Uber Québec sous le feu des élus

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Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber au Québec, a passé un mauvais quart d'heure en commission parlementaire, en fin de journée jeudi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a passé un mauvais quart d'heure en commission parlementaire, en fin de journée jeudi. Même le ministre Jacques Daoust s'est fait virulent, ce qui est plutôt rare de la part d'un membre d'un gouvernement dans une instance du genre.

Des dizaines de personnes de l'industrie du taxi ont quitté le Salon rouge lorsque Jean-Nicolas Guillemette y a fait son entrée. Le ton était donné.

Le ministre des Transports s'est demandé comment M. Guillemette pouvait se réjouir d'avoir contourné les lois et règlements à 450 000 reprises seulement en janvier -puisque l'entreprise affirme avoir effectué ce nombre de trajets le mois dernier avec ses «partenaires» chauffeurs.

Pour le ministre, Uber Québec n'effectue pas du «covoiturage urbain». Elle fait du taxi, du taxi illégal. «Pourquoi vous acharnez-vous à ne pas respecter les règles?»

«Ça fait 1000 fois qu'on saisit vos autos. Vous ne cherchez pas une solution. Vous cherchez une confrontation et vous risquez de l'avoir. Vous ne nous imposerez pas le modèle. On va vous l'imposer.»

Au tour du PQ et de QS

La péquiste Martine Ouellet a pris le relais et dénoncé une «attitude corporative hors la loi». Elle a invité le dirigeant à «suspendre les services d'UberX, minimalement le temps de la commission parlementaire».

«Est-ce que ça prendrait une injonction de la part du gouvernement du Québec pour que vous suspendiez vos opérations?», a-t-elle fini par lancer.

Le solidaire Amir Khadir a pourfendu un «capitalisme sauvage» et demandé à M. Guillemette s'il était prêt à aller en prison.

L'économie de partage

Jean-Nicolas Guillemette a expliqué vouloir se conformer à une nouvelle réglementation, mais à une réglementation qui permettrait à tous les joueurs, les actuels comme les futurs, d'opérer.

Il a réclamé un «écosystème réglementaire supportant l'innovation technologique» et favorisant une «économie de partage».

Le succès d'une entreprise comme la sienne repose sur le fait qu'il existe un besoin à combler, a-t-il dit.

Plus tôt en journée, le Regroupement des travailleurs autonomes du syndicat des Métallos et le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec sont venus exposer leurs doléances. Ce dernier a pris comme un affront le fait que les représentants d'une entreprise comme Uber Québec aient été invités au Parlement québécois.

Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, représenté par l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, a chiffré à quelque 7 millions$ par année les pertes fiscales pour le Québec dues à Uber Québec.

Le ministre Jacques Daoust... (Archives La Presse) - image 2.0

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Le ministre Jacques Daoust

Archives La Presse

C'est du «travail au noir», dit Daoust

Au premier jour de la commission parlementaire sur «le transport rémunéré de personnes par automobile», le ministre des Transports, Jacques Daoust, a fixé ses objectifs: assurer la sécurité des passagers, permettre une amélioration des services offerts aux différentes clientèles et créer un «environnement d'affaires équitable pour tous».

UberX ne sortira pas des routes du Québec. Le gouvernement de Philippe Couillard a confirmé qu'il entend encadrer ses activités. Il a planté ses premiers jalons à cet effet, bien qu'en termes encore plutôt vagues, de l'avis général.

Jacques Daoust assure vouloir faire en sorte «que ceux qui ne respectent pas nos lois aient moins le goût de le faire». UberX, c'est du «travail au noir», a-t-il déclaré.

Et les chauffeurs de taxi, qui ont payé pour leurs permis et qui paient des taxes et des impôts, doivent pouvoir «se battre à armes égales». Ils ne doivent pas être victimes de gens s'adonnant à du «transport illégal».

Quelques heures avant le lancement de la commission, la péquiste Martine Ouellet a déposé à l'Assemblée nationale un projet de loi visant «à contrer le taxi illégal». Il propose d'accroître «les différentes sanctions à l'égard des individus qui font illégalement du transport rémunéré de personnes».

En clair, il modifie le Règlement sur les points d'inaptitude «afin que toute personne qui offre ou effectue un transport rémunéré de personnes sans être titulaire d'un permis de taxi» soit pénalisée par quatre points d'inaptitude. Sa proposition, si elle était adoptée, permettrait aussi à un agent de la paix de suspendre pendant 30 jours le permis de conduire d'un contrevenant récidiviste.

Oeil sympathique

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, voit le système Uber d'un oeil plutôt sympathique. Il affirme avoir «un préjugé favorable pour ajouter une offre aux consommateurs». Cependant, «Uber doit être encadré», a-t-il ajouté.

Il reproche au gouvernement de s'être «traîné les pieds», d'avoir choisi de «pelleter les solutions par en avant». Il le presse de présenter un projet de loi «dès maintenant». Il sait que ce ne sera pas le cas, qu'une telle pièce législative ne verra pas le jour avant plusieurs semaines. Son député Claude Surprenant a plaidé, lui, en faveur de l'établissement par décret de «règles temporaires» pour mettre fin au «Far West».

Jacques Daoust a nié que les autorités soient demeurées inactives. Il a rappelé qu'au moins 1000 saisies de véhicules roulant pour UberX ont été effectuées jusqu'ici.

Manifestation du taxi devant l'Assemblée nationale

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