Intervention des contrôleurs routiers: un chauffeur d'Uber porte plainte

Le chauffeur d'Uber qui a contacté Le Soleil... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le chauffeur d'Uber qui a contacté Le Soleil pour raconter son arrestation a mentionné que les contrôleurs routiers avaient changé de ton récemment et étaient devenus plus «agressifs».

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(Québec) Une plainte a été déposée auprès du Commissaire à la déontologie policière par un chauffeur d'Uber qui considère que deux contrôleurs routiers ont mal agi lors de son arrestation pour transport illégal.

Le chauffeur, qui ne désire pas être nommé et que nous prénommerons Étienne, a contacté Le Soleil pour raconter sa plus récente mésaventure.

Mercredi, alors qu'il était appelé pour cueillir un client sur la rue Saint-Joachim, derrière le Centre des congrès de Québec, l'homme ne s'est pas arrêté devant l'adresse spécifiée. Quelques mètres plus loin, il a croisé une voiture banalisée venant tout juste de déclencher ses gyrophares. Il a poursuivi sa route et tourné sur la rue Jean-Jacques Bertrand, qui jouxte l'hôtel Hilton, mais a été rapidement rattrapé par une camionnette, elle aussi munie de gyrophares.

Étienne s'est immobilisé. En arrivant près de son véhicule, le contrôleur routier l'a aussitôt accusé de s'être «sauvé». Alors que le chauffeur protestait, sa collègue, qui conduisait la première voiture arrivée sur les lieux, a soutenu qu'elle avait fait signe de s'arrêter au chauffeur d'Uber, notamment en sortant un bras de sa voiture.

Preuve vidéo

Le Soleil peut raconter l'incident de façon affirmative, car nous avons regardé les bandes vidéo tournées par les caméras dont le chauffeur a doté son véhicule, à l'avant comme à l'arrière. Nous pouvons ainsi attester que le chauffeur d'Uber n'a pas parcouru une longue distance avant de s'arrêter et que la contrôleuse n'a jamais sorti son bras du véhicule. Sa vitre est demeurée fermée lors du croisement.

Qu'à cela ne tienne, en plus de faire saisir son véhicule, le chauffeur d'Uber a reçu une contravention pour n'avoir pas immobilisé «sans délai» son véhicule «alors qu'un agent de la paix, identifiable à première vue comme tel, l'exigeait dans le cadre de ses fonctions». Montant de l'amende: 481 $.

Étienne a aussi reçu un avis pour faire inspecter le degré d'opacité de ses vitres teintées et cela, à l'intérieur d'un délai de 48 heures, à défaut de quoi il recevra une contravention. Mais comme son véhicule est saisi pour transport illégal, le principal intéressé ne pourra évidemment pas se conformer.

L'automobiliste est indigné par l'interprétation que les contrôleurs ont faite de son comportement. «Moi, je le savais pas que c'était pour moi quand je l'ai vue [la voiture] en sens inverse», plaide-t-il. Selon lui, les contrôleurs routiers ont changé de ton récemment et certaines équipes seraient plus «agressives» que d'autres. Il a d'ailleurs appelé les policiers à la rescousse lors de la dernière intervention.

«Si je n'avais pas de caméra, qu'est-ce que je ferais? Qu'est-ce qu'elles font pour se défendre les autres personnes qui sont accusées injustement?» demande-t-il.

Notre interlocuteur a appelé Uber à la rescousse. Après avoir visionné les bandes, la multinationale a décidé de payer l'avocat qui contestera les contraventions en plus de la saisie, comme c'est le cas habituellement.

Même code que les policiers

Le chauffeur a également décidé de porter plainte au Commissaire à la déontologie policière. Le Code de déontologie des policiers du Québec s'applique non seulement aux policiers, mais au Commissaire à la lutte contre la corruption, aux agents de la paix, aux constables spéciaux, aux agents de protection de la faune et aux contrôleurs routiers ainsi qu'à leurs patrons.

Louise Letarte, responsable des communications pour le Commissaire, a confirmé vendredi la réception d'une plainte. Toutes les preuves au dossier, incluant les bandes vidéo, seront étudiées, a-t-elle précisé.

Les plaintes déposées en déontologie contre les contrôleurs routiers sont rares. Seulement 2 % des 1744 plaintes déposées l'an dernier concernent le groupe des contrôleurs routiers, des constables spéciaux et des agents de protection de la faune.

Contrôle routier Québec n'a pas voulu commenter le dossier qui se retrouve en déontologie.

Depuis le début de la chasse aux transporteurs illégaux travaillant sous la gouverne d'Uber, les contrôleurs routiers ont réalisé plus de 500 interventions sur la route et presque autant de saisies. Le Bureau du taxi de Montréal, qui doit travailler en collaboration avec la police de Montréal en raison de ses pouvoirs plus restreints, en a environ le double à son actif.

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