Uber veut rester au Québec

Uber refuse de jeter l'éponge et se dit à la recherche d'un «compromis» pour... (La Presse, Patrick Sanfaçon)

Agrandir

La Presse, Patrick Sanfaçon

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Uber refuse de jeter l'éponge et se dit à la recherche d'un «compromis» pour rester en exploitation au Québec, malgré le dépôt du projet de loi libéral qui lui impose de joindre l'industrie du taxi.

«Bien que ce projet de loi empêcherait les services de l'économie du partage comme Uber d'opérer sur le territoire du Québec, nous souhaitons exprimer notre engagement à trouver un compromis et des solutions réglementaires qui assureront une saine compétition et une conformité fiscale pour tous les joueurs de l'industrie», a lancé la branche québécoise de la multinationale dans un communiqué de presse diffusé lundi à 14h.

«Travaillons sur des pistes de solutions. On ne veut pas quitter, on veut rester au Québec», a martelé son directeur général, Jean-Nicolas Guillemette, en entrevue téléphonique au Soleil dans les minutes suivantes. 

Ce dernier est convaincu qu'il y a de la place pour de nouveaux modèles de transport dans la province. Il a noté l'ouverture des Québécois pour l'économie de partage, dont il se réclame, et l'innovation technologique. En guise de preuve, M. Guillemette a mentionné les appuis reçus tout au long de la fin de semaine, certains provenant même du parti du gouvernement. 

L'entreprise y est aussi allée d'un mea-culpa. «Bien que notre modèle d'opération offre de nouvelles et intéressantes opportunités d'affaires et des options de transport supplémentaires pour les Québécois, nous reconnaissons que nous n'avons pas toujours su trouver les meilleurs moyens de travailler avec le gouvernement du Québec afin de promouvoir ces alternatives», peut-on lire dans le communiqué de presse. 

«On a fait quelques erreurs dans le passé. On le reconnaît et on prend la responsabilité de ça. Je suis quelqu'un de passionné. Je pense que ça a pu paraître comme étant de l'arrogance. On se battait un peu pour notre survie», a renchéri le dg d'Uber. 

Évoquant les solutions trouvées sous d'autres juridictions, M. Guillemette croit toujours possible d'atteindre un «juste milieu qui conferre [sic] des privilèges uniques aux taxis, tout en imposant un nouveau cadre réglementaire au covoiturage urbain». 

Il réitère notamment sa promesse de percevoir les taxes à la consommation dès le premier dollar gagné par les chauffeurs. Pour le reste, Uber écoutera les propositions en circulation avant d'arrêter sa position, qui sera dévoilée lors de la commission parlementaire sur le projet de loi 100. 

M. Guillemette évoque néanmoins un modèle adapté au «modèle social du Québec», «qui fitte parfaitement au Québec». 

Jacques Daoust a confirmé qu'il souhaite entendre le directeur général d'Uber en commission parlementaire. «Nous sommes heureux de voir dans quel esprit il souhaite entreprendre ce processus. Le ministre a bien hâte de prendre connaissance des propositions que l'entreprise compte faire», a fait savoir son attachée de presse, Mélissa Turgeon.

Jeudi, M. Daoust a dévoilé un projet de loi dans lequel «tout service de transport rémunéré de personnes par automobile» est assimilé à du taxi.

S'il est adopté tel quel, Uber devra donc obtenir des permis de propriétaire de taxi, avoir recours à des chauffeurs possédant un permis de conduire de classe taxi, et compter sur des voitures immatriculées T avant de transporter des passagers. Des amendes salées sont prévues pour les contrevenants, qui pourraient également voir leur permis de conduire suspendu et leur véhicule saisi. 

Larmes de crocodile

L'industrie du taxi n'a pas mis de temps à réagir. Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) a parlé des «larmes de crocodile d'Uber». «Devant le juge, même le pire criminel versera une petite larme, pas parce qu'il regrette ses gestes, mais parce qu'il regrette de s'être fait prendre», a déclaré son président, Georges Tannous, de Montréal. 

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) a exprimé son «dégoût» et réitéré sa mise en garde aux Québécois contre «un modèle d'affaires prédateur». «Leur demande de compromis réglementaire est hautement suspecte. Pour nous, leur stratégie est claire : Uber tente d'obtenir indirectement ce qu'ils n'ont pas réussi à obtenir par le projet de loi 100», a fait valoir le président, Abadallah Homsy.

Partager

À lire aussi

  • Labeaume «surpris» du projet de loi sur Uber

    Transports

    Labeaume «surpris» du projet de loi sur Uber

    Régis Labeaume est «surpris» de la teneur du projet de loi du ministre Jacques Daoust sur Uber. La pièce législative, dit-il, veut «éliminer» le... »

  • Daoust de glace devant Uber

    Transports

    Daoust de glace devant Uber

    Le ministre québécois des Transports, Jacques Daoust, prévient Uber : «On ne retourne pas à la planche à dessin.» Pour renverser le projet de loi sur... »

  • Taxis en quête de solutions

    Transports

    Taxis en quête de solutions

    Les chauffeurs de taxi de la région se disent prêts à répondre aux demandes du maire Régis Labeaume mais souhaitent que la Ville fasse également son... »

  • Guy Chevrette tire à boulets rouges sur Uber

    Transports

    Guy Chevrette tire à boulets rouges sur Uber

    Le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), Guy Chevrette, a tiré à boulets rouges sur... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer