Le fond du baril pour Orléans Express

L'achalandage d'Orléans Express a augmenté en février, après... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

L'achalandage d'Orléans Express a augmenté en février, après la mise en fonction du nouveau site Web et de l'application mobile qui permettent d'acheter facilement des billets et de bénéficier de rabais pour certains départs, mais seulement sur le trajet protégé Québec-Montréal

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Après des années de baisse de clientèle et de déficits d'opération, il y a des signes voulant qu'Orléans Express aurait atteint le fond du baril.

Pour la première fois depuis le début de 2012, l'achalandage a augmenté en février à la faveur de l'adoption d'une nouvelle plate-forme de commerce électronique et de rabais sur la ligne Québec-Montréal. Le retour à la rentabilité est prévu pour 2017, mais il n'est pas question d'ajouter des bus en région pour autant. 

Les dirigeants d'Orléans Express ont témoigné devant la Commission des transports du Québec (CTQ), lundi. Ils ont fait le bilan des changements apportés aux parcours et aux horaires dans les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et du Centre-du-Québec. 

Dans sa présentation, le président et chef des opérations de Keolis Canada et d'Orléans Express  - la première chapeaute la seconde - a révélé quelques données financières. Patrick Gilloux a notamment confirmé que la compagnie écrivait toujours ses états financiers à l'encre rouge, malgré une réduction de 26 % du nombre de kilomètres parcourus. 

Le déficit d'opération en 2015 a été de 3,6 millions $, soit 10 000 $ par jour. «Ce n'est pas glorieux», a admis le redresseur de Keolis, mais une amélioration par rapport au trou record de l'année précédente, terminée avec un déficit de 5,2 millions $, soit 15 000 $ par jour. Le retour à la rentabilité ne semble pas possible cette année, mais il est anticipé pour 2017. 

«Effet médiatique» 

Sans donner de chiffres précis, M. Gilloux a également présenté un graphique montrant l'évolution de la clientèle. Une cassure apparaît dès octobre 2014 dans une courbe déjà descendante. Cela correspond au moment où la diminution de services a été confirmée. «Les usagers ont considéré que le service n'existait plus», a résumé le grand patron d'Orléans Express, parlant d'un «effet médiatique». 

Après la réduction effective des fréquences et des arrêts, le 18 janvier 2015, la baisse s'est poursuivie tout au long de l'année. Mais comme il y avait moins de bus sur la route, le taux d'occupation des véhicules a tout de même augmenté, sauf dans la région du Centre-du-Québec, où rien ne semble vouloir freiner la chute. 

M. Gilloux a indiqué aux journalistes que, pour la première fois, l'achalandage avait rebondi en février, après la mise en fonction du nouveau site Web et de l'application mobile qui permettent d'acheter facilement des billets et de bénéficier de rabais pour certains départs, mais seulement sur le trajet protégé Québec-Montréal. 

Tout cela fait dire au président d'Orléans qu'il n'est «pas possible au stade actuel de faire plus avec les moyens qu'[ils ont] aujourd'hui». De petits changements sont tout de même prévus en 2016 en Gaspésie. Un arrêt sera également ajouté à Saint-Jean-Port-Joli et les heures de départ seront révisées dans le Centre-du-Québec.

Service «en bas du minimum» en Gaspésie

La Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (RÉGÎM) considère que le service offert en Gaspésie par Orléans Express est «en bas du minimum» et qu'il faudrait à tout le moins rajouter des arrêts à Percé et à New Richmond pour obtenir la note de passage. 

Depuis janvier 2015, le service est limité à un aller et un retour par jour et à une quinzaine d'arrêts dans toute la péninsule gaspésienne. 

Malgré le ton positif adopté par Orléans devant la Commission des transports, «il reste hors de tout doute qu'en 2016, le service de transport par autobus qui est offert est moins efficace, moins disponible, moins apprécié», a insisté le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.   

«Inconfort» pour les visiteurs

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, qui est aussi président de la RÉGÎM, a déploré que «l'icône touristique» de la Gaspésie - Percé et son rocher - ne soit desservie que par la navette régionale, ce qui entraîne des délais et de «l'inconfort» pour les visiteurs. Il croit que le transporteur principal devrait être forcé de reprendre ce service et aussi de desservir la Baie des Chaleurs avec un arrêt à New Richmond. 

Orléans Express a rejeté lundi la possibilité de financer tout ajout de service. «On peut faire mieux pour la Gaspésie, oui, mais nous ne le ferons pas tout seuls», a prévenu le président Patrick Gilloux. 

Ce dernier a tout de même balayé la possibilité évoquée précédemment de cesser toute desserte à l'est de Rimouski. «La Gaspésie, nous y sommes et nous voulons y rester», a-t-il assuré. 

Quelques améliorations ont été évoquées, notamment l'intégration des services de la RÉGÎM à la nouvelle plate-forme technologique d'Orléans Express et une réflexion sur l'heure de départ du bus de Montréal vers Gaspé, qui roule de nuit. 

Amigo Express et Uber, même combat

Orléans Express a profité de son passage devant la Commission des transports pour critiquer sévèrement les services de covoiturage interurbain. Son président est particulièrement irrité qu'Amigo Express se targue d'offrir chaque semaine 25 000 places de transport interurbain au Canada, soit l'équivalent de 500 autobus. «L'autobus est clairement ciblé comme celui qui est le concurrent du covoiturage et chez qui il faut aller chercher la clientèle», a ragé Patrick Gilloux. Celui-ci a démontré facilement que des conducteurs multipliaient les voyages sur le trajet Québec-Montréal avec leur voiture personnelle pour gagner leur vie. Cela sans nécessairement payer de taxes ni d'impôts ou suivre des règles de sécurité. «La concurrence, c'est une concurrence en dehors de la réglementation», a insisté l'avocat d'Orléans, David Blair, établissant un parallèle avec Uber.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer