L'attente aura un prix à l'aéroport

L'aéroport international Jean-Lesage évalue de 2 à 3... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

L'aéroport international Jean-Lesage évalue de 2 à 3 millions de dollars les coûts de réaménagement de sa zone de taxis.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'aéroport de Québec veut refiler aux taxis, ou alors à leurs clients, les dépenses qui lui incombent pour offrir ce service de transport essentiel.

L'objectif apparaît dans le mémoire de l'aéroport international Jean-Lesage présenté à la commission parlementaire des transports, qui se penchait la semaine dernière sur l'avenir de l'industrie du taxi.

«On prévoit que, dans le cadre du programme d'expansion actuel, il nous faudra relocaliser le bassin d'attente des taxis à un coût qui pourrait être de l'ordre de 2 à 3 millions de dollars. YQB est l'un des seuls aéroports au Canada à ne pas s'être doté d'un système de tarification lui permettant de récupérer ses investissements relatifs au service de taxi. Ceci est appelé à changer et nous sommes en discussion présentement, tant avec l'industrie qu'avec les autorités réglementaires, pour implanter un tel système au cours des prochains mois», peut-on lire.

En plus de rafraîchir les infrastructures destinées au taxi, l'aéroport a également créé un service de répartition il y a un peu plus d'un an. Présents 20 heures sur 24 à l'aéroport, les répartiteurs ont pour tâche d'arrimer l'offre et la demande de taxis, notamment le soir, la nuit et les fins de semaine.

Le vice-président Marketing et développement d'Aéroport de Québec, Bernard Thiboutot, a expliqué aux parlementaires le rôle du sous-traitant embauché à cette fin, qui travaille aussi pour Aéroports de Montréal. «À l'avance, il sait quels avions arrivent et à peu près quel ratio de passagers prennent le taxi. Il demande aux services de répartition des intermédiaires du taxi d'envoyer des véhicules pour assurer qu'on puisse répondre à la demande.»

Le directeur des communications d'Aéroport de Québec inc., Mathieu Claise, ne peut préciser quelle somme la société à but non lucratif veut récupérer au total. «On n'en est pas là, dit-il. On regarde comment l'industrie évolue», ajoute-t-il, faisant référence aux changements législatifs annoncés par le gouvernement provincial.

L'aéroport ne veut pas élaborer non plus sur le système de tarification qu'elle compte mettre en place. «Il n'y a aucune décision prise», insiste M. Claise.

Courses plus chères

Selon nos informations, provenant de plusieurs sources, l'aéroport étudie la possibilité de récupérer quelques dollars par course de taxi directement auprès des clients. Le nombre de prises en charge à l'aéroport est estimé à 140 000 par année.

La surcharge serait incluse automatiquement dans le prix qui apparaît au taximètre ou ajoutée à la tarification forfaitaire établie par la Commission des transports du Québec pour la desserte de l'aérogare. Cette tarification est actuellement de 34,25 $ à destination du centre-ville de Québec et de 15 $ pour le secteur de Sainte-Foy.

Il faudrait alors trouver un mécanisme pour que les chauffeurs de taxi, qui perçoivent le total du paiement, remboursent l'aéroport a posteriori comme ils remboursent les taxes aux gouvernements. Cela ne s'est jamais vu ailleurs au Québec.

À Montréal, un système de loterie existe depuis longtemps. Tous les taxis peuvent déposer des gens, mais il faut un permis pour faire la file sur les lieux en attente de nouveaux clients.

Chaque été, les taxis intéressés à desservir l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau doivent donc s'inscrire : il y en a eu plus de 4000 en juillet. Un tirage au sort supervisé par une firme comptable a lieu quelques semaines plus tard et 310 «chanceux» sont sélectionnés. Ils doivent débourser 3600 $ plus taxes par année pour travailler à l'aéroport. La procédure est la même pour 75 limousines (6000 $/an) et 15 taxis adaptés (4000 $/an).

L'exercice rapporte environ 1,6 million $ par année à Aéroports de Montréal. Sa porte-parole, Marie-Claude Desgagnés, refuse de confirmer un montant global, mais souligne toutefois que l'organisation est toujours déficitaire. Les frais encourus pour le déneigement, l'entretien des bassins de taxi et l'encadrement du service excèdent les revenus.

Mme Desgagnés précise que la contribution exigée des chauffeurs de taxi équivaut à environ 1 $ par voyage alors que les autres aéroports canadiens récupèrent environ 2,50 $ par voyage.

Cette formule semble toutefois difficile à appliquer et pas assez lucrative pour Québec puisqu'on compte seulement 600 propriétaires de permis de taxi dans la région, lesquels ne sont pas tous intéressés à desservir l'aéroport.

Le président du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, a été informé des intentions de l'aéroport à l'automne, mais refuse d'entrer dans les détails de ce qui s'est discuté. Il révèle cependant avoir plaidé pour un report des discussions sur ce sujet en raison de «la situation chaotique» de l'industrie du taxi, qui vit une baisse de revenus et la concurrence d'Uber. M. Homsy entend sonder les propriétaires et les chauffeurs de taxi pour connaître leur opinion prochainement.

Daoust défend les taxis

En commission parlementaire, mercredi, le ministre des Transports Jacques Daoust s'est porté à la défense des chauffeurs. «Celui qui a pas beaucoup d'argent dans tout ça, c'est celui qui amène le client alors que celui qui prend l'avion, il prend un billet à 200, 300, 500 dollars. Peut-être que le 2 ou 3 $, il va le prendre quand même. Je comprends pas pourquoi on taxe le chauffeur de taxi», a-t-il lancé aux dirigeants de l'aéroport de Québec.

Lointaine navette

L'idée d'une navette qui permettrait de transporter les voyageurs du centre-ville vers l'aéroport et vice versa revient périodiquement sur le tapis dans la région de Québec. Mais pour le moment, il n'y a pas de projet concret en gestation.

Devant les parlementaires, le vice-président marketing d'Aéroport de Québec inc. a indiqué que l'organisation maintient le contact avec le Réseau de transport de la Capitale (RTC), qui repensera graduellement son réseau pour l'arrimer au futur Service rapide par bus (SRB). Elle garde aussi un oeil sur le réaménagement de la tête des ponts et la transformation de l'entrée de la ville avec la construction du gratte-ciel Le Phare.

«On attend de voir comment ces pôles-là vont se développer avant de savoir quel genre de service pourrait être offert à partir de l'aéroport de Québec. Mais c'est certain que dans toute ville qui se respecte, le transport en commun vient aussi offrir un service moins cher pour les passagers», a admis Bernard Thiboutot. En l'absence de navettes, l'automobile reste le seul moyen d'aller et venir à l'aéroport actuellement.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer