Via Rail voit grand pour Québec

Le train à grande fréquence planifié par VIA Rail entre Québec et Windsor est... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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(Québec) Le train à grande fréquence planifié par VIA Rail entre Québec et Windsor est chargé de promesses pour la capitale québécoise. L'offre de départs quotidiens de Québec vers Montréal triplerait, passant de 5 à 15, le temps de déplacement serait raccourci à 2 heures 10 minutes et le train ferait office de navette pour relier l'aéroport au centre-ville.

Le président et chef de la direction de VIA Rail Canada, Yves Desjardins-Siciliano, était à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, lundi, pour parler du projet d'avenir de 4 milliards $ de la société d'État. Son équipe planche sur un train hybride (électricité-diesel) roulant sur des voies réservées dans le corridor le plus peuplé du pays afin d'augmenter son achalandage et ses revenus tout en réduisant les gaz à effet de serre (GES) du secteur des transports.

Lors de sa présentation tout comme en entrevue avec Le Soleil par la suite, M. Desjardins-Siciliano n'était pas avare de détails sur le projet de TGF. Dans sa portion toute québécoise, entre la capitale et la métropole, le train roulerait sur des voies réservées, électrifiées, au nord du fleuve Saint-Laurent. Un seul arrêt est prévu à Trois-Rivières.

Pour le président de VIA Rail, le tracé de la Rive-Nord s'impose en raison de la disponibilité d'emprises ferroviaires qui peuvent être modernisées rapidement et à un coût «abordable». «Tu n'as pas besoin de faire d'expropriation» ni d'évaluation environnementale, souligne-t-il.

Cela pourrait d'ailleurs jouer en faveur du Québec dans le calendrier de réalisation. Après le tronçon Ottawa-Toronto, facile à construire et très populeux, celui de Québec-Montréal pourrait ainsi être mis en chantier en deuxième, avant même Montréal-Ottawa. La construction pourrait débuter dès 2017 pour une mise en service en 2019.

À Drummondville et à ses voisines de la Rive-Sud du Saint-Laurent qui se mobilisent pour obtenir le TGF, M. Desjardins-Siciliano ne laisse pas d'espace à la négociation. Il vend plutôt l'idée qu'elles gagneront «un service personnalisé à leurs habitudes de transport» au lieu d'être de simples arrêts sur un tracé pensé pour les extrêmes.

Plus près de Québec, un arrêt est aussi prévu à L'Ancienne-Lorette pour desservir l'aéroport, comme dans les plans du train à grande vitesse. 

«Nous, notre job, c'est de satisfaire les besoins de la population et on pense que l'aéroport international Jean-Lesage est là pour desservir la grande agglomération québécoise», explique le patron de VIA Rail, vantant une meilleure connexion entre les différents modes de transport. Il donne en exemple le succès connu à Toronto, où la société d'État vend le plus grand nombre de billets de navette à destination de l'aéroport Pearson. 

Gains de temps

Lundi, M. Desjardins-Siciliano faisait également ressortir les gains de temps attendus sur une voie réservée, sans partage des rails avec les trains de marchandises. À une vitesse constante de 110 kilomètres/heure, la distance entre Québec et Montréal pourrait ainsi être parcourue en 2 heures 10 minutes, soit une bonne demi-heure de moins qu'actuellement. 

Pour achever de convaincre les automobilistes de délaisser leur automobile pour le train, VIA Rail veut également augmenter la fréquence à une quinzaine de trains par jour dans chaque direction, soit 10 directs sur la Rive-Nord et 5 avec des arrêts sur la Rive-Sud. Si bien que le risque de manquer son départ ou son retour n'est plus perçu comme un obstacle par le voyageur. 

La perspective de profiter d'une voie strictement réservée au transport de passagers donne même l'idée au président de VIA Rail d'offrir des trains spéciaux lors d'événements d'envergure comme le Festival d'été de Québec. «C'est tout faisable quand tu contrôles ton environnement», dit-il.

Tout ça pour des prix comparables à ceux pratiqués actuellement. «L'idée n'est pas de changer la grille de prix, mais d'augmenter l'accessibilité» et l'achalandage par conséquent, martèle M. Desjardins-Siciliano. Au point où le corridor Québec-Windsor pourrait s'autofinancer et permettre le développement du reste du réseau alors qu'il faut des subventions de plus de 200 millions $ annuellement pour boucler le budget.

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Le président et chef de la direction de VIA Rail Canada, Yves Desjardins-Siciliano, était à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, lundi, pour parler du projet d'avenir de 4 milliards $ de la société d'État.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Yves Desjardins-Siciliano sur...

Le contexte politique

«Si on ne le fait pas là, je ne vois pas quand on va le faire», lance Yves Desjardins-Siciliano lorsque questionné sur les chances de réussite du TGF. Selon lui, le contexte politique est très favorable avec le parti pris du nouveau gouvernement fédéral pour le transport collectif et les cibles environnementales ambitieuses du Canada. Il dénote aussi un intérêt de la population pour le train, dans un contexte où la congestion routière ne peut qu'augmenter. Quant aux pressions faites par la région de Québec pour être dans le projet, il les voit très positivement. «On aime ça être populaire. Vaut mieux ça que l'inverse, le pas dans ma cour. C'est dans l'air du temps : les Québécois veulent un réseau de transport plus efficace pour rentrer et sortir de Québec et se relier au reste de la province», analyse-t-il. 

La Gaspésie

Le président de VIA Rail se dit disposé à retourner en Gaspésie à condition que la voie ferrée soit remise dans un état sécuritaire et que les trains puissent rouler «à pleine vitesse». «Nous, on cherche vraiment à être de service. En même temps, il faut respecter qu'on gère des fonds publics, donc on ne peut pas les utiliser pour desservir 12 personnes», plaide M. Desjardins-Siciliano. Avec l'amélioration du service dans le corridor Québec-Windsor, il croit que la Gaspésie, «un des plus beaux paysages du Canada», pourrait bénéficier d'un achalandage accru, surtout en été et pendant la saison des croisières. Les profits dégagés en milieu urbain pourraient également être réinvestis dans des secteurs plus éloignés «dans l'attente que les marchés se matérialisent, à Gaspé ou ailleurs au Canada».

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