Uber: Labeaume appelle les taxis au calme

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Le maire Régis Labeaume

Le Soleil, Nicolas Perron-Drolet

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(Québec) Craignant des débordements de la part des chauffeurs de taxi furieux de l'entente entre le gouvernement et Uber, le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenté d'apaiser les tensions vendredi.

«J'invite les dirigeants des organisations impliquées dans ce dossier-là à bien choisir leurs mots. Quand on parle de pagaille, c'est parce qu'on provoque les choses. C'est pas une bonne façon de faire évoluer le dossier. Pesons nos mots, tentons d'apaiser», a-t-il commenté peu après le départ du Grand Prix cycliste de Québec.

Le maire Labeaume demande aux chauffeurs de taxi de s'unir pour trouver des solutions, même si Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, lui a indiqué qu'il ne contrôlait pas ses troupes.

«Ce sont pas des meurtriers, ces gens-là. On est en démocratie, ils ont le droit de manifester. C'est juste que je vais les inviter à ne pas utiliser certains mots, certaines paroles comme martyr ou inch allah. On a entendu ça hier [jeudi]sur les radios. C'est une très mauvaise idée. Pas à Québec, ça n'arrivera pas à Québec, ça.»

Le maire Labeaume a tenu à rappeler qu'il n'a pas de pouvoir décisionnel dans ce dossier. «J'essaie de m'organiser pour ne pas qu'il y ait de grabuge, de violence.»

Uber, pas de la «merde»

Vers 17h30 jeudi, Régis Labeaume a rencontré tous les dirigeants des coops de taxi à Québec, alors qu'ils s'apprêtaient à boycotter la desserte du Centre Vidéotron. «Je leur ai dit : ''Cessez de croire que rien d'autre que les taxis va exister dans l'avenir. Cessez de dire qu'Uber, c'est de la merde. Ça donne rien. Les gens veulent Uber, et Uber va payer des taxes au Québec. Moi, ma réticence, c'était ça. En termes d'attitude, cessez d'être contre tout et demandez-vous comment vous, vous pouvez améliorer votre produit.''»

Le maire Labeaume a dit aux chauffeurs de taxi qu'ils n'avaient pas «beaucoup d'amitié dans la population» et que chaque fois qu'ils posaient un geste qui pouvait porter atteinte à la réputation de la ville de Québec, ils perdaient en crédibilité.

Du même souffle, le maire a dit comprendre leurs doléances. «Il y a beaucoup de désespoir là-dedans, en passant. Il y a beaucoup de gens qui désespèrent. Il y a des familles qui sont en danger là-dedans. Leur patrimoine peut atteindre le zéro absolu assez rapidement. Faut comprendre aussi les gens», a-t-il plaidé.

Boycottage sans grande conséquence

Le maire Labeaume a minimisé vendredi l'effet du boycottage des chauffeurs de taxi sur la circulation autour du Centre Vidéotron, à la fin de la partie préparatoire de la Coupe du monde de hockey entre l'Amérique du Nord et l'Europe, jeudi soir.

«Je suis obligé de dire que malgré tout, ça s'est bien passé dans les circonstances», a-t-il lancé. Selon ses informations, il y a eu à peu près 80 voyages de taxi, et l'ajout de plus d'autobus du Réseau de transport de la Capitale a «fait le travail», dit-il.

Les spectateurs avaient également prévu le coup en venant en voiture. Pour la première fois depuis l'ouverture du Centre Vidéotron, il y a un an, le stationnement affichait complet et il a fallu compter 45 minutes pour le vider. «À 11h30, il ne restait plus personne sur le site», assure le maire.

Reste que la desserte du Centre Vidéotron par les taxis est très importante, surtout lors des spectacles, indique M. Labeaume. «Je vous dirais hier [jeudi] que la foule était assez locale. Selon moi, il n'y avait pas 25 % de la foule qui venait de l'extérieur, ce qui est le cas lors des spectacles.»

Dangereux manque d'information

Régis Labeaume a lancé une flèche au ministre des Transports Laurent Lessard vendredi, en déplorant qu'il n'ait pas expliqué tout de suite aux chauffeurs de taxi la teneur de son entente avec Uber. Lors de sa rencontre avec représentants des coops de taxi de Québec jeudi soir, personne ne connaissait exactement les termes de l'entente. «C'est quand même extraordinaire. Ces gens-là auraient dû être mis au courant. Hier [jeudi], j'ai entendu à peu près 1000 versions et personne ne connaissait la vérité. Ça, ça aide pas non plus», a commenté M. Labeaume. Selon lui, le gouvernement aurait dû donner des explications claires à tout le monde dès le départ. «La grosse lacune, c'était ça. Je trouve ça dangereux [...] Ça aide pas à apaiser», a-t-il commenté. Patricia Cloutier

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