Les jeunes libéraux consternés par le revers d'Uber

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En avril, la Commission jeunesse du Parti libéral avait invité ses membres à participer à une manifestation en faveur d'Uber à Montréal.

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(Québec) La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) se dit très déçue du projet de loi de Jacques Daoust, qui ne fait aucune place à un modèle d'affaires comme celui d'UberX. Elle entend soumettre en fin de semaine aux militants libéraux, qui seront réunis à Drummondville, une résolution d'appui à l'«économie du partage».

Il faut encadrer, mais il faut aussi «encourager» des entreprises faisant preuve «d'innovation», a commenté le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Jonathan Marleau, peu après la présentation du projet législatif.

«Ce n'est pas un message d'ouverture» que vient de lancer le gouvernement, a-t-il dit au Soleil.

Pour lui, il est clair que des entreprises comme Uber répondent à des besoins différents, en plus d'être plébiscitées par de nombreux jeunes de 18 à 24 ans.

Tant que le projet de loi de Jacques Daoust ne sera pas formellement adopté, la Commission-Jeunesse «sera très active», prévient Jonathan Marleau. Ce dernier espère qu'il sera revu durant la commission parlementaire qui l'étudiera.

Il paraît toutefois peu vraisemblable qu'il le soit de façon importante.

«On n'abandonnera pas», poursuit Jonathan Marleau, ajoutant que le Québec doit être une «terre d'accueil à l'innovation».

Conseil général

La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec soumettra aux militants libéraux qui seront réunis samedi et dimanche en Conseil général une résolution demandant que le gouvernement «collabore avec les principaux joueurs de l'économie du partage» et qu'il s'inscrive «dans la logique des nouveaux modèles d'affaires» - quitte à remettre en question les «normes établies».

«Le monde entier assiste présentement à l'émergence d'un phénomène irréversible auquel concourent notamment les nouvelles technologies», postulent ses membres en applaudissant les Uber, Airbnb, AmigoExpress, Sidecar, Hailo, CanadaStays et Homelidays de ce monde. Il faut favoriser leur essor, disent-ils.

À ce moment-là sous la présidence de Nicolas Perrino, la Commission-Jeunesse du PLQ avait estimé en août dernier que le ministre des Transports d'alors, Robert Poëti, menait un combat d'arrière-garde en cherchant à interdire les activités d'UberX.

Elle avait un temps trouvé un allié en la personne du premier ministre Philippe Couillard. M. Couillard ne parlait jamais à ce moment-là de «transport illégal» en évoquant UberX, comme le faisait déjà M. Poëti et comme l'a fait par la suite son successeur, M. Daoust.

Fil à retordre

Ce dossier est l'un de ceux ayant donné le plus de fil à retordre au gouvernement. L'unanimité n'a pas été simple à obtenir à l'interne.

Le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville, s'en est amusé jeudi. «Nous sommes ravis de constater que le gouvernement a fini par s'entendre avec lui-même», a-t-il laissé tomber au Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Le gouvernement pourra vraisemblablement compter sur l'appui du Parti québécois pour faire adopter sa loi. La députée Martine Ouellet veut toutefois s'assurer, lors de son étude en commission parlementaire, qu'il se donnera les moyens de la faire respecter.

La Coalition avenir Québec, elle, est sur la même ligne que les jeunes libéraux. «C'est un retour vers le passé», une loi inspirée des années 70, croit François Bonnardel, pour qui ce projet de loi est «anti-innovation».

Laurent Proulx... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Laurent Proulx

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Laurent Proulx plaide pour Uber

Laurent Proulx, conseiller municipal à la Ville de Québec, plaide pour la survie d'Uber. Ce dernier réclame une suspension du projet de loi 100 sur l'industrie du taxi et aimerait qu'une grande consultation soit tenue, notamment auprès des jeunes.

Participant aux assises de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), M. Proulx a été l'instigateur d'une proposition pro-Uber adoptée par la Commission des jeunes élues et élus de l'UMQ.

Selon le libellé, la Commission «recommande au Conseil d'administration de l'UMQ de demander au gouvernement du Québec de suspendre le projet de loi 100 sur l'industrie du taxi pour tenir des consultations, notamment auprès des jeunes et leurs représentants, afin d'en arriver à une solution équitable qui permettra à tous les joueurs de la mobilité durable d'exister».

La proposition a été appuyée par Emile Grenon-Gilbert, conseiller municipal de Mont-St-Hilaire. M. Grenon-Gilbert a indiqué sur sa page Facebook, jeudi, qu'il était «malheureux qu'on mette des bâtons dans les roues d'un modèle aussi efficace que l'auto-partage Uber», ajoutant que «nous sommes en train de réduire les options de mobilité au Québec au détriment de la lutte au gaz à effet de serre». David Rémillard

«Ils vont fermer les livres», croit un chauffeur d'Uber

Tant et aussi longtemps que la loi ne sera pas appliquée, des chauffeurs d'Uber opérant à Québec ont bien l'intention de poursuivre leurs activités. Mais force est de constater que la fin est proche, se résignent-ils.

«Moi, je suis certain qu'ils vont fermer les livres», a affirmé sans hésitation Éric*, un chauffeur travaillant dans la capitale depuis sept mois. Bien que son véhicule ait été saisi à deux reprises, a-t-il dit, ce partenaire d'Uber a continué à faire du transport de personnes avec le géant américain.

Il a dit le faire par conviction, car il croit en «la nouvelle économie» incarnée par les Uber et les Airbnb de ce monde. «Ils [le gouvernement] n'ont pas compris le concept d'économie de partage. [...] On ne va pas se mettre riche avec ça. C'est une affaire pour s'amuser. Notre paye, c'est la note que les clients nous donnent. Les clients c'est comme une communauté. Ce n'est pas une profession», a-t-il expliqué, disant ne pas être dérangé par les milliards de dollars engrangés par la multinationale.

«Monopole des taxis»

Éric, qui possède un emploi à temps plein en informatique, estime que les grands perdants seront les clients, voués à subir les prix imposés par le «monopole des taxis». Selon lui, Uber bonifiait l'offre de transport à Québec, comme c'est le cas dans d'autres grandes villes où l'entreprise a su s'intégrer, dont Toronto.

Il accuse finalement le gouvernement du Québec d'être «fermé vis-à-vis les nouvelles technologies» et soutient que le projet de loi envoie un mauvais message, notamment aux touristes à la recherche d'une application de transport «globale».

Son collègue Maxime abonde dans le même sens. «La manière que ça a été conçu [la loi], ça ne rentre par dans le cadre d'Uber... Ils vont lever les feutres. Ça a été carrément pensé pour qu'Uber ne reste pas», a déclaré celui qui est chauffeur partenaire depuis plus d'un an.

Tout comme Éric, il possède un emploi principal et dit participer à Uber dans le but de «casser un monopole». «C'est la seule raison pour laquelle je le fais.» David Rémillard

*Un nom fictif a été utilisé à la demande du chauffeur

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