Uber: les chauffeurs de taxi de Québec chargent Couillard

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Dans un communiqué publié lundi, le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec se demande si la sympathie de l'entourage du premier ministre à l'endroit d'Uber est «un retour d'ascenseur envers des lobbyistes liés au parti au pouvoir».

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) «Enlevons les gants blancs et disons la vérité : il y a quelque chose qui cloche» au cabinet de Philippe Couillard en ce qui concerne la saga d'Uber, dénonce Abdallah Homsy, président de Taxis Coop.

Les chauffeurs de taxi de Québec se livrent ainsi à une attaque en règle contre le premier ministre, qu'ils accusent d'avoir pipé les dés au profit d'Uber.

«On fait des commissions parlementaires, et après les commissions parlementaires, le bureau du premier ministre dit : "Je suis pas d'accord". Mais pourquoi vous ne vous êtes pas présenté à la commission parlementaire?» s'insurge M. Homsy, qui est également porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), représentant 95 % de l'industrie du taxi à Québec. «Comment ça se fait que le bureau du premier ministre, c'est lui qui bloque? Normalement, c'est le dossier du ministère des Transports.»

À ce propos, La Presse faisait état vendredi d'un désaccord entre Philippe Couillard et le ministre des Transports, Jacques Daoust, à propos de l'avenir d'Uber. Un différend qui n'est pas sans rappeler celui de M. Couillard et de Robert Poëti, lorsque ce dernier était ministre des Transports.

Dans le coin droit, le premier ministre Couillard croit qu'il est impossible de stopper complètement ce mouvement basé sur l'économie du partage, et semble, selon La Presse, vouloir défendre les chauffeurs occasionnels d'Uber.

Dans le coin gauche, le ministre Daoust envisageait, il y a à peine un mois, d'imposer de lourdes amendes ou de suspendre le permis de conduire des délinquants récidivistes d'Uber. «Éventuellement, s'il faut qu'on aille là, on ira. Uber ne peut pas remplacer le permis de conduire. Ils peuvent rembourser l'amende, mais ils ne peuvent pas remplacer le permis de conduire», avait-il laissé tomber à l'époque.

Un juge de la Cour du Québec a récemment donné raison à M. Daoust lorsqu'il a refusé de remettre le véhicule à quatre chauffeurs récidivistes d'Uber, estimant que les amendes imposées étaient «insuffisantes».

«Qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Plus qu'être de bonne foi, plus que se présenter démocratiquement [à la commission parlementaire]?» demande Abdallah Homsy. «On ne comprend plus rien. Il n'y a pas de démocratie. Ils ne veulent pas de démocratie, parce qu'ils ont une idée déjà faite. C'est tout ce qu'on comprend. Si c'est ça, regardez ça va être quoi la réponse des chauffeurs de taxi!»

Transparence mise en doute

Dans un communiqué de presse publié lundi, le RITQ met en doute la transparence de certains membres du gouvernement à l'égard d'Uber. «La sympathie de l'entourage du premier ministre à l'endroit de la multinationale délinquante, telle que rapportée dans les médias au cours des derniers jours, est-elle un retour d'ascenseur envers des lobbyistes liés au parti au pouvoir? Sinon, comment l'expliquer?» demande le porte-parole du RITQ.

Le communiqué fait notamment mention des lobbyistes pour Uber Canada François Crête, ex-chef de cabinet de la ministre Line Beauchamp, et Geneviève Benoit, ancienne coordonnatrice aux communications de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ).

M. Homsy mentionne à ce propos que la première déclaration «ambiguë» du premier ministre Couillard à propos de l'économie de partage a eu lieu à la Commission jeunesse du PLQ il y a un an. «Est-ce que tout ça, c'est relié? On aimerait juste avoir des réponses.»

«Notre question ne remet aucunement en question l'intégrité de la personne du premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, ni de son parti», mentionne par ailleurs M. Homsy par voie de communiqué. «Toutefois, force est de constater que les lobbyistes liés au PLQ toucheront une rémunération importante de la part d'une entreprise délinquante qui pourrait être favorisée par ce gouvernement.»

Pas de loi «à moins d'un miracle de Pâques»

Un projet de loi sur l'industrie du transport rémunéré devait être déposé par le ministre des Transports, Jacques Daoust, avant la fin du mois de mars. Il semble aujourd'hui bien peu probable - «à moins d'un miracle de Pâques», a laissé entendre Abdallah Homsy, président de Taxis Coop - que ledit projet de loi soit déposé dans les délais prévus. Un retard que déplore M. Homsy. «Pourquoi on l'a retardé, alors qu'on a donné notre parole? Pourquoi c'est toujours dans le dossier d'Uber que le bureau du premier ministre se mêle le plus? On écoute les nouvelles, il y a des plus gros dossiers que ça qui sont en train de se régler, sans aucune intervention dans les médias.» Il mentionne d'ailleurs qu'un «ultimatum» a été lancé au ministère par l'industrie du taxi afin que le projet de loi soit déposé avant le 15 avril.

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