Bombardier: les demandes de Legault resteront lettre morte

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Au terme d'une rencontre avec le président et chef de la direction de Bombardier, François Legault continue de croire que l'investissement du gouvernement québécois dans la CSeries est trop risqué.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

La demande du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de renégocier les conditions de l'investissement du gouvernement québécois dans la CSeries de Bombardier demeurera vraisemblablement lettre morte.

Au terme d'une rencontre vendredi avec le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, le chef caquiste a dit qu'il continue de croire que l'investissement du gouvernement québécois dans la CSeries est trop risqué.

Si le constructeur d'avions et de trains a demandé à rencontrer M. Legault, c'était principalement pour lui expliquer en détail le programme de son nouvel avion commercial.

«Je ne pense pas qu'il y ait une question de rouvrir quoi que ce soit», a par la suite expliqué un porte-parole de Bombardier, John Paul Macdonald, au cours d'un entretien téléphonique.

Dans la mire du Parti québécois (PQ) et de la CAQ depuis une semaine, Bombardier avait sollicité une rencontre avec les chefs des deux partis. Pierre Karl Péladeau devrait s'entretenir avec M. Bellemare la semaine prochaine.

Au terme d'une «bonne rencontre» d'environ 1h45 avec le président et chef de la direction du géant québécois, M. Legault avait un ton plus posé en s'adressant aux journalistes.

Néanmoins, il y a urgence de renégocier l'investissement de 1 milliard $US en incluant les partis d'opposition dans les discussions, puisque l'entente de principe actuelle est trop risquée pour les contribuables, estime M. Legault.

«Je pense qu'il y a une certaine urgence d'agir», a-t-il expliqué en point de presse, à Montréal, devant le siège social de l'entreprise, rappelant au passage que la première tranche de 500 millions $US n'avait pas encore été versée par Québec.

Trois garanties

M. Legault a soumis l'idée à M. Bellemare en exigeant trois garanties: le maintien du siège social au Québec, des planchers d'emplois dans la province ainsi qu'un soutien aux quelque 1800 ex-employés d'Aveos.

M. Legault reconnaît que ce dernier dossier ne concerne pas Bombardier, mais estime néanmoins que ces travailleurs ont été «sacrifiés» dans le cadre de la lettre d'entente signée par Air Canada pour une commande ferme 45 CS300 assortie d'options pour 30 autres avions.

«J'ai quand même dit à M. Bellemare qu'il n'était pas normal de laisser tomber les employés d'Aveos», a affirmé le chef caquiste.

Selon la version de M. Legault, le grand patron de Bombardier (TSX:BBD.B) aurait dit qu'il allait «réfléchir» aux demandes formulées. Le porte-parole de l'entreprise s'est toutefois montré plus tranchant, particulièrement en ce qui a trait au plancher d'emplois.

«Nous avons une force de main-d'oeuvre mondiale et nous sommes obligés de faire des ajustements de temps en temps, a dit M. Macdonald. Aucune entreprise ne peut avoir les mains liées en matière de plancher d'emplois.»

Celui-ci a expliqué que Bombardier désirait rencontrer MM. Legault et Péladeau afin de bien leur expliquer la situation dans laquelle se trouve l'entreprise face à des concurrents comme Boeing et Airbus.

Selon M. Macdonald, les deux multinationales ne demandent «pas mieux» que de voir des débats corsés entourant les difficultés de l'entreprise québécoise.

«Ils prennent note de tout ce qui se passe et montrent cela à nos clients en disant «pourquoi voulez-vous acheter un avion de Bombardier si ça va mal?»», a-t-il dit.

Le plan de Republic Airways soulève des doutes sur les CSeries

Republic Airways Holding compte rationaliser ses activités en exploitant seulement une flotte d'avions Embraer, ce qui soulève d'autres questions à l'égard de sa commande d'appareils CSeries de Bombardier. 

Le plan de restructuration déposé par l'entreprise établie à Indianapolis prévoit entre autres l'exploitation d'une flotte uniquement composée d'appareils Embraer E170/R175, en plus de se départir plus rapidement de ses avions Q400 - ce qui ne devrait pas affecter négativement Bombardier, a précisé l'avionneur québécois.

Ces informations sont évoquées par le chef de la direction de Republic Airways Holding, Bryan Bedford, dans un document de 70 pages déposé devant une cour des faillites du district de l'État de New York.

Republic Airways Holdings et ses filiales se sont placées jeudi sous la protection du chapitre 11 de la Loi sur les faillites aux États-Unis. M. Bedford a expliqué que l'entreprise a tenté de redresser sa situation à la suite de pertes de revenus provoquées par une pénurie de pilotes.

La société évalue ses actifs à 3,56 milliards $US et ses dettes à 2,97 milliards $US.

Republic Airways est le seul client américain des CSeries, avec une commande ferme, placée en 2010, pour 40 CS300 assortie d'options pour 40 autres avions.  La Presse Canadienne

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