La valeur des permis de taxi à la baisse

Hicham Berouel, propriétaire de six permis de taxi, prépare... (PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Hicham Berouel, propriétaire de six permis de taxi, prépare une manifestation avec d'autres chauffeurs faisant partie du mouvement «la révolte des taxis contre l'injustice».

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(Québec) Après des années de croissance, la valeur des permis de taxi a commencé à baisser dans la région de Québec. Pour les chauffeurs, c'est une conséquence directe de l'arrivée d'Uber.

Pas facile de chiffrer l'impact d'Uber sur l'industrie du taxi au Québec et à Québec. Il n'y a pas de compilation des revenus des chauffeurs. Les seules statistiques qui vaillent sont celles concernant la valeur des permis de taxi, nécessaires pour faire du transport de personnes au Québec.

Sur cinq ans, de 2010-2011 à 2014-2015, la Commision des transports du Québec (CTQ) constate des valeurs à la hausse à peu près partout, à part quelques exceptions qui se retrouvent surtout dans la périphérie de Montréal.

Les statistiques pour le premier trimestre de 2015-2016 (avril, mai et juin) annoncent toutefois un changement de cap. La valeur des permis de taxi a chuté dans toutes les zones de Montréal, où le service Uber est bien implanté. La différence est de 8000 $ au centre-ville.

À Québec, une petite hausse a été constatée entre avril et juin. Mais selon Alain Fecteau, notaire qui officialise la majorité des transactions de permis de taxi dans la capitale, le marché s'est affaibli considérablement depuis l'été.

Au bénéfice des institutions financières avec lesquelles il est appelé à travailler, M. Fecteau a dressé un bilan pour 2015 et constaté une baisse de 3000 $ du prix moyen des permis de taxi à Québec, lesquels s'échangeaient auparavant autour de 200 000 $. S'il prend seulement les six derniers mois de l'année, la différence grimpe à 10 000 $. Certains vendeurs ont même accepté 20 000 $ de moins que la valeur comptable.

«Ce qui est marquant, c'est l'incertitude et le stress que ça occasionne. J'ai des gens qui ont un permis de taxi depuis 20, 25 ans, pour qui c'est un fonds de retraite, et ils veulent vendre parce qu'ils ont peur de l'avenir. Certains ont déjà vendu à rabais», déplore le notaire.

À Sainte-Foy-Sillery, où la valeur des permis est historiquement la plus élevée dans la région, il y en a un offert à 210 000 $, soit un escompte de presque 30 000 $, et il ne trouve pas preneur. «Avant, on mettait le permis à vendre le matin et tout de suite l'après-midi, il était vendu. Ça ne prenait même pas une journée. Maintenant, les gens ont peur d'investir parce qu'ils ne savent pas ce qui va arriver» avec Uber, raconte le propriétaire.

Les chauffeurs de la région de Québec interrogés ces derniers jours par Le Soleil ont donné des estimations de leurs pertes qui vont dans tous les sens. Plusieurs ont parlé de 15, 20, 25 % de baisse de leur chiffre d'affaires. L'un évoque une chute de 40 % les fins de semaine alors que les jeunes et les touristes sortent.

«Pas d'impact majeur»

Du côté du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), qui rassemble une grande majorité des 1200 chauffeurs de la région, le message officiel des dernières semaines veut qu'Uber n'ait «pas d'impact majeur» dans la capitale. Parmi les preuves avancées, il y a le fait que le nombre d'appels à Taxi Coop est demeuré stable entre 2014 et 2015.

Mais selon Hicham Berouel, porte-parole du mouvement La révolte des taxis contre l'injustice et propriétaire de six permis de taxi à Sainte-Foy et Lévis, les grands regroupements ignorent les cris d'alarme provenant de la base. Autour de lui, la chute des revenus varie entre 25 et 35 %, jure-t-il. «Moi, c'est 30 %. Pour la première année, c'est beaucoup. Et ils [les chauffeurs d'Uber] continuent de prendre du terrain.»

Lors d'une rencontre des membres de Taxi Coop tenue samedi, des propriétaires et chauffeurs excédés ont d'ailleurs mis de la pression sur leurs représentants. «Ils sont très inquiets et ils nous l'ont fait sentir», ne cache pas Félix Tremblay, porte-parole du RITQ. «Ils nous ont demandé de poser des gestes plus musclés», ajoute-t-il. Une référence a même été faite aux manifestations tenues en France l'été dernier, entachées de violence, qui ont convaincu les politiciens locaux d'interdire Uber.

Le RITQ renvoie maintenant la balle au ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, invité à agir promptement pour faire cesser le service illégal. Celui-ci se défend en disant que Contrôle routier Québec arrête les contrevenants.

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