Nouvel espoir pour le pont de Québec

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(Québec) Tout espoir n'est pas perdu. Le gouvernement fédéral envisage la possibilité d'allonger plus que les 75 millions $ déjà promis pour la peinture du pont de Québec, quitte à prendre 10 ans pour réaliser les travaux, tel que proposé par les villes de Québec et de Lévis mercredi. Le CN ne claque pas la porte non plus.

Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier ne sont pas arrivés les mains vides à la deuxième rencontre au sommet sur le pont de Québec. Ils ont suggéré à leurs vis-à-vis de planifier le chantier à long terme, sur 10 ans, pour amoindrir l'impact de la facture sur les finances de tout le monde. 

Seuls 100 millions $ sont récoltés sur les 400 millions $ estimés nécessaires pour repeinturer la structure rouillée et bientôt centenaire. L'argent provient uniquement des pouvoirs publics, à raison de 75 millions $ pour le fédéral, 23,5 millions $ pour le provincial, 1 million $ pour la Ville de Québec et 500 000 $ pour Lévis. 

S'ils ne veulent pas piger davantage dans leurs poches, les maires ont tout de même tenté de convaincre Ottawa et le CN de réunir ce qui manque en leur donnant du temps. Le «plan d'affaires» tiendrait donc sur 10 ans. 

«Par exemple, une partie payée par le CN, ça veut dire qu'après impôt pis après fiscalité, ça ne lui coûterait pas si cher que ça. Ça ne débalancerait pas les finances du CN et je pense que les actionnaires accepteraient ça», a lancé M. Labeaume au sortir de la réunion. Quant au gouvernement fédéral, il s'apprête à investir des milliards de dollars en infrastructures et, dans ce contexte, récupère une bonne partie de ses investissements en taxes et impôts, a rappelé le maire de Québec. «Leur coût réel serait absolument raisonnable», selon lui. 

Le vice-président des services corporatifs du CN, Olivier Chouc, n'a pas réagi directement à la proposition municipale. Il a plutôt fait valoir que le pont de Québec était sécuritaire. Il a aussi rappelé qu'il n'était «pas dans le mandat» de l'entreprise ferroviaire de procéder à des travaux «esthétiques» donc pas question de débloquer des millions de dollars pour une peinture. Il a toutefois offert une coopération sous forme d'«expertise technique». 

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a perçu autre chose. «Ce que j'ai senti ce matin pour la première fois de la part du CN, qui est plutôt inodore, incolore et sans saveur habituellement, j'ai senti quand même une certaine sensibilité face au plan qu'on a mis sur la table. Au moins, on sait une chose, c'est que ça va se rendre aux plus hautes autorités du Canadien National», a-t-il lancé. Enthousiaste, il s'est dit prêt à «mettre le crest du CN» sur le pont advenant un investissement supplémentaire de sa part.

Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, qui traînait copie de ses engagements électoraux dans ses poches de pantalon à la suggestion de sa conjointe, a affiché son ouverture à «développer un plan d'affaires de long terme pour garantir que la mise en valeur du pont de Québec puisse se faire». «Moi, j'ai un grand espoir et je souhaite fortement que nous puissions avec ce plan d'affaires redémarrer les travaux de peinture du pont de Québec» abandonnés en 2005, a-t-il précisé. 

M. Duclos a toutefois lié toute bonification des 75 millions $ mis sur la table par les conservateurs à la participation du Québec, responsable de l'entretien des voies carrossables. Il faut dire que les programmes d'infrastructures qu'il lorgne - le cabinet du ministre Amarjeet Sohi était au bout du fil lors de la rencontre - sont financés conjointement avec les provinces. 

Le ministre québécois responsable de la Capitale-Nationale, François Blais, a appuyé la proposition des maires. «Le seul scénario qui est possible, c'est d'échelonner ce projet majeur sur au moins 10 ans», a-t-il entériné. Le député de Charlesbourg a ensuite appelé le CN à «s'avancer» pour récupérer une partie de la facture et les libéraux fédéraux à «s'avancer» pour tenir leur promesse électorale de régler le dossier de la peinture. 

L'attaché de presse du ministre Blais a indiqué que les 23,5 millions $ promis par Québec «sont toujours sur la table», mais il n'est pas question d'en mettre davantage. Le provincial investit déjà 60 millions $ sur 10 ans pour l'usage et la réfection du tablier du pont, sur lequel il compte faire circuler le futur service rapide par bus (SRB).

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, et celui... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, et celui de Québec, Régis Labeaume.

Le Soleil, Patrice Laroche

Un dossier politique, tranche Labeaume

Les maires de Québec et de Lévis accueillent avec scepticisme l'ambition de l'Université Laval et des chambres de commerce de Québec et de Lévis de trouver une «solution permanente» pour le pont de Québec après la tenue d'un forum citoyen cet automne. 

Selon Régis Labeaume, le dossier est strictement politique et ce sont les élus qui le régleront. «C'est ben gentil, c'est ben cute tout ça, mais la pire affaire qui peut arriver, c'est qu'on sorte le politique de là-dedans. Je suis certain que le ministre fédéral va être tout à fait en faveur de ça, ça va être une façon pour lui de noyer le poisson et ne plus avoir de pression», a commenté le maire mercredi. 

«Ceci dit, s'ils peuvent nous apporter de l'éclairage, tant mieux. Mais nous, c'est assez simple le dossier : ça coûte tant et qui paie», a poursuivi M. Labeaume, tandis que Gilles Lehouillier applaudissait tout de même «la mobilisation du milieu». 

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ), Alain Aubut, ne se laisse pas démonter pour autant. Il dit même accélérer le pas pour que le forum se tienne à la fin d'octobre ou au début de novembre au plus tard.

«Ça fait des années que c'est politique et ce n'est toujours pas réglé» le problème de la rouille, fait remarquer M. Aubut. L'idée d'échelonner le chantier sur 10 ans permettrait une sortie de crise à court terme, selon lui, mais «on va faire quoi dans 10 ans?» «Essayons de trouver un modèle qui va assurer la pérennité de la structure», martèle-t-il.

L'organisateur précise que trois aspects du dossier seront étudiés lors du forum : scientifique, patrimonial et économique. Experts et citoyens seront invités à faire part de leurs idées et opinions, en personne ou par mémoire. Des modèles de valorisation, comme celui de la tour Eiffel à Paris ou du pont Golden Gate à San Francisco, seront également étudiés. 

Le doyen de la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval voit le forum comme une occasion d'«aider à la réflexion dans un contexte d'interdisciplinarité». Il aimerait également en profiter pour bonifier la formation des étudiants, en leur lançant par exemple le défi de trouver une solution globale pour le pont en 24 heures.

Retard pour la promenade Samuel-De Champlain

L'ouverture du tronçon de la promenade Samuel-De Champlain faisant le lien entre le quai des Cageux et l'escalier du sentier des Grèves-plage Jacques-Cartier est repoussée à la fin septembre. Ce tronçon, qui passe sous les ponts, devait initialement être livré au mois d'août. Des problèmes de non-conformité aux devis de certains équipements (garde-corps, abris pour piétons) ont ralenti le chantier et provoqué un retard le temps de reprendre la fabrication. Des pénalités seront imposées au fournisseur pour ce retard, rapporte le ministère des Transports, maître d'oeuvre des travaux. Il est trop tôt encore pour savoir si le budget alloué à ce tronçon de la promenade Samuel-De Champlain a été respecté.

Avec Élisabeth Fleury

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