Uber: Québec, capitale de la dénonciation

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Fait particulier à Québec : les dénonciations citioyennes d'Uber surpassent en nombre d'infractions les interventions faites sur la route par Contrôle routier Québec.

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(Québec) Les contrôleurs routiers ne sont pas les seuls à traquer les chauffeurs d'Uber dans les rues de Québec. Contrôle routier Québec (CRQ) a reçu 131 dénonciations citoyennes qui ont mené à des constats d'infraction pour transport illégal.

CRQ surveille les activités d'Uber à Québec, à Laval, à Longueuil et à Gatineau. Selon une compilation datant de vendredi, c'est dans la capitale que les dénonciations sont les plus nombreuses. Il y en a eu 131 depuis février 2015, contre seulement 8 à Laval et 1 à Gatineau. 

Fait particulier à Québec : ces dénonciations surpassent, en nombre d'infractions, les interventions faites sur la route. 

À Montréal, où c'est le Bureau du taxi qui applique la Loi concernant les services de transport par taxi, les dénonciations se comptent aussi par centaines depuis l'automne 2014, confirme la porte-parole Marie-Hélène Giguère. Mais l'organisme ne tient pas le compte de celles qui débouchent sur des constats d'infraction.  

Dans les deux villes, ce sont les propriétaires et chauffeurs de taxi qui sont les plus prompts à dénoncer et ils ne s'en cachent pas. 

À Québec, quelques-uns d'entre eux nous ont confessé qu'ils commandaient des transports ou mandataient des proches pour ensuite courir chez Contrôle routier Québec avec l'information recueillie. Un petit groupe collige également les numéros de plaque d'immatriculation des chauffeurs présumés d'Uber afin d'estimer leur nombre et de documenter leurs mouvements. 

Loin de décourager ces pratiques, le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec les encourage. «Notre position est claire : on invite les collègues à continuer de faire des dénonciations», lance Félix Tremblay, porte-parole. 

Mais attention, toutes les plaintes ne mènent pas nécessairement à un constat d'infraction. «Ça prend une preuve plus étoffée que l'endroit et l'heure» d'une observation, prévient Éric Santerre, porte-parole de CRQ. Ultimement, il faut la preuve d'un paiement puisque c'est le transport rémunéré de personnes sans permis de taxi qui est considéré comme illégal.

Déclaration signée

Les dossiers les plus solides sont ceux où les plaignants eux-mêmes ont requis les services d'Uber en utilisant l'application mobile, ont vite compris les chauffeurs de taxi. Ils sont alors invités à signer une déclaration où ils témoignent de leur expérience : heure, lieu, trajet et identité du chauffeur sont nécessaires. Le reçu électronique, des captures d'écran, des photos peuvent servir de preuves. 

«Au-delà du soupçon, ça prend des descriptions détaillées d'heure, de lieu de départ, d'arrivée, la plaque du véhicule, les preuves de paiement, etc. Ce sont tous des morceaux qui viennent s'additionner pour monter la preuve», insiste M. Santerre. «Quelqu'un qui arrive avec une dénonciation pour faire du mal à Uber parce que ça lui nuit dans la vie ou qu'il n'est pas à l'aise avec le concept, c'est bien gentil. Mais nous, ça nous prend une base solide», continue-t-il. 

Du côté d'Uber, ce n'est évidemment pas le même enthousiasme. Plusieurs chauffeurs ont raconté au Soleil comment ils avaient été suivis et photographiés par des chauffeurs de taxi. L'un a sursauté en voyant ses coordonnées personnelles affichées sur une page Facebook alimentée par les membres de Taxi Coop. Il a porté plainte à la police de Québec, et l'information est disparue.

Une dizaine de véhicules ont été saisis par... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

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Une dizaine de véhicules ont été saisis par les contrôleurs routiers jeudi.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Vrai humain ou contrôleur routier?

Les chauffeurs d'Uber avaient la gueule de bois vendredi. Manifestement ébranlés par la rafle de la veille, alors qu'une dizaine de véhicules ont été saisis par les contrôleurs routiers, plusieurs conducteurs ont décidé de rester à la maison. L'offre de transport était très limitée toute la journée. Des chauffeurs parmi les rares encore sur la route ont confié au Soleil qu'ils étaient sur leurs gardes, mais très sollicités compte tenu du petit nombre de volontaires. Avant de venir nous chercher, l'un d'entre eux a appelé : «Je voulais vérifier si vous étiez un vrai être humain ou un contrôleur routier», a-t-il laissé tomber. «L'opération de peur a marché. Ils ont décapité le service de jour», a lancé un autre, qui se questionne sur les priorités de Contrôle routier Québec. «Ils sont là pour protéger le monde. Ils devraient vérifier des vans avec des pneus usés au lieu de s'attaquer à nous. On fait pas de mal à personne, on va être légalisés.»

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