Code de la sécurité routière: une révision axée sur la prudence

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Le ministre des Transports, Jacques Daoust, participait à une commission parlementaire, jeudi, où les derniers témoignages sur le projet de loi 100 ont été entendus.

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(Québec) La révision du Code de la sécurité routière (CSR) du Québec, annoncée pour l'automne, s'appuiera sur le principe de prudence, qui oblige le respect entre usagers de la route et une prudence accrue envers les plus vulnérables.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, l'a indiqué en commission parlementaire, jeudi, où les derniers témoignages sur le projet de loi 100 ont été entendus. 

La pièce législative concerne principalement l'industrie du taxi, mais elle contient aussi deux mesures réclamées depuis longtemps par les cyclistes, soit l'imposition d'une distance minimale à respecter entre les automobiles et les vélos sur les routes québécoises ainsi que le rehaussement des amendes pour emportiérage. 

L'organisme Vélo Québec a profité de l'occasion pour plaider à nouveau en faveur de la refonte du CSR, attendue depuis 2014 et repoussée encore récemment pour régler le cas d'Uber. 

Jean-François Pronovost, vice-président développement et affaires publiques, a notamment rappelé que le groupe de discussion sur la sécurité des cyclistes, formé par l'ancien ministre Robert Poëti, avait unanimement proposé l'inscription du principe de prudence dans le préambule du Code. 

Le ministre Daoust a vite affiché ses couleurs. «Le premier item que nous avons dans la mouture que nous sommes à regarder, toute la révision du code de la route est sur le principe de prudence pour protéger les plus vulnérables. Partant du piéton, cycliste, automobiliste, camion, on va aller dans cet ordre-là. [...] Je peux vous rassurer, c'est la règle qui nous guide», a-t-il révélé. 

Le principe de prudence est enchâssé dans le Code de la rue de la Belgique depuis 2003 et son pendant français, le Code de la route, depuis 2008. Le libellé va comme suit en France : «Le conducteur doit, à tout moment, adopter un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers des voies ouvertes à la circulation. Il doit notamment faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des usagers les plus vulnérables.» 

Dans l'ordre, cela veut dire que les camions s'inclinent devant les automobiles, qui, elles, doivent donner la priorité aux vélos, qui eux doivent céder devant les piétons. Évidemment, les usagers les plus forts doivent respecter tous les plus faibles. 

Les contrevenants québécois s'exposeront à des conséquences, qui seront détaillées dans la prochaine version du CSR. Mais c'est surtout un climat de respect que le gouvernement veut instaurer avec le principe de prudence. 

Plus tôt dans la journée, le cycliste et entrepreneur Louis Garneau avait qualifié de «bon début» les deux dispositions concernant les vélos incluses in extremis dans le projet de loi 100. 

Selon lui, le mètre de distance prescrit entre autos et vélos en ville (un mètre et demi en campagne) évitera les dangereux «frôlements» auxquels sont régulièrement soumis les cyclistes. C'est aussi une poignée pour sensibiliser les Québécois au partage de la route. 

Louis Garneau ne pense pas tant à la répression policière qu'à une campagne de communication pour expliquer les nouvelles mesures et faire évoluer les mentalités, à l'image de ce qui s'est fait après l'implantation du corridor de sécurité pour les véhicules d'urgence en 2012. 

«L'important, c'est de travailler sur l'attitude, se donner des limites, dire que les cyclistes, ce ne sont pas des maudits cyclistes», a résumé M. Garneau.

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Louis Garneau dans son musée du vélo

Le Soleil, Patrice Laroche

Cours au primaire

À plus long terme, celui-ci a également plaidé devant les parlementaires pour l'enseignement des règles de sécurité à vélo dès l'école primaire. Le vendeur d'équipement n'a pas spécifié ces règles, mais on peut penser au fait de rouler du bon côté de la rue, de se vêtir de façon voyante et de porter un casque. Ce serait l'occasion d'améliorer les habiletés des petits cyclistes, en leur faisant contourner des obstacles ou ramasser une bouteille par terre par exemple. Les règles pour marcher ou jogger sécuritairement sur la voie publique seraient aussi au programme. 

M. Garneau verrait bien ces notions enseignées dans les cours d'éducation physique. Un leader sportif comme Pierre Lavoie lui apparaît aussi comme un excellent porte-parole. «Il nous a montré à bouger, qu'il nous montre à nous comporter à pied ou à vélo», a-t-il lancé à un ministre Daoust réceptif. 

Cette phase de consultation terminée, le projet de loi qui pourrait signifier la fin d'Uber au Québec poursuit son chemin. Si modifications il y a, elles seront proposées au plus tard la semaine prochaine, puis débutera l'étude article par article en vue d'une adoption avant la fin de la session parlementaire.

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