Le président de l'aéroport attaque les transporteurs

Le plus haut dirigeant de l'aéroport veut remettre... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le plus haut dirigeant de l'aéroport veut remettre en question l'organisation des aéroports canadiens des 40 dernières années, basée sur une logique de transferts et la concentration des vols internationaux dans les grands centres. Lui croit plutôt que Québec doit multiplier les vols directs vers les grandes villes américaines et européennes.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Le président et chef de la direction de l'aéroport de Québec, Gaëtan Gagné, refuse que les grands transporteurs aériens se présentent en «sauveurs des passagers» parce qu'ils refusent toute hausse des frais d'améliorations aéroportuaires (FAA). Il rejette plutôt sur ses partenaires la responsabilité d'offrir des billets moins chers au départ de la capitale.

Alors qu'il célébrait le 75e anniversaire de l'aéroport, le grand patron a dû répondre aux questions des journalistes sur le refus des transporteurs d'approuver le financement du projet d'agrandissement de 225 millions $ en cours de réalisation. Ceux-ci le considèrent comme trop gros et coûteux. Ils ont donc bloqué la demande d'augmentation des frais imposés sur les billets au départ de Québec, déjà les plus élevés au Canada... Après Bathurst, a précisé M. Gagné.

Le président s'est défendu de vouloir porter les FAA à 42 $, montant qu'il présente comme un maximum peu susceptible d'être atteint à moins d'une tragédie digne du 11 septembre 2001. Son intention était plutôt de les faire passer de 33 à 35 $ dès 2017, puis de les augmenter graduellement jusqu'à 38 $.

Il ne pourra pas le faire puisque le protocole signé avec l'Association du transport aérien du Canada (ATAC) prévoit un gel de deux ans en cas de désaccord entre les parties sur l'utilisation des sommes perçues auprès des passagers.

M. Gagné assure que cela ne remet pas en question la construction et ne menace pas la santé financière de l'organisation. Mais le conflit avec les transporteurs l'indispose visiblement. «Ils en ont contre le centre de prédédouanement et contre toute ma stratégie», dit-il.

«Moi, je fais ce que les passagers me demandent. À l'heure actuelle, ils me le rendent bien parce qu'eux autres, ils chialent pas pour le prix du billet. [...] Dites-moi pourquoi les compagnies aériennes, pendant le temps qu'on a monté de 3 $, elles ont mis un frais de bagage de 25 piastres, et il n'y a pas personne qui s'est levé à Québec? Pourquoi les compagnies aériennes, quand elles ont mis des surcharges de pétrole, pis que le pétrole a baissé de 40 %, elles ont pas baissé la surcharge? Pis aujourd'hui, elles veulent faire porter l'odieux à Québec?» a attaqué le président de l'aéroport, les invitant à faire leur part pour baisser la facture du transport aérien.

Selon M. Gagné, les transporteurs sont particulièrement nerveux depuis qu'Ottawa et Washington ont accordé à la capitale québécoise un centre de prédédouanement. En permettant le passage des douanes américaines avant même l'embarquement, la nouvelle infrastructure devrait attirer de nouveaux concurrents, souligne-t-il. «On croît et on dérange l'assiette du marché.»

Le plus haut dirigeant de l'aéroport veut remettre en question l'organisation des aéroports canadiens des 40 dernières années, basée sur une logique de transferts et la concentration des vols internationaux dans les grands centres. Lui croit plutôt que Québec doit multiplier les vols directs vers les grandes villes américaines et européennes. Et il lui faut pour cela un terminal deux fois plus grand et quatre portes d'embarquement supplémentaires, ce que prévoit le chantier actuel.

Alors qu'un creux se dessine dans l'offre vers les États-Unis, M. Gagné rejette l'argument d'une demande insuffisante, répété par tous les transporteurs. «Comment peuvent-ils dire que l'achalandage est pas là si j'ai 1,3 million de personnes qui descendent [ou reviennent] de Montréal en autobus?» demande-t-il.

Le président de l'aéroport international Jean-Lesage a par ailleurs qualifié de «bullshit» le classement des aéroports préparé par l'Air Transport Research Society, où Québec arrive en queue de peloton pour sa gestion année après année. Selon lui, les auteurs devraient tenir compte du rattrapage à faire dans les infrastructures avant de poser tout verdict.

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