Autoroute Laurentienne: boulevard urbain relégué aux oubliettes

Selon une étude réalisée par la firme de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon une étude réalisée par la firme de génie-conseil Dessau pour la Ville de Québec, les investissements nécessaires pour transformer la partie basse de l'autoroute Laurentienne en boulevard urbain sont trop élevés pour en valoir la peine. Dessau propose toutefois un aménagement de type boulevard urbain pour l'extrémité sud de l'autoroute, entre la rivière Saint-Charles et la rue de la Croix-Rouge.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La construction de l'amphithéâtre et la reconfiguration du réseau routier environnant repoussent de plusieurs décennies le rêve de la Ville de Québec de transformer la partie basse de l'autoroute Laurentienne en boulevard urbain. La conversion est désormais envisagée à l'extrémité sud, de la rivière Saint-Charles jusqu'à la rue de la Croix-Rouge, mais il n'y a pas d'échéancier avancé.

Le Soleil a eu recours à la Loi sur l'accès aux documents publics pour obtenir copie de l'«étude de circulation et de transport dans le cadre de l'implantation d'un nouvel amphithéâtre au carrefour de l'autoroute Laurentienne et du boulevard Wilfrid-Hamel». Elle a été réalisée en 2011 et 2012 par la firme de génie-conseil Dessau, la Ville de Québec souhaitant évaluer l'impact du nouvel équipement sur les déplacements. 

Plusieurs scénarios d'aménagement routier ont alors été étudiés, dont la mise sous tunnel de l'autoroute sous le boulevard Hamel et, à l'inverse, la construction d'un pont d'étagement pour qu'Hamel surplombe Laurentienne. Les coûts étaient toutefois très élevés, autour de 186 millions $ pour le pont d'étagement et de 297 millions $ pour le tunnel. À titre de comparaison, l'élargissement de l'autoroute Henri-IV devrait coûter environ 400 millions $. 

En parallèle, les consultants ont regardé le potentiel de développement immobilier dans le secteur pour découvrir qu'il était limité. Outre l'espace dégagé dans le quadrant nord-est de l'intersection Laurentienne-Hamel par la démolition des bretelles d'accès à l'autoroute, où Expo­Cité a pris ses aises, les terrains les plus prometteurs sont situés juste en face, là où GM Développement veut ériger un hôtel. Les stationnements du centre commercial Fleur de Lys présentent aussi un bon potentiel. 

Mais cela n'est pas suffisant pour justifier les investissements. «Les coûts très importants qui sont requis n'auraient pas été compensés par de nouvelles rentrées fiscales correspondant aux nouveaux développements», peut-on lire. 

Il a aussi été question d'aménager une intersection à niveau avec feux de circulation. Cette dernière possibilité a vite été écartée. Sur Laurentienne direction sud, il aurait fallu six voies pour faciliter l'écoulement du trafic. En ajoutant les trois voies en direction nord, cela aurait obligé les piétons sur Hamel à traverser pas moins de neuf voies pour poursuivre leur chemin. En plus, à l'heure de pointe du matin, des bouchons se formeraient jusqu'à l'autoroute Félix-Leclerc et même plus haut. 

«La recomposition urbaine de l'autoroute Laurentienne et du boulevard Wilfrid-Hamel doit s'envisager sur un horizon de 20, 30 ou même 40 ans, comme ce fut le cas pour la réhabilitation du quartier Saint-Roch», concluent les ingénieurs de Dessau dans l'étude de circulation réalisée sur les pourtours de l'amphithéâtre. 

Ils ont tout de même proposé un aménagement de type boulevard urbain entre la rivière Saint-Charles et la rue de la Croix-Rouge. Les voies seraient décalées vers l'ouest afin de corriger la courbe de la rue de la Croix-Rouge, ce qui dégagerait des terrains du côté est. La centrale de police Victoria serait affectée, mais elle est vouée à une démolition prochaine. 

Il est aussi suggéré d'éliminer des sorties et des bretelles entre Soumande et le centre-ville. Leur nombre passerait de neuf à trois en direction sud et de huit à quatre en direction nord. Des feux de circulation feraient leur apparition à la hauteur des rues Robert-Rumilly et Lee. 

Afin de permettre une transition, «les aménagements de l'autoroute Laurentienne entre Soumande et la rivière Saint-Charles devraient être revus afin de favoriser une transition vers la zone urbaine et d'amener les usagers à décélérer progressivement», soulignent les auteurs de l'étude. Ces aménagements concernent notamment la largeur des voies, la signalisation, l'éclairage et les aménagements paysagers. La vitesse diminuerait progressivement de 100 à 70, puis 50 kilomètres à l'heure. 

«Intégration urbaine» différente

En entrevue au Soleil il y a quelques semaines, le directeur du Bureau du transport de la Ville de Québec, Marc des Rivières, a fait valoir que l'objectif «d'intégration urbaine» de l'amphithéâtre sera atteint autrement que par la transformation de l'autoroute Laurentienne en boulevard urbain. 

La Ville se montre satisfaite des améliorations apportées au réseau routier autour de l'amphithéâtre. Les bretelles du quadrant nord-est ont disparu, le boulevard Hamel a été réaménagé, la rue Soumande élargie, la rue de l'Exposition prolongée pour rejoindre celle de la Pointe-aux-Lièvres. 

Quant au scénario de transformation de l'extrémité sud de l'autoroute, il est dans les cartons et désirable d'un point de vue urbanistique, selon M. des Rivières, mais il n'y a pas d'efforts mis dessus et aucun échéancier établi. Avant de s'y attaquer, une coordination sera nécessaire avec le ministère des Transports du Québec, propriétaire de l'infrastructure.

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