Centre de prédédouanement: le nom de Québec pourrait retentir à Washington

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L'aéroport international Jean-Lesage

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(Québec) L'aéroport de Québec pourrait obtenir ces jours-ci son centre de prédédouanement américain, dans le contexte glamour de la visite du premier ministre canadien à la Maison-Blanche.

C'est l'avis de Raymond Chrétien, ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis, que le gouvernement du Québec a embauché comme négociateur en vue de l'obtention de centres de prédédouanement américains à l'aéroport international Jean-Lesage et à la gare centrale de Montréal. 

En entrevue téléphonique au Soleil, mercredi, M. Chrétien s'est montré confiant de voir le sujet du prédédouanement discuté personnellement par Justin Trudeau et le président américain Barack Obama, ou sinon leurs ministres et hauts fonctionnaires respectifs. Tout ce beau monde cherche à augmenter la fluidité des frontières de façon sécuritaire. Des projets spécifiques pourraient être cités. 

«J'ai bon espoir qu'ils pourraient désigner l'aéroport Jean-Lesage de Québec comme l'une des nouvelles zones de prédédouanement éventuelles entre les deux pays. Ce qui serait une excellente nouvelle pour la ville de Québec», lance M. Chrétien au bout du fil. 

Selon lui, le dossier de Québec est solide. «L'équipe de Québec a fait un travail formidable», affirme le négociateur, applaudissant à la fois la qualité de la présentation et la «volonté d'aller de l'avant». De l'autre côté, les Américains ont eu «une bonne réaction» devant la candidature de la capitale québécoise. 

«Cette visite, elle tombe à point. Il n'y a rien de mieux pour faire avancer un dossier que quand les deux grands bonzes, les deux chefs de gouvernement décident que ça vaut la peine», souligne M. Chrétien, qui représente le gouvernement provincial depuis octobre.

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Raymond Chrétien

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Concurrence torontoise

Quant à la concurrence avec l'aéroport Billy-Bishop, à Toronto, qui veut aussi son centre de prédédouanement, l'ex-ambassadeur la minimise. «Vis-à-vis des Américains, il ne faut jamais aller en ordre dispersé, il faut se mettre d'accord entre nous. Il faut que le gouvernement canadien décide quelle zone de prédédouanement il va appuyer», dit-il, sans mettre de pression sur les libéraux. «Ce sont des hommes intelligents, politiquement astucieux, ils vont peut-être vouloir s'assurer que les deux provinces les plus importantes au niveau de la population soient contentes», avance M. Chrétien. 

Même si de nouveaux centres de prédédouanement sont confirmés prochainement, le travail ne sera pas fini pour autant, prévient le négociateur québécois. Les gouvernements américain et canadien devront adopter chacun de leur côté des lois pour ratifier l'entente. Déjà, un pas a été franchi la semaine dernière aux États-Unis avec le dépôt d'un projet de loi assujettissant les employés des douanes américaines aux lois des États-Unis, même quand ils sont postés au Canada. 

De la même façon, il faudra rediscuter du port d'armes, du pouvoir d'arrestation et de plein d'autres détails opérationnels, souligne M. Chrétien. 

Le partage des coûts doit aussi être revu. Actuellement, les neuf centres de prédédouanement américains installés dans des aéroports canadiens ont été construits et équipés aux frais des hôtes. Cela risque peu de changer et l'aéroport de Québec a réservé au moins 30 millions $ à cette fin. Le nouveau bâtiment serait contigu à l'agrandissement en cours du côté des arrivées internationales. 

Mais les frais d'exploitation, notamment les salaires et les frais de séjour des douaniers, seront à rediscuter. «La vie a changé, ça coûte cher, tout ça», note M. Chrétien, qui s'attend à un modèle de partage uniformisé pour tous les pays où les États-Unis font du prédédouanement. 

Il faudra aussi inventer une formule pour les gares et peut-être même les ports qui pourraient désormais faire partie du système. 

En fin d'entrevue, Raymond Chrétien rappelle qu'il n'est pas partie prenante des discussions des prochaines heures à Washington et qu'il reste toujours une part d'imprévu dans ces rencontres bilatérales. La désignation de l'aéroport de Québec reste donc à confirmer. «C'est du domaine du possible, du probable, mais pas du certain», résume-t-il. 

Dans un centre de prédédouanement, les passagers franchissent les douanes américaines au départ plutôt qu'à l'arrivée ou en escale, ce qui leur fait épargner du temps. Une fois aux États-Unis, ils peuvent aussitôt récupérer leurs bagages ou prendre une correspondance sans autre embêtement. Pour les compagnies aériennes, c'est aussi un avantage, car elles peuvent se rendre dans des aéroports américains sans douanes et raccourcir le temps de transit entre deux vols.

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