Une traversée sur le F.-A.-Gauthier parsemée d'écueils

À Baie-Comeau, les passagers à pied doivent sortir... (Collaboration spéciale Johanne Fournier)

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À Baie-Comeau, les passagers à pied doivent sortir par le pont des véhicules puisque la passerelle, construite il y a un an et demi, n'est toujours pas fonctionnelle.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Matane) Il suffit d'une seule traversée pour bien vite s'apercevoir qu'à peine six mois après sa mise en service, le nouveau navire amiral de la Société des traversiers du Québec (STQ), le F.-A.-Gauthier, ne tourne pas rond. Le Soleil a fait sa petite enquête lors d'une traversée entre Matane et Baie-Comeau aller-retour.

Parmi l'une de ses caractéristiques qui devaient le rendre unique, il devait être propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), le premier du genre en Amérique du Nord. Mais, depuis cet été, le joyau vert dernier cri de la STQ doit recourir à ses moteurs diesel. «Il pollue encore plus que l'ancien bateau parce qu'il est beaucoup plus gros», se désole un membre de l'équipage. Pourtant, sur son site Internet, la STQ se targue encore à écrire qu'il est propulsé au GNL.

La société d'État avait annoncé que la durée de la traversée serait écourtée d'au moins vingt minutes par rapport au Camille-Marcoux, vieux de 40 ans. Le nouveau bateau prend autant de temps à traverser le fleuve, soit plus de deux heures. Son temps d'accostage est aussi plus long. 

Le mardi 5 janvier, après sa traversée en mer, la porte du pont des véhicules n'ouvrait plus. Elle était gelée. Le 9 janvier, un joint d'étanchéité de cette même porte a été réparé. Toutes les traversées ont été annulées pour la journée.

Personne ne peut aussi prédire le comportement du nouveau navire dans les glaces puisqu'il a été livré le printemps passé, avec quatre mois de retard. «Cette année, on est chanceux, le couvert de glace n'est à peu près pas formé», se console un membre du personnel de bord.

Le navire que l'on disait à la fine pointe de la technologie n'offre aucune connexion Internet pour les passagers. «Il n'y a pas de Wi-Fi», doivent répéter les employés aux nombreux passagers qui s'informent. Il y a pourtant un espace pour les gens d'affaires. Chaque isoloir est doté d'une prise pour un fil Internet, mais la connexion ne fonctionne pas. La STQ invite les entreprises à tenir des réunions dans sa salle de conférences, mais elle ne peut offrir un accès Internet. 

Aussi, la connexion du terminal pour le paiement par cartes bancaires et de crédit est intermittente. «Il y a des zones grises en certains endroits sur le fleuve», explique une employée. Pendant notre traversée, des clients de la cafétéria ont dû retourner trois fois à la caisse pour payer leur repas. 

Les fils d'un appareil utilisé à la billetterie sont collés avec du papier adhésif. Selon un camionneur qui fait la traversée quelques fois par semaine, la réparation de fortune est en place depuis quelques mois. De l'avis d'un employé, la STQ a installé de l'équipement qui était sur le Camille-Marcoux et qui est vétuste.

Le bistro, un vaste espace qui devait offrir des... (Collaboration spéciale Johanne Fournier) - image 2.0

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Le bistro, un vaste espace qui devait offrir des boissons alcoolisées et des produits d'alimentation plus légers, n'a jamais ouvert ses portes.

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L'une des deux portes coupe-feu du bar est... (Collaboration spéciale Johanne Fournier) - image 2.1

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L'une des deux portes coupe-feu du bar est coincée. 

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Bistro jamais ouvert

Le bistro, un vaste espace qui devait offrir des boissons alcoolisées et des produits d'alimentation plus légers inspirés notamment du terroir, n'a jamais ouvert ses portes. Tout est en place, figé, comme si le lieu avait été condamné.

À Baie-Comeau, les passagers à pied doivent sortir par le pont des véhicules puisque la passerelle, qui a été construite pour le nouveau traversier il y a un an et demi à la gare fluviale, n'est toujours pas fonctionnelle.

Le tapis blanc cassé du salon principal des passagers est déjà très sale après six mois d'utilisation. La moquette démontrerait aussi des signes d'usure prématurée.

L'affichage sur les ponts des véhicules est bilingue, mais... italien-anglais. On peut ainsi lire «Zona rossa - red zone». Plusieurs toilettes sont hors d'usage et les verrous des portes de certaines autres ne fonctionnent pas. L'une des portes coupe-feu du bar est coincée et celle pour accéder au pont 8 ne ferme plus. Des machines distributrices ont été placées en certains endroits, mais elles sont vides.

Avec toutes ces lacunes, un membre de l'équipage en vient à regretter le vieux traversier. «On avait tellement hâte que le nouveau bateau arrive, on nous l'avait tellement vanté, confie-t-il, visiblement déçu. La grosse promotion qu'on a faite autour de ce bateau-là et qu'on continue à faire, c'est pas vrai!»

La directrice de la Traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, Gréta Bédard, a quitté ses fonctions à la mi-janvier, après 15 ans de service.

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