Récolter de l'argent est l'objectif des radars photo, selon un chercheur

Selon le chercheur Pierre Desrochers, l'amélioration constante du... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Selon le chercheur Pierre Desrochers, l'amélioration constante du bilan routier au Canada depuis les années 70 n'est pas attribuable à la répression de la vitesse, mais à la sophistication des véhicules routiers ainsi qu'à des routes mieux pensées et mieux entretenues.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La multiplication des radars photo ne sert pas tant la cause de la sécurité routière que celle des gouvernements à la recherche de nouveaux revenus, conclut un professeur de l'Université de Toronto, collaborateur d'un think tank conservateur. Et encore, les profits sont loin d'être mirobolants.

Pierre Desrochers est professeur de géographie à l'Université de Toronto. Il s'est fait connaître dans les médias québécois grâce à un bouquin publié en 2012, The Locavore's Dilemma: in Praise of the 10 000 Miles Diet, où il démontait un à un les arguments des partisans de l'achat local. 

Dans son dernier rapport produit pour le Frontier Center for Public Policy à la fin de l'année 2015, l'universitaire s'attaque maintenant à l'argumentaire politique selon lequel les radars photo aident à combattre les comportements dangereux au volant et contribuent donc à la sécurité du public. 

Selon lui, l'amélioration constante du bilan routier au Canada depuis les années 70 n'est pas attribuable à la répression de la vitesse, mais à la sophistication des véhicules routiers ainsi qu'à des routes mieux pensées et mieux entretenues. Il fait ressortir que des études à grande échelle aux États-Unis n'ont pas trouvé de lien évident entre l'apparition des cinémomètres et la baisse de mortalité. 

«Les politiciens nous disent toujours que c'est pour la sécurité, c'est pour les zones scolaires, c'est pour le bienfait des piétons et des automobilistes. Alors que dans les faits, il ne faut pas se conter d'histoires, les radars photo, ça peut amener des revenus intéressants», lance M. Desrochers en entrevue téléphonique. 

Ce dernier fait d'ailleurs ressortir que les gouvernements ayant adopté les nouvelles technologies de contrôle de la vitesse ont presque toujours des finances publiques précaires. Dans ce contexte, dit-il, le «ticketing» apparaît comme une «taxe indirecte» plus facile à «faire avaler», car le citoyen ordinaire ne se sent pas visé jusqu'au jour où il se fait prendre. 

Quant aux promesses de réinvestir les profits dans les infrastructures routières ou la sécurité publique, elles sont rarement tenues selon le professeur. Pour deux raisons : les frais d'exploitation sont plus élevés qu'anticipé tandis que les revenus ne peuvent qu'aller en diminuant. 

«Ce qu'on voit aux États-Unis et ailleurs dans le monde, c'est que les gens s'adaptent, ils finissent par savoir où sont les radars photo» et lèvent tout simplement le pied quand ils passent devant, a-t-il constaté en faisant une revue de la littérature scientifique sur le sujet. Si bien que les profits doivent être réinvestis dans d'autres appareils pour soutenir le système. Ou alors il faut augmenter le prix des amendes. 

S'il refuse de parler du cas spécifique du Québec, car il ne l'a pas étudié de près, M. Desrochers a glissé dans son rapport un tableau comparatif révélant que les amendes pour excès de vitesse y sont parmi les plus basses au pays, sauf en zone de travaux routiers où les montants sont doublés.

Profits pour achats

On sait aussi que les profits de la première phase de déploiement ont été engloutis dans l'achat de 37 nouveaux radars photo qui, eux, devraient dégager des profits, lesquels doivent être réinvestis dans des projets visant l'amélioration de la sécurité routière. 

Cela dit, M. Desrochers assure qu'il n'est pas contre les radars photo. Mais avant d'y recourir, il croit qu'il faut d'abord repenser la géométrie des routes et bien les entretenir, installer une signalisation adéquate et afficher les bonnes limites de vitesse selon les secteurs. Sensibilisation et répression font aussi partie de l'équation.

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