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TransCanada prend ses distances de Charest

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L'ex-premier ministre québécois Jean Charest

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Alors que débute la portion québécoise des audiences de l'Office national de l'énergie (ONÉ) sur le projet d'oléoduc Énergie Est, TransCanada cherche à prendre ses distances de l'ex-premier ministre québécois Jean Charest, qui a rencontré des membres de l'organisme fédéral alors qu'il agissait comme consultant pour l'entreprise albertaine.

Survenues au début du mois, ces révélations sur l'entretien survenu le 15 janvier dernier à Montréal ont semé le doute chez de nombreux observateurs quant à la crédibilité du processus de l'ONÉ, certains, comme le maire de Montréal, Denis Coderre, allant jusqu'à réclamer une suspension des audiences.

Si le vice-président d'Énergie Est au Québec, Louis Bergeron, convient que l'entreprise a un «gros défi» devant elle compte tenu du nombre d'opposants au projet - dont la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), l'Union des producteurs agricoles (UPA) et les Premières Nations - il réitère que TransCanada n'a jamais demandé une telle rencontre.

«Je comprends que cela suscite des préoccupations (chez les citoyens), mais je ne peux pas changer le passé, a-t-il dit au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne. Nous sommes dans une nouvelle phase du projet et M. Charest n'est plus présent.»

Prudent dans ses commentaires, celui qui a été recruté à l'été 2014 pour piloter le controversé projet d'oléoduc de 15,7 milliards $, dont la mise en service est prévue en 2020, s'est distancé de M. Charest en affirmant avoir «rebâti une équipe au Québec» depuis son arrivée chez TransCanada.

«Quand vous regardez la liste des 22 lobbyistes qui sont inscrits, la plupart sont des ingénieurs et techniciens susceptibles de rencontrer des maires et municipalités», illustre M. Bergeron.

N'empêche, les récentes révélations ont incité certains organismes, comme l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPQ), à demander la récusation des commissaires Lyne Mercier et Jacques Gauthier - qui ont participé à la rencontre avec M. Charest.

En réponse, l'ONÉ s'est limité à dire qu'il étudiera ces requêtes - qui devront être soumises d'ici le 7 septembre - par l'entremise d'un «processus par écrit». De plus, l'organisme fédéral a indiqué qu'il n'avait pas l'intention d'entendre les questions sur ce sujet lors des audiences prévues cette semaine à Montréal.

«C'est le choix de l'Office de procéder de la sorte et je respecte l'approche que l'ONÉ a décidé de prendre», s'est limité à dire M. Bergeron, prudent, refusant de se prononcer quant à savoir si Mme Mercier et M. Gauthier avaient toujours leur place.

«J'ose espérer que les décisions qui seront prises (par l'Office) seront à la hauteur des attentes du public», a-t-il ajouté.

Forme de «bâillon»

Pour le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, l'attitude de l'organisme fédéral impose une forme de bâillon en «bottant» la question après les audiences montréalaises.

«Cela discrédite davantage le processus puisque c'est l'ONÉ qui décide quels seront les sujets discutés», affirme-t-il.

Entre-temps, de nombreuses questions ayant déjà été posées lors des audiences printanières du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pourraient bien demeurer sans réponse à la fin de la semaine.

Le tuyau de 4600 kilomètres devrait acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Au Québec, on prévoit la construction de 648 kilomètres de canalisation.

On ignore toujours de quelle façon l'oléoduc traversera la rivière des Outaouais, puisque TransCanada (TSX:TRP) prévoit soumettre à l'ONÉ d'ici la fin de 2016 son scénario pour ce cours d'eau.

Il en va de même pour les plans d'urgence de la grande majorité des 25 cours d'eau importants identifiés par le promoteur dans son avis de projet déposé auprès du gouvernement du Québec.

«Nous voulons que tous les plans soient développés en 2018, ce qui est quand même deux ans avant la mise en service, affirme M. Bergeron. Effectivement, ça serait super d'avoir toutes les réponses, mais c'est un travail de longue haleine.»

Par ailleurs, après avoir déposé une poursuite contre l'administration américaine à la suite du blocage du projet Keystone XL, TransCanada n'a pas voulu exclure totalement cette possibilité advenant que le gouvernement québécois, au terme des audiences du BAPE, décide de s'opposer à Énergie Est.

«Tout le monde s'entend pour dire que le processus souverain est celui de l'Office parce que c'est un projet interprovincial», a dit M. Bergeron, affirmant vouloir continuer de collaborer avec Québec afin de répondre aux exigences gouvernementales.

La CMM ainsi que les villes de Montréal et de Laval seront parmi les premiers intervenants des audiences de lundi, qui se déroulent dans un hôtel du centre-ville de Montréal.

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