Des taxis veulent bloquer les routes pour protester contre UberX

Depuis plusieurs semaines, les chauffeurs de taxi manifestent... (Le Soleil, Frédéric Matte)

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Depuis plusieurs semaines, les chauffeurs de taxi manifestent leur mécontentement, notamment lors de rassemblements devant l'Assemblée nationale.

Le Soleil, Frédéric Matte

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(Québec) Les esprits s'échauffent dans l'industrie du taxi. Des chauffeurs de la région de Québec planifient une grève et un blocus des ponts et des routes de la capitale d'ici la fin du mois de janvier. Cela pour que le gouvernement du Québec expulse du marché le service UberX, considéré comme une concurrence déloyale.

Hachim Berouel, chauffeur de taxi de Lévis, affirme être le porte-parole d'une centaine de propriétaires et de chauffeurs de la région de Québec prêts à faire «un coup d'éclat», car ils considèrent que «le gouvernement n'a pas la volonté de régler le problème du tout». Le plan de match est de faire la grève pendant une journée et de bloquer en même temps les ponts, les autoroutes et l'accès à l'aéroport de Québec. 

M. Berouel affirme que ses collègues sont «très déterminés», car ils voient une partie de leur clientèle détournée par UberX et craignent de ne plus tirer assez de revenus pour payer leur propre permis de taxi acquis à fort prix. 

«Le ministre des Transports [Robert Poëti] parle comme s'il était un simple fonctionnaire. Il rejette sur la clientèle la responsabilité de ne pas utiliser un service illégal», critique l'homme, pour qui «le temps est venu de faire monter la pression». 

«D'ici la fin janvier»

«S'il ne se passe rien», la journée de protestation aura lieu d'ici la fin janvier, à quelques heures de préavis, «et ce sera répétitif», prévient M. Berouel. 

Hamid Nadji, président du Regroupement des propriétaires de taxi de la Capitale (RPTC), qui compterait aussi une centaine de membres, appuie l'initiative. «Les politiciens ont le temps de faire leurs affaires, mais pas nous. On n'est plus dans la pensée, on est dans l'action», affirme-t-il. 

Le chauffeur de taxi ne craint pas de se mettre la population à dos. Selon lui, il faut que «tout le monde soit touché» pour que le gouvernement «sente la pression». M. Nadji assure par ailleurs qu'un minimum de service sera offert, notamment aux handicapés qui profitent d'un transport adapté. 

Abdallah Homsy, président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), qui regroupe environ 1200 chauffeurs dans la capitale, n'approuve pas les moyens de pression annoncés. «Je ne suis pas d'accord avec les blocus et les blocages», dit-il, car c'est ouvrir la voie à un transfert de clientèle vers Uber. «En même temps, ça fait longtemps que je dis que l'inaction du gouvernement va amener à des problèmes, que des groupes modérés comme nous ne pourront plus contenir les chauffeurs.» 

Au cabinet du ministre Poëti, on assure que le gouvernement travaille toujours à «moderniser la réglementation» touchant l'industrie du taxi. Des reportages diffusés la fin de semaine dernière laissaient croire que le ministre des Transports attendrait la fin de quatre projets pilotes tout juste lancés et devant se terminer en 2017 pour statuer sur le cas d'Uber. «Il n'a jamais parlé d'échéancier», assure sa porte-parole Valérie Rodrigue. «Il y a une durée dans la loi pour les projets pilotes, mais ce n'est pas nécessairement relié.» 

Mme Rodrigue est toutefois incapable de dire quand un projet de loi visant Uber pourrait être présenté ni dans quelle direction il irait.

L'aéroport remet des vidéos à la police

L'aéroport de Québec a remis au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) les bandes vidéo de l'altercation entre un chauffeur de taxi et un conducteur d'UberX survenue mardi midi devant l'aérogare. 

Le directeur des communications de l'aéroport, Mathieu Claise, n'en a pas révélé le contenu. «Ce n'est pas à moi de déterminer le vrai du faux», a-t-il insisté, référant à la police. 

Pierre Poirier, porte-parole du SPVQ, n'était pas plus loquace, se bornant à dire que l'enquête est toujours en cours. Deux plaintes ont été formulées à la police concernant ce même accrochage. 

Le chauffeur de taxi Issam Aloui affirme avoir été menacé par un conducteur d'UberX armé d'un Taser, une arme prohibée au Canada, après une collision avec sa Mercedes. Ce dernier réplique qu'il voulait remplir un constat à l'amiable, mais s'est fait invectiver et frapper par le chauffeur de taxi. 

Tous deux espèrent que les bandes vidéo les exonèrent. Il faudra attendre encore un peu pour savoir qui dit vrai. 

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