Le ministre D'Amour se fie sur la garantie du F.-A.-Gauthier 

Le traversier F.-A.-Gauthier dans son port d'attache de... (Photothèque Le Soleil)

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Le traversier F.-A.-Gauthier dans son port d'attache de Matane

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(Québec et Matane) Le ministre délégué des Transports, Jean D'Amour, s'attend à ce que tous les ajustements et les réparations sur le nouveau traversier F.-A.-Gauthier - qu'il attribue à du «rodage» - se fassent sous le couvert de la garantie du fabricant.

«Tout ce qui est fait et à venir jusqu'à maintenant, c'est entièrement, totalement, à 100 % couvert par le chantier qui l'a aménagé, Fincantieri du côté de l'Italie», a martelé mardi le responsable de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec. 

En entrevue téléphonique au Soleil, depuis son bureau de circonscription à Rivière-du-Loup, M. D'Amour ajoute : «Quand on change une pièce, la garantie repart à zéro.» Faisant le parallèle avec une automobile, il précise que le groupe motopropulseur bénéficie d'une garantie prolongée.

Officiellement, le service offert par Fincantieri se termine le 20 avril 2016. Le navire sera d'ailleurs en cale sèche au printemps pour une inspection complète.

Le Soleil révélait mardi que le nouveau traversier F.-A.-Gauthier, qui assure la liaison entre Matane et la Côte-Nord, a connu son lot d'ennuis mécaniques depuis sa première traversée le 13 juillet. Le système de propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL), qui devait permettre d'économiser de l'argent et des gaz à effet de serre, ne fonctionne pas depuis des mois. Le réseau Internet sans fil, des portes, des toilettes sont hors d'usage.

«C'est sûr qu'on n'aime pas ça, c'est sûr qu'on espérerait un bateau parfait, surtout lorsqu'on met quelque chose comme 150 millions $. Mais je parle à des armateurs, à des gens qui ont commandé des navires neufs et c'est toujours la même chose. Il y a des éléments qu'on doit ajuster», lance le ministre, faisant ressortir les conditions de navigation difficiles sur le fleuve Saint-Laurent.

D'Amours se défend

M. D'Amour a tenu à corriger l'information transmise au Soleil selon laquelle il en coûtait 200 000 $ par semaine en diesel marin pour faire avancer le traversier. Selon lui, la facture est moitié moindre.

Pour expliquer la panne du système de propulsion au GNL, l'élu provincial pointe le fait que c'est une première en Amérique du Nord. Quand on lui rappelle que la technologie est utilisée ailleurs dans le monde, il hausse le ton. «Fincantieri a la responsabilité de nous remettre un système de propulsion efficace qui va fonctionner», dit-il, rappelant que deux autres traversiers, construits ceux-là par la Davie, miseront sur le GNL.

M. D'Amour s'est montré agacé par les indications en anglais et en italien observées par Le Soleil sur les ponts des véhicules : «Ça me surprend un petit peu, ça me désole. On est au Québec et au Québec, ça se passe en français. Je suis intraitable là-dessus, mais pour moi, ce n'est pas un vice du navire, c'est une correction à apporter.»

Réactions opposées des maires

Les réactions des maires de Matane et de Baie-Comeau sont diamétralement opposées par rapport au nouveau traversier de la Société des traversiers du Québec (STQ), le F.-A.-Gauthier, qui relie les deux rives depuis six mois. Depuis sa mise en service, le 13 juillet, 128 bris et réglages ont été recensés.

«Je comprends pas pourquoi on fait une nouvelle avec ça, laisse tomber le maire de Matane, Jérôme Landry. On trouve ça désolant de faire cette sortie-là parce que le F.-A.-Gauthier, c'est le fleuron des traversiers de la STQ et ça le fait passer comme un rafiot. J'en ai parlé aux gens du tourisme. On trouve pas ça fort, comme timing, alors qu'on essaie d'en faire un produit touristique important.»

Selon M. Landry, c'est normal qu'après six mois de mise en service, il y ait des réglages et réparations à faire pendant la période de rodage. Quant à son système de conversion au gaz naturel liquéfié (GNL) qui ne fonctionne pas depuis plusieurs mois, il précise qu'il s'agit du premier traversier à être propulsé avec cette énergie verte. «C'est sûr qu'il y a des ajustements à faire, c'est normal, c'est le premier qui est au GNL», estime l'élu. Il rappelle aussi que le navire est encore sous garantie. «Le Bella-Desgagnés, ça fait trois ans qu'il est en service et il y a encore des réparations à faire dessus», compare l'élu.

Le son de cloche de son homologue de l'autre côté du Saint-Laurent est complètement discordant. «Ce bateau-là nous cause beaucoup de déception, fait savoir le maire de Baie-Comeau, Claude Martel. C'est beaucoup, 128 bris! On aurait été mieux de donner le contrat de construction au chantier de Lévis! Je suis très déçu. On s'attendait à une amélioration de service et on se retrouve avec aussi pire qu'avant!»

La déception, mais aussi l'inquiétude sont tout aussi palpables de la part de la Chambre de commerce région de Matane. «C'est sûr que c'est préoccupant, fait valoir le président de l'organisme, Marc Charest. C'est troublant qu'il y ait autant d'affaires qui fonctionnent pas. C'est aussi incompréhensible qu'on n'ait pas le wi-fi sur le bateau!»

Avec Johanne Fournier (collaboration spéciale)

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