Les Îles à bout de patience

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Même s'il refuse de faire de la politique «sur le dos» de l'écrasement qui a coûté la vie à Jean Lapierre le 29 mars, le maire Jonathan Lapierre exhorte le gouvernement fédéral à prendre ses responsabilités dans le dossier de l'allongement de la piste de l'aéroport, un projet qui traîne depuis 20 ans.

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(Québec) Vols annulés, avion-ambulance cloué au sol, pénuries de médicaments; l'allongement de la piste de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine est un enjeu de sécurité publique, selon le maire Jonathan Lapierre. Il appelle le gouvernement fédéral à prendre ses responsabilités sans plus attendre.

Jonathan Lapierre s'est refusé et se refuse toujours à faire de la politique «sur le dos» de l'écrasement qui a coûté la vie à sept personnes, dont Jean Lapierre, le 29 mars dernier.

Reste que la tragédie a selon lui relancé le débat sur l'importance d'allonger la piste de l'aéroport située sur l'île du Havre aux Maisons. «C'est un dossier extrêmement important. [...] C'est la priorité numéro un aux Îles présentement», a-t-il affirmé samedi en entrevue au Soleil.

Quelque temps après l'écrasement qui a secoué la province, M. Lapierre a eu la chance de rencontrer par hasard Marc Garneau, ministre fédéral des Transports, à Montréal. Il en a profité pour lui rappeler l'importance de régler ce problème pour lequel le ministre avait déjà été interpellé. «Avant et après [l'écrasement], il y a eu des démarches auprès de M. Garneau», a insisté le maire.

Au cours de cette rencontre informelle vers la mi-avril, le ministre a répondu qu'il irait faire son tour aux Îles durant l'été et qu'il pourrait alors aborder la question. Mais ce serait trop peu, trop tard pour Jonathan Lapierre. «L'été, aussi bien dire en septembre. Je ne veux pas attendre à l'été. C'est important d'avoir une rencontre à Ottawa dans leur milieu de travail [avant la fin des travaux parlementaires]», s'est-il impatienté.

Le maire et son équipe ont fait parvenir une lettre au cabinet du ministre il y a deux semaines réclamant un entretien au Parlement. M. Lapierre n'a pour l'instant reçu qu'un accusé-réception.

Laissés pour compte

Selon M. Lapierre, cela fait 20 ans que le projet est dans l'air sans réelle avancée, si bien que les Madelinots ont l'impression d'être laissés pour compte par Transports Canada. «On veut la même chance que l'ensemble des communautés. Il est grand temps que le gouvernement desserve les Îles comme le reste des municipalités canadiennes.»

Le maire a surtout de la difficulté à comprendre la logique du Ministère dans ce dossier. «Là où j'ai un problème, Transports Canada nous répond que les installations répondent aux normes. Si on y va by the book, oui, c'est vrai. Mais ce que le livre ne dit pas, c'est qu'il faut que ce soit des conditions parfaites [pour atterrir ou décoller] aux Îles», a-t-il plaidé. «Ce n'est pas dangereux de venir aux Îles», a-t-il ensuite tenu à préciser.

Conséquences multiples

La piste de 4500 pieds pose divers problèmes à l'archipel. Selon des chiffres avancés par le maire Jonathan Lapierre, 20 % des vols qui sont annulés en provenance ou vers les Îles le sont en raison de la longueur de la piste, combinée à différents facteurs. «De ce 20 %, il y a un fort pourcentage, je dirais 90 %, qui sont dus à la météo.» Selon son administration, l'idéal serait d'allonger la piste pour qu'elle atteigne entre 5500 et 6000 pieds. Une étude avait été réalisée par la municipalité en 2009.

Les Îles ont connu toutes sortes de problèmes au fil des ans. En février, une patiente de l'hôpital de Cap-aux-Meules nécessitant des soins particuliers n'a pas pu être transférée par avion-ambulance vers le continent. «L'avion ne pouvait pas atterrir.» Durant le temps des Fêtes l'an dernier, le mauvais temps a causé une pénurie de médicaments dans les pharmacies pendant deux semaines.

«Ici, ce n'est pas un aéroport secondaire ou complémentaire, c'est un service essentiel. Quand c'est urgent, ça prend l'avion. Si le traversier et l'aéroport ne fonctionnent pas [ce qui arrive parfois simultanément], les Îles deviennent enclavées.»

Jonathan Lapierre a déjà sensibilisé la ministre fédérale Diane Lebouthillier, députée de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Il dit également avoir l'appui du gouvernement provincial.

L'équipe de Marc Garneau n'a pas rappelé Le Soleil.

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