Uber: aussitôt saisis, aussitôt de retour sur la route

Les contrôleurs routiers attendaient les chauffeurs d'Uber sur... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Les contrôleurs routiers attendaient les chauffeurs d'Uber sur l'avenue Marguerite-Bourgeoys, dans le quartier Saint-Sacrement, le 4 février dernier.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Les saisies de véhicules n'arrêtent pas les chauffeurs d'Uber à Québec. Même quand leur véhicule personnel se retrouve à la fourrière, ils peuvent désormais poursuivre leurs activités au volant d'une voiture louée. C'est la solution trouvée par la multinationale pour éviter toute rupture de service malgré les frappes répétées des contrôleurs routiers.

Depuis ses débuts, à Québec comme ailleurs dans la province, Uber prend en charge ses conducteurs dès qu'ils se font arrêter par Contrôle routier Québec. La multinationale fournit et paie les avocats, qui doivent plaider devant un juge de la chambre pénale de la Cour du Québec pour faire libérer le véhicule saisi. La procédure prend généralement de cinq à dix jours. 

Dans l'intervalle, le chauffeur peut rouler dans une voiture de location, payée aussi par Uber. Jusqu'à tout récemment, il ne pouvait toutefois utiliser ce véhicule pour faire du transport rémunéré de personnes. Mais en vertu d'une entente intervenue entre Uber et une compagnie de location de voitures de Québec, cela est désormais possible. 

Si bien que les chauffeurs dont le véhicule personnel est inaccessible peuvent aussitôt reprendre leur gagne-pain. 

«Les chauffeurs commençaient à craindre les saisies parce qu'Uber paie absolument tout, mais pas les salaires perdus. Maintenant, c'est possible de continuer pareil», nous a raconté un chauffeur, rassuré par cette nouvelle mesure. Il a donné l'exemple de collègues dont les voitures ont été saisies samedi soir en plein Carnaval de Québec. «Ils étaient de retour sur la route dimanche matin», a-t-il remarqué. 

Notre informateur, qui a requis l'anonymat, refuse de donner le nom de la compagnie qui met ses voitures à la disposition des chauffeurs, de crainte que l'attention médiatique la fasse fuir. Auquel cas les principaux intéressés se retrouveraient à la case départ et Uber, privé de plusieurs ressources motivées, alors que les interventions se multiplient dans les rues de la capitale.

«Favoriser un dialogue»

Fidèle à ses habitudes, la direction d'Uber au Québec a répondu par une seule phrase aux questions du Soleil sur le sujet. 

«Pour les locations d'autos, comme nous l'avons toujours dit, nous soutenons nos partenaires-chauffeurs dans ce genre de situation et continuons à favoriser un dialogue et une approche réglementaire», nous a écrit le porte-parole Jean-Christophe De Le Rue. 

Mardi encore, Contrôle routier Québec a procédé à au moins cinq saisies dans la capitale. Tous les conducteurs piégés étaient des récidivistes.  L'un d'entre eux s'est même fait prendre à deux reprises dans la journée de mardi, une fois au volant de son véhicule et la seconde à bord d'une voiture louée.

Appui d'Eugenie

Uber a lancé mardi une pétition électronique pour «dire au gouvernement qu'une réglementation spécifique au covoiturage urbain doit être développée au Québec». En fin de journée, plus de 25 000 personnes avaient signifié leur appui. La joueuse de tennis Eugenie Bouchard a publicisé le sien sur Twitter avec un retentissant «do it guys». C'est le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, qui signe le message transmis aux abonnés, à qui il demande un appui en ce «moment critique pour la survie de Uber au Québec». «Plus de 70 juridictions ont réglementé le covoiturage urbain dans le monde et Edmonton est devenue la première ville canadienne à réglementer Uber. Pourtant, le lobby du monopole de l'industrie du taxi utilise tout son pouvoir pour empêcher les Québécois de bénéficier du covoiturage urbain», peut-on lire. Le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, n'a pas caché qu'il cherchait à régulariser la situation d'Uber, un service illégal selon les règles actuelles.  

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