Le traversier F.A.-Gauthier retrouve enfin son côté vert

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Le traversier F.-A.-Gauthier dans son port d'attache de Matane

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(Québec) Après neuf mois de navigation au diesel, le nouveau traversier F.-A.-Gauthier est propulsé uniquement au gaz naturel liquéfié (GNL) entre Matane et Baie-Comeau-Godbout.

La Société des traversiers du Québec (STQ) a organisé jeudi un breffage technique pour faire le bilan de l'arrêt technique et de la cale sèche de garantie de son navire amiral, mis en service le 13 juillet 2015. 

Le plus gros et le plus vert des traversiers de la province était à l'arrêt au chantier Verreault des Méchins, en Gaspésie, du 1er mai au 20 juin. 

La première partie de ce séjour hors de l'eau a permis à la STQ de procéder aux inspections et aux certifications annuelles en plus de procéder à divers travaux d'entretien de routine. L'équipage a également participé à une simulation d'incendie et d'évacuation. 

Le 9 juin, ce sont les représentants et les sous-traitants du constructeur italien Fincantieri qui ont pris le contrôle du chantier pour procéder à une dernière inspection et réparer les bris déjà répertoriés. Livré en avril 2015, le navire était garanti pour un an, pièces et main-d'oeuvre. L'échéance a même été reportée un peu pour inclure la cale sèche. 

Un bilan préparé par la STQ et daté du 29 juin fait état de 206 réclamations liées à cette garantie. De ce nombre, 187 ont été réglées. Les 19 dernières sont en traitement. Fincantieri fera ses interventions au cours des prochaines semaines sur le bateau à quai ou même sur le fleuve. L'opération la plus visible consistera à remplacer les panneaux de finition dans les salons, qui sont fissurés. 

Benoît Cormier, directeur du bureau de gestion de projets de la STQ, s'est dit satisfait de ce bilan. «Deux cent six [réclamations], en ce qui me concerne, ce n'est pas une quantité extravagante. C'est tout à fait raisonnable», a-t-il plaidé. 

Le F.-A.-Gauthier a fait la manchette à plusieurs reprises depuis sa mise en service sur la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout en raison de nombreux bris et ajustements, dont certains l'ont gardé à quai pendant un total de cinq jours. Lors de l'étude des crédits budgétaires du ministère des Transports, en avril, la deuxième opposition a qualifié le navire de «citron», forçant le ministre Jacques Daoust à se porter à sa défense. 

Rien à payer

M. Cormier a tenu à rappeler que la STQ n'avait rien à payer pour les interventions en vertu de la garantie et qu'à partir du moment où une pièce est changée, elle est couverte pour une année supplémentaire. Il s'est dit satisfait du comportement de Fincantieri, qui, dit-il, a assumé ses responsabilités sans rechigner. 

Parmi les réparations nécessaires, il y avait des fuites de fluides à colmater, de l'isolation à refaire, des câbles électriques à remplacer, et des circuits hydrauliques à ajuster, comme ceux des portes par exemple. Des travaux de peinture ont aussi été réalisés pour cacher de la rouille qualifiée de «standard». 

Mais le gros morceau demeure le système de propulsion au GNL, le premier installé sur un traversier en Amérique du Nord. Il ne fonctionnait pas depuis septembre, forçant le recours au diesel, beaucoup plus polluant. 

Le problème était concentré dans une pièce pas plus grosse qu'une boîte de conserve. Les détecteurs de fuites de gaz s'encrassaient et risquaient de donner de mauvaises lectures, mettant en péril la sécurité des employés chargés de l'entretien des moteurs. Il a fallu essayer plusieurs modèles de détecteurs pour trouver le bon, a expliqué M. Cormier. 

Depuis le 24 juin, après quelques tests, le traversier fonctionne au GNL tant pour les manoeuvres que pour la navigation, a-t-il assuré. En plus de diminuer les gaz à effet de serre, ce carburant est littéralement plus propre, il facilite l'entretien du système et provoque moins de vibrations, a énuméré le directeur du bureau de gestion de projets. 

La STQ n'était pas en mesure de préciser jeudi combien ont coûté les travaux d'entretien à sa charge cette année. Le directeur du service maritime, Stéphane Caouette, s'est également dit incapable d'estimer combien il en coûtera pour la prochaine cale sèche, prévue dans deux ans. Pour le vieux Camille-Marcoux, la facture oscillait entre 600 000 $ et 1,2 million $. «Ça risque d'être similaire, peut-être légèrement supérieur», compte tenu de la taille du F.-A.-Gauthier, a extrapolé M. Caouette.

De l'intérêt pour le Camille-Marcoux

Trois propositions sont déjà parvenues à la Société des traversiers du Québec (STQ) pour le traversier Camille-Marcoux, dont elle cherche à se départir.

Un appel d'intérêt publié le 9 juin donne jusqu'au 8 juillet aux intéressés pour se manifester. Le Camille-Marcoux, qui a navigué pendant 40 ans sur le fleuve Saint-Laurent, n'est plus nécessaire aux activités de la STQ. Sa dernière affectation aura été de remplacer le F.-A.-Gauthier pendant la récente cale sèche, un rôle qu'assumera dorénavant le CTMA Vacancier.

Gilles Gagné, vice-président aux immobilisations de la STQ, a indiqué que le navire pourrait continuer d'opérer sur le fleuve, être exploité à d'autres fins - devenir un musée, par exemple - ou être recyclé pour les équipements et le métal.

La STQ n'a pas d'idée de sa valeur marchande. «Ça pourrait être n'importe quoi entre : il faut payer pour le démolir, et on a quelqu'un qui est intéressé à l'avoir et qui est prêt à mettre un prix dessus», a fait valoir M. Gagné.

Grève à durée indéterminée dès mardi

Les employés non brevetés du traversier F.-A.-Gauthier ont rejeté jeudi soir à Matane l'entente de principe intervenue la veille entre le Syndicat international des marins canadiens (SIMC) et la Société des traversiers du Québec. Une grève à durée indéterminée sera donc déclenchée à partir de mardi sur la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout.

En vertu d'une entente conclue mardi dernier sur les services essentiels, une traversée aller-retour sera assurée les lundis, mercredis, vendredis et dimanches. Aucun service alimentaire ne sera offert à bord pendant la durée de l'arrêt de travail. La convention collective du personnel navigant non breveté de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout est échue depuis le 31 mars 2015.  La Presse Canadienne

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