Le RTC refuse de laisser les passagers monter par l'arrière

Alors que Montréal s'apprête à tester au printemps... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Alors que Montréal s'apprête à tester au printemps la montée par la porte arrière de ses autobus, le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, prétend que le comportement des gens de Québec rend impossible cette pratique pour l'instant.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Monter dans l'autobus par la porte d'en arrière pour accélérer le temps de parcours. La tendance est mondiale, et Montréal tentera l'expérience au printemps, mais Québec s'y refuse... pour le moment. «C'est une question de culture. On n'est pas rendus là», dit le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand.

Le sujet a été abordé par le représentant de Transport 2000, association provinciale des usagers du transport en commun, au dernier conseil d'administration du RTC, mercredi. Philippe Cousineau-Morin a fait référence au projet pilote que la Société de transport de Montréal (STM) a annoncé pour ce printemps.

Pendant quelques mois, sur une ligne achalandée qui reste à déterminer, les détenteurs d'un laissez-passer mensuel pourront utiliser la porte arrière pour monter dans le bus. Il n'y aura pas de validation de la carte Opus comme c'est le cas quand les passagers passent près du chauffeur. Le système temporaire sera basé sur l'honneur.

«On met Québec au défi de faire pareil», a lancé M. Cousineau-Morin, mercredi. Le président du RTC n'a pas relevé le défi. «Montréal, c'est pas Québec. Culturellement parlant sur l'utilisation du transport en commun, on est dans deux mondes complètement différents. À Montréal, ça fait la file, chacun respecte son rang. À Québec, on fait pas ça», a-t-il fait remarquer au Soleil.

M. Normand croit qu'«il reste de l'éducation à faire» pour faciliter la montée à bord avant de diriger les usagers vers la porte arrière. «On va prendre une thématique à la fois» pour faire évoluer les mentalités et améliorer l'expérience client, a-t-il insisté, donnant l'exemple de la campagne de sensibilisation sur les sacs à dos.

Le RTC permet tout de même exceptionnellement l'embarquement par toutes les portes des bus. En fin de soirée, lors du Festival d'été de Québec, des bornes de paiement sont installées à l'extérieur. Une fois qu'ils ont payé leur dû, les clients suivent un corridor qui les mène à l'autobus. Ils sont libres de monter par en avant ou par en arrière. Cela permet d'évacuer plus rapidement les sites très achalandés et d'accélérer le retour à la maison.

Le président du RTC ne se montre pas fermé à l'utilisation du système sur une base quotidienne. Selon lui, l'implantation d'un service rapide par bus (SRB) sera l'occasion de remettre en question les vieilles habitudes. «Mais on n'est pas encore là.»

Idéal pour les métrobus

Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, qui représente les usagers du transport en commun de Québec, admet les différences culturelles entre la capitale et la métropole, mais espère que Québec n'attendra pas le SRB, annoncé pour 2025, pour améliorer ses pratiques.

Selon M. Grandmont, la montée par en arrière serait tout indiquée sur les parcours Métrobus puisque les gains sont plus importants avec les bus articulés et sur les lignes à grande fréquence. «C'est une façon assez simple d'améliorer la vitesse des véhicules» et d'augmenter le confort à bord puisque les passagers sont mieux répartis à l'intérieur, souligne-t-il.

Il a effectivement été démontré que c'est à l'arrêt et non dans le trafic que les autobus urbains perdent le plus de temps. Quand les passagers peuvent entrer par plusieurs portes, cela permet d'économiser de précieuses secondes, qui deviennent des minutes, et donc de diminuer la durée totale du parcours.

Dans une publication datant de 2014, des chercheurs de l'Université McGill avaient étudié la faisabilité du all-door boarding pour la STM. Colin Stewart et Ahmed El-Geneidy avaient conclu, calculs à l'appui, que la technique pourrait permettre d'économiser jusqu'à 15 % du temps de parcours sur des parcours choisis.

En moyenne, la littérature scientifique consultée par les auteurs pointe des réductions pouvant aller jusqu'à 9,6 % pour les bus à deux portes et 13,3 % pour les bus articulés à trois portes. Il a également été prouvé que la distribution des places se faisait plus facilement et que les passagers en tiraient davantage de satisfaction.

Il faut toutefois un système de perception adapté. Le contrôle peut être fait aux arrêts, avec zones sécurisées, ou en entrant grâce à une borne électronique ou un bon vieux poinçon. Il y a toujours un enjeu de fraude, mais les méthodes de perception modernes tendent à la diminuer.

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