Les contrôleurs routiers sortent de l'ombre

Au cours de la dernière année, Claude Maltais, capitaine... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Au cours de la dernière année, Claude Maltais, capitaine par intérim du poste de la Capitale-Nationale, a constaté que le rôle des contrôleurs routiers était méconnu du grand public.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québecles) «Qui êtes-vous?» Cette question, les contrôleurs routiers l'ont entendue à plusieurs reprises dans la dernière année alors qu'ils se sont mis à intercepter, même à saisir la voiture de monsieur Tout-le-monde faisant du transport illégal sous le chapeau d'Uber. Faisons donc les présentations.

Depuis février 2015, les contrôleurs routiers ont distribué plus de 500 constats d'infraction et procédé à 364 saisies de véhicules en lien avec Uber, en plus d'enquêter sur des centaines de dénonciations. 

On pourrait presque parler d'un virage «grand public» pour ces agents de la paix chargés de la surveillance et du contrôle du transport routier de biens et de personnes, habitués de traiter surtout avec les professionnels du domaine, qu'ils soient camionneurs, chauffeurs d'autobus ou de taxi. Les propriétaires de véhicules lourds et les mécaniciens les connaissent bien aussi. 

Les chauffeurs d'Uber se sont ajoutés à la liste en février 2015, quand la multinationale a décidé d'offrir ses services en dehors de Montréal. 

Le territoire de la métropole est surveillé par le Bureau du taxi de Montréal. Contrôle routier Québec, agence autonome rattachée à la Société de l'assurance automobile du Québec, s'occupe du reste du Québec. 

Pour plusieurs citoyens, c'est une découverte. «Les gens nous demandent : "Qu'est-ce que j'ai fait?" Et aussi : "Qui êtes-vous?" Surtout : "Qui êtes-vous?"» raconte Claude Maltais, capitaine par intérim du poste de la Capitale-Nationale. 

Uniforme, veste pare-balles, bâton télescopique, poivre de Cayenne, menottes, voitures équipées de gyrophares... Les contrôleurs routiers font penser à des policiers, mais n'en sont pas. Ils ont toutefois plusieurs pouvoirs en commun, qui leur sont conférés par les lois du transport, le Code la sécurité routière et même le Code criminel. Ils ont le droit de donner des constats d'infraction, de retirer des véhicules de la route, même de passer les menottes s'il y a résistance ou raison de croire qu'un crime a été commis.

Cibler les contrevenants 

L'arrivée d'Uber en sol québécois a obligé les contrôleurs routiers à porter plus d'attention au transport illégal de personnes. «Ça a toujours existé, mais pas avec cette ampleur-là», souligne M. Maltais. Les agents travaillaient surtout à partir de dénonciations. Maintenant, ils lancent des opérations et doivent d'ailleurs user d'imagination pour piéger les contrevenants, qui se savent traqués. 

Ils ne sont pas plus nombreux pour autant. Dans la Capitale-Nationale, il y a 24 contrôleurs, y compris les lieutenants et les capitaines qui assument des tâches de supervision. Le territoire va de Grondines à l'ouest à Baie-Sainte-Catherine à l'est et inclut une partie de la réserve faunique des Laurentides au nord. Ils sont autant dans la Chaudière-Appalaches. 

À l'échelle de la province, il y a entre 250 et 300 contrôleurs routiers. Les effectifs sont stables depuis la fin des années 90. Leur nombre avait alors été augmenté après le terrible accident d'autobus aux Éboulements, dans Charlevoix. 

Répondant aux critiques des chauffeurs d'Uber, qui estiment être un moindre mal sur les routes du Québec comparativement aux véhicules lourds mal entretenus, M. Maltais assure que la lutte contre le transport illégal ne se fait pas au détriment d'autres activités de surveillance et qu'elle améliore la sécurité routière. 

Actuellement, les contrôleurs routiers font face à plusieurs cas de récidive. Certains représentants d'Uber se sont fait saisir leur véhicule deux, trois, même cinq ou six fois. «Ce sont des gens qui ont un challenge à rester là-dedans», conclut Éric Santerre, porte-parole de Contrôle routier Québec. 

D'autres, par contre, se sont éclipsés après la première saisie. Il faut dire que l'expérience n'est pas des plus agréables. Immobilisés en bordure de la voie publique, les contrevenants voient leur véhicule remorqué sur-le-champ et doivent trouver le moyen de retourner à la maison. «T'as l'air fou», résume M. Santerre. 

N'empêche, plusieurs chauffeurs d'Uber nous ont dit que les relations avec les agents de la paix étaient cordiales. Une seule fois, à Québec, l'un d'entre eux a refusé de s'identifier et s'est fait passer les menottes. 

Enfin, les contrôleurs routiers ont maintes fois démontré qu'ils n'étaient pas influencés par la joute politique. Le jour même où le ministre des Transports, Jacques Daoust, annonçait la tenue d'une commission parlementaire et son intention de libéraliser le marché du taxi, ils procédaient à des saisies. 

Cela s'est poursuivi jusqu'au dernier jour des audiences publiques et même encore aujourd'hui. «Nous autres, tant que la loi ne sera pas modifiée, on ne change pas» le rythme et les méthodes d'intervention, confirme le capitaine Maltais.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer