Des lettres pour interpeller Trudeau sur l'avenir du train en Gaspésie

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Ce sont des autorails de ce type que la Coalition gaspésienne pour l'avenir du train voudrait que Via Rail utilise à court terme, en attendant que la capacité portante de certains ponts soit améliorée pour le retour de trains conventionnels.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(New Carlisle) La Coalition gaspésienne pour l'avenir du train, qui milite pour le retour du train de passagers de Via Rail entre Matapédia et Gaspé, lance un appel à la population pour convaincre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, d'engager son gouvernement dans le financement de l'infrastructure ferroviaire en Gaspésie.

Cinq jours à peine après avoir mis à la disposition du public une lettre réclamant le retour du train de passagers, les gens de la Coalition gaspésienne constatent qu'au moins 216 personnes ont déjà signé et posté une lettre type placée sur leur site Internet et leur page Facebook. L'objectif est de 1000 lettres.

«Nous n'avons même pas encore émis notre communiqué, et nous n'avons pas entamé notre campagne de sensibilisation par rapport à la lettre que déjà les gens signent et commentent. Ça nous donne une idée de la nécessité du service de train de passagers», précise Bernard Babin, l'un des instigateurs de la coalition.

Il sort «satisfait de l'année 2015, ponctuée par de nombreuses actions et démarches. Les premiers mois ont été consacrés à l'organisation de la coalition puis, en juin, à la tenue d'une rencontre publique à Chandler et d'une rencontre avec le ministre québécois des Transports, Robert Poëti, le tronçon Matapédia-Gaspé appartenant depuis mai à Transports Québec».

Le gouvernement du Québec a consenti 3,9 millions $ pour acheter ce tronçon, et 2,8 millions $ pour que la Société du chemin de fer de la Gaspésie, l'ex-propriétaire, l'exploite pendant deux ans. Québec n'a toutefois pas débloqué depuis 2013 des fonds pour les travaux les plus susceptibles de ramener le train de passagers de Via Rail, ceux qui augmenteront la capacité portante des ponts.

Il est vrai qu'entre 2007 et 2013, le gouvernement québécois avait consenti 44,5 millions $ pour l'exploitation et le rehaussement d'une infrastructure qui n'avait pas été entretenue suffisamment par les anciens propriétaires qu'ont aussi été le Canadien National, jusqu'en 1996, et la défunte Société des chemins de fer du Québec, de 1996 à 2007.

Citoyen de Port-Daniel, Anthony Bernard Prince, un autre pilier de la Coalition gaspésienne pour l'avenir du train et l'auteur principal de la lettre à Justin Trudeau, croit que c'est maintenant au gouvernement fédéral de manifester financièrement son appui au réseau ferroviaire de la péninsule.

«Ottawa n'a pas versé d'argent pour le chemin de fer gaspésien depuis 2011. Nous avons un nouveau gouvernement, qui prépare un budget pour un programme d'infrastructures. Les ponts routiers, comme celui de Hope Town, flanchent en raison de l'usure. Enlevons de la pression sur les routes. Regardons l'entente de Paris sur la nécessité d'adopter des habitudes plus vertes. Le train est parfaitement indiqué pour y arriver. Des gens m'abordent pour dire que peu de monde prend le train. En réalité, le train gaspésien était fortement utilisé. En 2011, 27 991 passagers ont pris le train Montréal-Gaspé, alors que les trains Montréal-Jonquière et Montréal-Senneterre combinés en ont transporté 25 870», explique d'un trait M. Prince.

État de certains ponts

Via Rail a suspendu sa liaison entre Matapédia et Gaspé en septembre 2013, principalement en raison de l'état de certains ponts. Une étude réalisée à l'époque situait à 107 millions $ la somme à investir dans l'ensemble des ponts ferroviaires gaspésiens pour les sécuriser pendant 25 ans.

Gilles Lamy, cheminot à la retraite et autre membre très actif de la coalition gaspésienne, rappelle qu'à court terme son groupe opte pour le retour du train de passagers en utilisant des autorails, des voitures de passagers autopropulsées beaucoup plus légères - à 57 tonnes - que les locomotives des trains conventionnels de Via Rail - à 130 tonnes.

«Pour le moment, nous n'avons besoin que d'une étude pour confirmer que les ponts à l'est de Caplan, ceux de la partie du tronçon que le gouvernement du Québec a mis en dormance, ont la capacité de supporter les autorails. En ce qui me concerne, ça ne fait aucun doute», dit M. Lamy, qui a travaillé plus de 35 ans au chemin de fer.

La Société du chemin de fer de la Gaspésie, une entité créée par les municipalités du sud de la péninsule pour sauver le tronçon Matapédia-Gaspé du démantèlement, est restée exploitante du train de marchandises après la perte de possession du début de 2015.

Environ 2000 wagons de marchandises circulent sur le tronçon encore actif, surtout entre Matapédia et Nouvelle, et plus occasionnellement vers New Richmond et Caplan. Les entreprises gaspésiennes utilisant fréquemment le rail emploient 400 personnes.

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