De la documentation pro-Uber à la commission sur l'industrie du taxi

Les chauffeurs de taxi, qui ont manifesté devant... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Les chauffeurs de taxi, qui ont manifesté devant le parlement en début de semaine, récidiveront jeudi prochain en marge de la commission parlementaire qui se tiendra à l'intérieur.

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(Québec) Le ministère des Transports du Québec donne exclusivement des exemples de législations ouvertes à Uber dans le document d'information publié en prévision de la commission parlementaire sur l'avenir de l'industrie du taxi.

Le document de huit pages, déposé jeudi à l'Assemblée nationale par le ministre des Transports, expose des enjeux «afin de faciliter les délibérations au cours de la commission», qui doit débuter le 18 février.

Il aborde notamment la question de la sécurité des usagers, du service à la clientèle, d'un «environnement d'affaires équitable» et des nouveaux modèles d'affaires basés sur les nouvelles technologies.

À la fin, des «expériences étrangères» sont présentées. L'exemple d'Edmonton, qui vient de créer une nouvelle classe de service de transport pour régulariser Uber, arrive en premier. Il est aussi question de la ville américaine de Chicago, dont la réglementation date de l'automne 2014. Retour au Canada avec Toronto et Waterloo, qui sont en consultation pour trouver un modèle d'intégration.

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) n'a pas manqué de réagir. «Pourquoi dans tous les exemples du monde, ils prennent ceux où on a cédé le plus de terrain à Uber?» demande son président, Abdallah Homsy. «Normalement, en commission parlementaire, on veut l'opinion des gens sur le terrain. On n'a pas donné notre opinion et on voit déjà où vont les conclusions», déplore-t-il.

«Je trouve que c'est un document qui est un peu léger et un peu biaisé», renchérit Martine Ouellet, porte-parole du Parti québécois dans le dossier. Celle-ci se demande pourquoi il n'est pas question aussi de Calgary, de Vancouver, de la France, de l'Allemagne, qui ont barré la route à la multinationale Uber. Elle aurait aussi aimé que la réflexion sur l'application des normes du travail, amorcée en Californie, soit évoquée.

«Je trouve qu'il y a beaucoup d'éléments passés sous silence et il y a un choix d'éléments discutables», martèle Mme Ouellet, appelant toujours à la suspension d'Uber pendant la commission parlementaire.

Mélissa Turgeon, attachée de presse du ministre Jacques Daoust, justifie le choix des villes citées dans le document : «Ce sont des villes nord-américaines, plus proches de la réalité québécoise.» Celle-ci répète que «le ministre l'a dit, il n'a aucun biais», mais veut encadrer une pratique qu'il juge incontournable.

Manifestation

La commission parlementaire sur le transport rémunéré de personnes débutera par une manifestation, annoncée cette fois par le RITQ. Le 18, les propriétaires et chauffeurs de taxi sont invités à se rendre devant l'Assemblée nationale pour signifier leurs attentes aux députés. «C'est une manifestation pacifique, une manifestation qui ne vise pas une personne, mais tout le monde. C'est pour dire : faites attention aux décisions que vous allez prendre», a mentionné vendredi Abdallah Homsy.

Des mécanismes seront mis en place pour servir les clients sans interruption, malgré le branle-bas. «Pénaliser notre clientèle, c'est se tirer dans le pied», convient le leader.

Non remboursable pour les fonctionnaires

Au moins un fonctionnaire du ministère des Finances du Québec a utilisé les services d'Uber dans le cadre de ses fonctions et tenté de se faire rembourser la facture. C'est le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) qui a découvert le cas en octobre en faisant une demande d'accès à l'information. Son lobbyiste, Mathieu Santerre, a aussitôt demandé qu'une directive soit établie «à l'effet de ne pas utiliser les services de transporteurs illégaux au sein des ministères, organismes et réseaux du gouvernement du Québec». Cette semaine, donc quatre mois plus tard, une réponse est arrivée au RITQ en provenance du ministère des Transports. La directrice de la gestion financière et de l'expertise immobilière rappelle, dans le courriel dont nous avons obtenu copie, que «les courses payantes non reconnues légalement, tels les services offerts par UberX, ne sont pas remboursables». Les employés du Ministère ont été avisés que tant le déplacement «qui utilise un moyen ne respectant pas le cadre légal en vigueur au Québec» que la demande de remboursement sont proscrits. Pour Abdallah Homsy, président du RITQ, «ça démontre qu'il y avait du laxisme».

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