Daoust renvoie la balle à Uber

Le ministre des Transports Jacques Daoust se dit... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le ministre des Transports Jacques Daoust se dit «ouvert» à discuter d'un projet-pilote avec Uber, à condition que l'entreprise respecte le cadre du projet de loi sur l'industrie du taxi, déposé le 12 mai.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le ministre des Transports Jacques Daoust rejette la proposition d'Uber et l'invite à déposer un projet pilote qui prévoit le maintien des permis de taxi et de la formation pour ses chauffeurs.

L'attitude repentante et collaboratrice affichée cette semaine par le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a plu au ministre Daoust. On ne peut pas en dire autant de sa suggestion d'un projet pilote où les chauffeurs d'Uber percevraient des taxes, mais continueraient de conduire sans permis de taxi ou formation particulière.

«On refuse de dire : on va chambarder la société québécoise parce qu'Uber arrive en ville», a déclaré le ministre Daoust. «On n'est pas contre Uber. On est contre Uber qui ne respecte pas nos lois.»

Le ministre a offert à Uber de présenter un projet-pilote qui respecte les principes de son projet de loi 100. Trois conditions y sont rattachées. La perception de la TPS et de la TVQ, l'utilisation de permis de taxi existants et un permis de conduire de classe 4C pour les chauffeurs.

«Ils ont fait preuve d'ouverture, puis, de notre côté, il faut qu'on fasse preuve d'ouverture dans tout ça, mais pas au point où on va renverser le modèle qui prévaut chez nous», a déclaré M. Daoust.

Une proposition qui respecte les conditions «inflexibles» de Québec peut être aménagée par la multinationale, croit le ministre des Transports. En fait, ajoute-t-il, il est dans l'intérêt de l'entreprise «d'innover» pour s'adapter aux législations où les permis de taxis sont bien établis et empêchent Uber de s'installer. Autrement, fait valoir M. Daoust, des concurrents d'Uber parviendront à s'adapter et lui arracheront d'intéressants marchés.

«Je ne peux pas imaginer un seul instant qu'une société qui vaut 60 milliards $ va se priver de marchés internationaux en disant : "Il y a des permis de taxi, on n'est pas capable", a postulé M. Daoust. Ça ne se peut pas.»

Modèle condamné

À son retour en commission parlementaire, cette semaine, M. Guillemette a indiqué que le modèle d'affaires d'Uber est condamné si le projet de loi sur le transport rémunéré est appliqué tel quel. Il suggérait qu'Uber suspende ses activités le temps de proposer un modèle.

«Nous solliciterons une rencontre avec le ministre Daoust pour bien comprendre les intentions du gouvernement et les balises qu'ils voudront établir dans un projet pilote pour le covoiturage urbain», a noté par courriel Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole pour Uber Canada.

Le ministre Daoust a réitéré son intention d'adopter le projet de loi 100 avant la fin de la présente session, le 10 juin.

À la Coalition avenir Québec, le leader parlementaire François Bonnardel juge que le ministre propose un projet pilote «de pacotille», puisqu'il ne fait aucune concession sur le projet de loi 100. Il accuse les libéraux d'être contre l'innovation et espère que l'aile jeunesse du parti parviendra à faire changer d'idée le ministre Daoust.

«Je me serais attendu minimalement à ce que le ministre comprenne les technologies du XXIe siècle», a déclaré M. Bonnardel.

Appui des taxis s'il y a remboursement

Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) se dit ouvert à l'idée d'un projet-pilote pour Uber Québec à condition que la multinationale rembourse «les taxes usurpées au cours de la dernière année». «Téo Taxi en a un. Les taxis de Québec en ont un. Innover grâce à un projet pilote, ça se fait», indique par voie de communiqué Guy Chevrette, porte-parole de l'industrie du taxi. «Nous demandons simplement que le tout se fasse à l'intérieur du cadre légal actuel, comme l'a proposé le ministre [des transports] Jacques Daoust. Si le ministre veut créer un projet pilote pour Uber, avec les conditions qu'il a énoncées, il aura notre appui»., poursuit-il.

Jean-Michel Genois Gagnon

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer