Manif des taxis, bons mots du ministre envers Uber

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En avant-midi mardi, une centaine de taxis ont roulé lentement autour du parlement tout en usant abondamment du klaxon afin de réclamer la suspension des activités d'Uber.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) En réaction à la bruyante manifestation des taxis autour du parlement, mardi, le ministre des Transports du Québec a vanté l'application mobile de la multinationale Uber, mais condamné l'utilisation illégale qui peut en être faite.

Lors de la période de questions en chambre, Jacques Daoust a qualifié la plateforme Uber de «novatrice, facile, populaire à travers la planète» et affirmé que ce n'est «pas une structure qui est illégale, c'est une formule d'avenir». 

Si elle donne du travail à des taxis indépendants, détenteurs d'un permis en bonne et due forme, le ministre ne voit pas de problème à l'utilisation de l'application Uber au Québec. Cela dit, il reconnaît que des particuliers en profitent pour faire du transport de personnes en contravention de la loi. 

«Toute utilisation illégale d'Uber actuellement doit cesser. Et c'est pas pour une durée déterminée, c'est pour toujours. On vit dans une société de droit», a martelé le ministre, appelant Uber à se conformer volontairement à la réglementation en vigueur. 

Dans le cas contraire, les contrôleurs routiers et le Bureau du taxi de Montréal continueront de saisir les véhicules des contrevenants. «On est rendus à plus de 1000 saisies de véhicules. Il y a des actions qui sont posées», a fait remarquer M. Daoust.

Martine Ouellet, critique du Parti québécois dans le dossier, a conclu que le ministre ne comprenait pas le dossier. «UberX, ce ne sont pas des détenteurs de permis qui conduisent. Donc, clairement, UberX, c'est illégal», a-t-elle soulevé. 

Même réaction de Hicham Berouel, porte-parole du mouvement «la révolte des taxis contre l'injustice», qui a attiré une bonne centaine de manifestants sur la colline parlementaire. «Il n'y a rien de légal dans Uber actuellement. Ils n'ont pas de permis d'intermédiaire de taxi et ils ne facturent pas les taxes», s'est-il emporté. «Ça montre que les dés sont déjà jetés.»

Uber de marbre

La branche québécoise d'Uber est restée de marbre devant l'appel du ministre. Son porte-parole, Jean-Christophe De Le Rue, n'a pas compris du discours gouvernemental qu'il fallait suspendre ses activités. 

Dès 11h, mardi, les chauffeurs de taxi ont manifesté devant l'hôtel du parlement. Puis certains d'entre eux ont déplacé leurs véhicules pour bloquer l'accès par la rue des Parlementaires, où circulent les limousines des ministres. D'autres manifestants ont roulé lentement autour du parlement tout en usant abondamment du klaxon. Le concert se faisait entendre jusqu'en basse-ville. L'opération «escargot» s'est poursuivie jusqu'à la reprise des travaux en chambre. 

Mercredi, ce sera au tour des taxis de Montréal de se mobiliser. Réunis en escouades, ils tenteront d'empêcher les chauffeurs d'Uber d'embarquer des clients. Le syndicat des Métallos, qui représente des chauffeurs de taxi de la métropole, interpelle le premier ministre Philippe Couillard afin qu'il demande à Uber de suspendre ses activités pendant la commission parlementaire sur l'industrie du taxi.

Les députés Martine Ouellet, du Parti québécois, et Amir Khadir, de Québec Solidaire, sont venus à la rencontre des manifestants, mais aucun représentant du parti au pouvoir ne s'est déplacé.

Les taxis se sont ensuite mis à rouler lentement autour du parlement tout en usant abondamment du klaxon. L'opération «escargot» devait se poursuivre au moins jusqu'à la reprise des travaux en chambre, vers 13h40.

«Le but, c'est de bloquer la circulation jusqu'à 15h», a indiqué Hamid Nadji, porte-parole du Regroupement des Propriétaires de Taxi de la Capitale. «On veut que ça parle de nous. On demande l'arrêt du transport illégal. Ce sont les citoyens qui demandent au gouvernement d'appliquer la loi», a-t-il ajouté.

En avant-midi, le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, qui représente la grosse majorité des propriétaires et des chauffeurs de la capitale, a décidé d'appuyer la mobilisation «légale et pacifique» même s'il n'en est pas l'organisateur. Ses membres demeurent libres d'y participer ou non.

Mercredi, les taxis de Montréal manifesteront à leur tour dans les rues de la métropole.

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