Les limos des ministres, nouvelle cible des taxis

Les chauffeurs de taxi et les limousines des... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les chauffeurs de taxi et les limousines des membres du cabinet Couillard se croiseront dès mardi dans la rue des Parlementaires.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Dès mardi et jusqu'à la mise au pas d'Uber, les ministres du gouvernement québécois auront des taxis dans les pattes chaque fois qu'ils se pointeront au parlement à Québec. Les chauffeurs de taxi ont obtenu le droit de manifester dans la rue des Parlementaires, où stationnent les limousines des membres du cabinet Couillard.

Après quelques manifestations disparates de l'industrie, le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) a décidé d'être systématique dans son approche pour réclamer une législation plus mordante sur le transport rémunéré de personnes. «On veut s'assurer que le projet de loi [attendu depuis la fin mars] va passer», insiste Abdallah Homsy, président du RITQ.

Entre 6h et 18h tous les jours de travail parlementaire - donc les mardis, mercredis et jeudis -, les chauffeurs démontreront leur impatience et leur colère aux parlementaires dans des endroits qui leur sont familiers.

La rue des Parlementaires, où les manifestations quotidiennes auront lieu, jouxte l'édifice H, qui abrite le bureau du premier ministre. Cette rue courte et étroite mène également à la porte arrière de l'hôtel du parlement, par où circulent les ministres. Les limousines y demeurent d'ailleurs garées en attendant le retour du patron.

Lors de leurs allées et venues dans la capitale, les élus seront donc constamment soumis aux revendications des chauffeurs de taxi, qui veulent que la multinationale Uber soit astreinte aux mêmes contrôles que leur industrie centenaire. «Le but, c'est qu'ils se souviennent qu'on est là pis que c'est à cette session parlementaire qu'il faut que ça se passe», a expliqué lundi M. Homsy.

Ses membres auront des pancartes prévenant le gouvernement que «le compte à rebours est commencé». En vertu des règles parlementaires, un projet de loi doit être déposé au plus tard le 12 mai pour une adoption avant le congé estival. «Ça donne 23 jours» à partir de mardi, a calculé le président du RITQ.

Rue des Parlementaires, les voitures de taxi côtoieront également les limousines pour maximiser l'effet. «Le véhicule, c'est notre emblème», justifie M. Homsy. 

L'autorisation obtenue de la police de Québec, renouvelable chaque jour, prévoit que les chauffeurs demeurent à proximité de leurs véhicules afin de les déplacer rapidement en cas d'urgence. 

Ce dernier assure que la clientèle ne ressentira pas les effets de ce nouveau moyen de pression. Le service continuera d'être offert normalement partout à Québec. Rien à voir avec la manifestation du vendredi 8 avril, que le RITQ n'appuyait pas, ayant privé plusieurs clients d'un transport autour de l'aéroport de Québec. «On veut forcer le gouvernement à nous voir sans déranger tout le monde», souligne M. Homsy. 

Après la précédente sortie des chauffeurs de taxi et encore en fin de semaine, après l'agression présumée d'un chauffeur d'Uber à Québec, le ministre des Transports a répété que la rédaction du projet de loi suivait son cours, mais que la tâche était fort complexe. Jacques Daoust a ajouté «quelques semaines» à l'échéancier initial.

Daoust ne «fléchira pas»

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, ne semble pas impressionné par la volonté des chauffeurs de taxi de retenir leurs taxes et impôts tant qu'un projet de loi sur Uber n'est pas déposé. «Nous n'entendons pas fléchir devant ce type de menace, a indiqué l'attachée de presse du ministre, Mélissa Turgeon. Notre volonté demeure de déposer un projet de loi le plus rapidement possible.» Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, qui regroupe près de 80 % des titulaires de permis, exige que Québec adopte avant l'été une loi pour encadrer le service de transport Uber, dont il juge la concurrence déloyale. Le comité estime que de retenir les taxes et impôts des chauffeurs priverait le trésor québécois de revenus de 10 millions $ par mois. 

Avec Simon Boivin

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