Daoust de glace devant Uber

En vertu du projet de loi 100, les... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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En vertu du projet de loi 100, les tarifs pourraient varier d'une agglomération à l'autre et « selon les catégories de services de transport ».

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(Québec) Le ministre québécois des Transports, Jacques Daoust, prévient Uber : «On ne retourne pas à la planche à dessin.» Pour renverser le projet de loi sur l'industrie du taxi, il faudra que la multinationale présente des «solutions novatrices» jamais étudiées.

«On se rappellera que le projet de loi, on l'a déposé six semaines plus tard que prévu parce que, je vous l'avais dit à l'époque, on voulait l'étudier à fond, on voulait être sûr qu'on levait toutes les pierres. Alors, il y a beaucoup d'alternatives qui ont été évaluées avant qu'on arrive à cette mouture-là du projet de loi, qui est celle qui nous apparaît la plus appropriée», a expliqué le ministre, lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale, mardi. 

Seules les «solutions novatrices» qui n'ont pas été envisagées encore seront donc considérées. «On ne retourne pas à la planche à dessin», a répété le titulaire du portefeuille des Transports, le message ayant déjà été passé aux militants libéraux la fin de semaine dernière. 

Lundi, Uber a fait part de son intention de demeurer au Québec et s'est mise à la recherche d'un «compromis», d'un modèle «qui fitte parfaitement» à la province. 

M. Daoust est demeuré de glace devant le mea-culpa de l'entreprise, qui a aussi reconnu n'avoir «pas toujours su trouver les meilleurs moyens de travailler avec le gouvernement du Québec». «Je pense qu'ils étaient rendus au point qu'il y avait lieu de changer d'attitude», a laissé tomber l'élu provincial, y voyant une façon de séduire l'opinion publique. 

Une première commission parlementaire, tenue en février et mars, a permis d'entendre 32 groupes, dont Uber, et de lire 40 mémoires en lien avec le transport rémunéré de personnes au Québec. M. Daoust a confirmé qu'Uber serait invitée aux consultations particulières sur le projet de loi 100, déposé jeudi, même si ses activités jugées illégales se poursuivent. «Je ne m'installe pas à la table de négociation spontanément avec eux», a toutefois averti le ministre. 

Legault conciliant

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est montré plus conciliant face aux représentants d'Uber Québec. «Moi, je les ai rencontrés, puis j'ai vu beaucoup d'ouverture de leur côté pour trouver des solutions qui assureraient qu'il n'y ait pas de compétition injuste avec les chauffeurs de taxi actuels, mais qui permettraient d'ajouter de l'offre. Plus on ajoute de l'offre, mieux c'est pour le consommateur», a-t-il fait valoir aux journalistes tout en invitant Uber à payer les taxes sur les courses dès maintenant. 

Le président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, a pour sa part plaidé que «depuis le début, ils [les dirigeants d'Uber] n'ont rien offert». Il ne voit donc pas pourquoi cela changerait maintenant. «Si Uber était de bonne foi, il serait arrêté déjà en attendant la solution», a insisté M. Homsy. 

Avec Jean-Marc Salvet

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