Taxis en colère contre la CAQ

Pancartes à la main et klaxons dans le... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Pancartes à la main et klaxons dans le tapis, une cinquantaine de manifestants ont exprimé leur insatisfaction devant les bureaux de circonscription des caquistes Éric Caire et François Paradis.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le projet de loi 100 sur l'industrie du taxi sera le prétexte du classique bras de fer de fin de session parlementaire à l'Assemblée nationale, s'il n'en tient qu'à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le député de La Peltrie, Éric Caire, affirme qu'il n'est pas question que la deuxième opposition adopte la pièce législative «dans la précipitation». Le gouvernement libéral souhaite clore la présente session parlementaire le 10 juin, mais la CAQ ne se sent pas liée par cette échéance. 

«Le gouvernement a tataouiné pendant je sais pas combien de temps avant de nous proposer une solution qui n'en est pas une. Donc, si le gouvernement aujourd'hui manque de temps, il n'a qu'à s'en prendre à Jacques Daoust, à Robert Poëti et à Philippe Couillard. Le dossier d'Uber, c'est pas arrivé dans les deux dernières semaines, je m'excuse», a lancé M. Caire mercredi, lors d'une entrevue téléphonique au Soleil.

Les libéraux ont déposé le projet de loi 100 le 12 mai, ultime journée pour permettre son adoption sans recourir à des procédures d'exception. 

Questionné à savoir si la décision de reporter cette limite était prise, Éric Caire a répondu qu'«il y a une décision qui a été prise d'utiliser les outils parlementaires qui sont à notre disposition pour faire connaître notre point de vue et essayer de trouver une solution de compromis». 

Le caquiste a mis de l'avant la proposition de son parti : ouvrir la porte à Uber et offrir en contrepartie l'exclusivité des courses hélées dans la rue, des postes d'attente et des voies réservées au transport collectif aux taxis traditionnels. 

Selon lui, le gouvernement ne peut pas accuser sa formation de «juste dire non». «S'il y a quelqu'un qui est obtus et bucké, c'est le ministre Daoust qui dit systématiquement non à tout ce qu'on propose», dit M. Caire, parlant aussi pour Uber et les membres dissidents du Parti libéral du Québec.

Manifestation des chauffeurs  

Mercredi, la CAQ s'est attirée les foudres des chauffeurs de taxi pour son appui au modèle d'Uber, mais aussi pour son intention de retarder l'adoption du projet de loi 100. Une cinquantaine d'entre eux ont manifesté à l'heure du midi devant les bureaux de circonscription de M. Caire sur le boulevard Chauveau et de François Paradis à Lévis. 

Pancartes à la main et klaxons dans le tapis, les manifestants ont exprimé leur insatisfaction devant les positions exprimées récemment par le deuxième parti d'opposition. En plus de pourfendre le gouvernement libéral pour l'obligation faite à Uber de posséder des permis de taxi et d'employer des chauffeurs dûment formés, les caquistes proposent de relayer à l'Assemblée nationale les messages des citoyens en faveur de ce service. 

«Ils veulent céder à des multinationales. Ils veulent pas mettre leurs culottes», a martelé Abdallah Homsy, président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, devant le bureau d'Éric Caire sur le boulevard Chauveau. «Pour eux, c'est un dossier parmi d'autres. Nous, c'est le dossier de notre vie, on laissera pas aller.»

«Si le projet de loi 100 est remis à l'automne et que des travailleurs du taxi épuisés perturbent la paix sociale pendant l'été, ce sera à la CAQ d'en porter l'odieux», a-t-il ajouté dans un communiqué de presse. 

Éric Caire a répondu qu'il n'était pas contre l'industrie du taxi, mais en faveur de son ouverture à de nouveaux modèles d'affaires. Il a affirmé que le site Web contrelaloi100.com a été mis en ligne mercredi pour recueillir les commentaires des citoyens partisans de «l'économie de partage» et répondre ainsi au «lobby des taxis qui est bien organisé».

Les jeunes libéraux plaident pour Uber

La Commission jeunesse du Parti libéral du Québec continue d'affronter le gouvernement Couillard dans le dossier d'Uber. «Le projet de loi 100 déposé par le gouvernement est un échec», peut-on lire dès l'introduction du mémoire préparé sur le projet de loi 100. Reprenant leur plaidoyer en faveur de l'innovation technologique, les jeunes libéraux proposent de faciliter l'arrivée de nouveaux joueurs dans l'industrie du taxi. Ils suggèrent notamment d'abolir le prix plancher pour que les compagnies de taxi se fassent concurrence entre elles. Certains transports leur seraient réservés (hélage, postes d'attente, contrats gouvernementaux). Quant aux chauffeurs d'Uber, ils n'auraient pas besoin de permis de taxi, mais d'une classe supplémentaire sur leur permis de conduire, et ils ne pourraient travailler qu'à mi-temps. Tout le monde devrait «collaborer» avec Revenu Québec pour que les taxes et les impôts soient payés.

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