juste avant, il avait évité de justesse un autobus scolaire immobilisé...

La coroner Andrée Kronström vient de publier son rapport d'enquête sur le drame. Elle constate que le système de freinage du camion était défectueux, mais que ce n'est pas la cause de la mort. Elle remarque aussi que le lit d'arrêt d'urgence n'a pas arrêté le véhicule, mais qu'il a été amélioré depuis.

Me Kronström se concentre donc sur le manque de formation du chauffeur. En fait, elle s'étonne qu'on puisse piloter un fardier sans formation obligatoire préalable. Elle recommande donc l'imposition d'un cursus de base pour tous.

Encore faudrait-il que les camionneurs instruits appliquent ce qu'ils ont appris. Notamment en testant adéquatement leurs freins avant de se lancer dans une des 12 pentes du Québec où c'est obligatoire. Le jour fatidique, Yann Turnbull-Charbonneau avait emprunté la voie d'essai de freinage, mais il ne s'était pas arrêté.

Peu de vérification

Il n'est pas le seul. L'enquête a permis d'apprendre que seulement 6,7 % des camionneurs vérifient correctement leurs freins avant de plonger vers Petite-Rivière-Saint-François.

«Tous les véhicules de trois tonnes et plus ont l'obligation de s'arrêter», confirme le coordonnateur provincial aux relations médias chez Contrôle routier Québec, Éric Santerre. «On voit des véhicules qui passent tout droit.»

Eddy Vallières, le directeur du Centre de formation en transport de Charlesbourg, établissement public, fait le même constat : «Effectivement, c'est un test qui est négligé. Les gens vont faire une vérification sommaire des freins, pas nécessairement une vérification complète.»

Et les contrôleurs ne sont pas souvent sur place pour pincer les contrevenants. En un an, ils en ont sanctionné une quarantaine au Québec. La coroner suggère donc l'installation d'un appareil électronique d'envoi de contraventions pour les chauffeurs trop pressés; une sorte de radar photo spécial pour les plus grandes pentes du Québec.

Un cours, pas une panacée

Exiger que tous les futurs camionneurs du Québec suivent une formation de base est une bonne idée, selon Eddy Vallières, directeur du Centre de formation en transport de Charlesbourg, un des deux établissements publics du genre au Québec. Il fait cependant remarquer qu'il faudra aussi penser aux quelque 100 000 titulaires de permis de conduire de véhicules lourds qui sont déjà sur les routes. «Il y en a qui n'ont pas fait de formation, bien sûr.» Eux pourraient devoir retourner à l'école pour un rafraîchissement si le gouvernement applique les recommandations du coroner. Chez les nouveaux demandeurs d'un permis de classe 1, par contre, M. Vallières évalue qu'il y aura moins de boulot : environ les deux tiers auraient déjà réussi un parcours scolaire étendu de 615 heures d'apprentissage. Reste à voir si les deux écoles publiques pourraient absorber l'afflux d'étudiants. Si non, les centres de formation privés se disent prêts à recevoir le trop-plein, notamment chez ENCEL, à Québec. Ici, il faut toutefois payer les droits de scolarité.

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