Le pont, «la tour CN» de Québec

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Le pont de Québec a été désigné «lieu historique national» en janvier 1996.

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(Québec) Le maire de Lévis Gilles Lehouillier a tenté de remettre les choses en perspective mercredi, dans le bouillant dossier de la peinture du pont de Québec. Au lieu de l'opposer à d'autres projets régionaux, le pont devrait plutôt être comparé à la tour CN de Toronto.

«Est-ce qu'on s'entend pour dire que c'est un symbole au même titre que l'est le pont de Québec à Lévis? Si, demain matin, la Société immobilière du Canada disait : "Bien nous, la tour, on ne l'entretient plus"... et là, on disait aux gens de Toronto : "Choisissez entre la tour et d'autres projets" : quelle serait la réaction des gens de Toronto?» a questionné le maire Lehouillier en mêlée de presse.

Rappelons que la tour CN a été construite en 1976 par le Canadien National. Lorsque le gouvernement canadien a privatisé la compagnie, en 1995, il a voulu garder sous son aile la plus haute tour du pays et c'est la Société immobilière du Canada qui l'a rachetée. Le pont de Québec, lui, a plutôt été cédé au CN en 1993. 

«La seule structure patrimoniale au Canada dont on s'est départi, c'est le pont de Québec, et on a gardé la tour du CN. S'il y a une tour qui aurait dû retourner au Canadien National, c'est bien la tour du CN, ça leur appartenait! Comment ça se fait que le fédéral l'entretient?» lance M. Lehouillier, hautement agacé par la tournure des événements. 

Pour le maire de Lévis, peindre le pont de Québec est une question de «fierté» pour le pays et cet entretien devrait être fait de façon progressive. S'il avait pu rencontrer le ministre Jean-Yves Duclos sur la question, il lui aurait proposé la création d'un fonds d'entretien du pont, renfloué tous les cinq ans. Les 100 millions $ actuellement sur la table permettraient de commencer les travaux, et les divers gouvernements devraient s'assurer d'en faire un peu chaque année. 

«Malheureusement, on fait croire qu'il faut dépenser 400 millions $ d'un coup, ce qui est complètement faux», lance le maire. 

Et le troisième lien?

Tout comme le maire de Québec Régis Labeaume, Gilles Lehouillier nie qu'il y ait quelque comparaison à faire entre la peinture du pont et la construction d'un troisième lien entre Québec et Lévis. Pour lui, c'est comme si on demandait à la population : «Aimez-vous mieux avoir quelque chose à manger ou réparer une église?»

Le député Joël Lightbound et le ministre Jean-Yves Duclos ont tous deux évoqué ces derniers jours l'idée que l'argent d'Ottawa serait mieux investi dans d'autres projets, comme dans un éventuel tunnel sous-fluvial. 

«Le gouvernement fédéral joue actuellement un jeu extrêmement dangereux», a averti M. Lehouillier. Parce que cette idée pourrait «revenir comme un boomerang». 

«Si jamais l'étude de faisabilité concluait qu'il avait une possibilité de faire un lien sous-fluvial, est-ce que le gouvernement fédéral va le financer comme ils le font pour le pont Champlain, à Montréal?» a demandé le maire. 

M. Lehouillier espère qu'Ottawa clarifiera sa pensée et s'engagera formellement à financer cette infrastructure, qui pourrait coûter entre 2 et 3 milliards $, parce qu'on «ne peut pas bluffer avec ça».

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Le maire de Lévis Gilles Lehouillier a estimé mercredi que le pont de Québec devrait être comparé à la tour CN de Toronto. 

Le Soleil, Pascal Ratthé

Blais s'inquiète pour l'intégrité du pont de Québec

Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, y est allé de cette mise en garde, mercredi, alors qu'il commentait le dossier de la peinture du pont de Québec. 

«Le pont, c'est pas uniquement un enjeu esthétique de couleur : on va-tu mettre bleu, rouge ou... C'est aussi de l'entretien de base qui doit se faire sur plusieurs années. Je ne suis pas un spécialiste dans le domaine. Ce qu'on me dit, c'est quand on va repeindre le pont, ça va se faire sur 15 ans, 20 ans. On est mieux de commencer à penser à le faire parce que je pense que cette détérioration-là va se continuer», a-t-il développé. 

M. Blais a renvoyé le gouvernement Trudeau à sa promesse électorale de «prendre ses responsabilités» au 30 juin si le dossier n'était pas réglé. Il a aussi évoqué la responsabilité du propriétaire, le CN. 

Comme les maires de Québec et de Lévis et son collègue aux Transports, le ministre provincial de l'Emploi et de la Solidarité sociale réclame une nouvelle rencontre avec le gouvernement fédéral pour s'entendre sur la suite, à moins d'un mois de l'échéance. 

Les libéraux fédéraux affirment qu'ils ne peuvent obliger le CN à repeinturer le pont patrimonial, car la facture aboutirait sur la table du provincial, en vertu du bail signé en 2013 pour l'utilisation et l'entretien du tablier. Ce que Québec conteste. 

Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos a donc proposé de réaffecter les 75 millions $ promis par les conservateurs pour une nouvelle peinture à d'autres projets régionaux, y compris un hypothétique troisième lien routier entre Québec et Lévis. 

François Blais a dit non mardi. «On peut toujours discuter des priorités de l'un et de l'autre, mais on ne peut pas revenir sur les engagements qu'on a pris, des engagements aussi forts et importants. Moi, je suis un politicien et il y a un prix à ça, à revenir sur ses engagements», a-t-il dit. 

Avec Jean-Marc Salvet

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