La limite de poids au pont de Hope Town freine l'industrie du bois

Le pont de Hope Town est en réfection... (Collaboration spéciale, Gilles Gagné)

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Le pont de Hope Town est en réfection depuis le 1er décembre. Les travaux pourraient être terminés le 23 décembre, mais la circulation ne sera alors rétablie que sur une voie.

Collaboration spéciale, Gilles Gagné

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Hope Town) La réduction des limites de poids imposée par le ministère québécois des Transports à un pont de la route 132 à Hope Town, en Gaspésie, cause des maux de tête majeurs à la direction de l'Association coopérative forestière de Saint-Elzéar, qui a fermé hier sa scierie pour un mois, au lieu des 11 jours prévus.

La réduction de poids a été imposée le 5 novembre et elle a été levée vendredi. Le directeur de la coopérative, Sébastien Roy, note que le trou créé dans l'horaire de transport par cette réduction de la capacité de charge aura inévitablement un autre impact sur son usine, au printemps, alors que la scierie manquera de bois. Environ 150 employés sont touchés.

«On allait commencer le transport de bois le 17 ou le 18 novembre. L'avis du ministère est sorti le 5 novembre, mais on l'a su par hasard le 13, par un concurrent. Ça n'avait pas de sens de transporter quand nos camions chargeaient 48 tonnes au lieu de 57,5. Ça nous aurait coûté 30000$ de plus par semaine, l'équivalent de 150$ de moins par voyage pour 175 voyages, plus des frais d'entretien de routes. On n'avait pas les moyens», dit M. Roy.

La scierie de Saint-Elzéar aurait autrement fermé le 23 décembre, parce qu'il y aurait eu du bois dans sa cour. La production reprendra le 18 janvier au lieu du 4, deux semaines après la reprise du transport. Sébastien Roy ne pouvait reprendre le transport entre samedi et le 23 décembre, ses camions étant loués temporairement à une autre usine.

Un inventaire de 85000 mètres cubes de bois est coupé dans l'arrière-pays de Chandler. Il n'y a pas de route hivernale de rechange, excepté un détour de 400 km, non rentable et irréaliste en délais de parcours.

«C'est simple. On peut couper 6000 mètres cubes par semaine. On peut transformer aussi 6000 mètres cubes avec deux factions. On peut transporter entre 6000 et 7000 mètres cubes par semaine, mais 80 % de ça en hiver. C'est pourquoi il fallait commencer le transport à la mi-novembre. Le dégel débute généralement durant la première semaine de mars. On n'aura pas accumulé assez de bois pour se rendre jusqu'au début de juin. Il faudra arrêter un mois en avril et en mai, quand les prix peuvent être avantageux», déplore Sébastien Roy.

Rapide dégradation

L'Association coopérative forestière manque ainsi sa première occasion en plus de 70 ans d'existence de fonctionner à longueur d'année. La possibilité de recourir à un plus grand nombre de camions est exclue. «Tout le monde se bat pour les mêmes camions. Je ne suis pas le seul touché.»

M. Roy trouve «inacceptable que la réduction de charge soit arrivée comme ça, subitement. On peut se demander s'il y aura d'autres ponts dans cette situation», dit-il.

Le pont de Hope Town a été bâti en 1962. Questionnée à savoir si la chute importante des sommes accordées aux routes (voir encadré) et un manque de prévoyance expliquent qu'un avis de réduction de poids ait été émis aussi tard, en novembre, Miryam Leclerc, de Transports Québec, répond : «Non, l'état des poutres s'est dégradé plus rapidement que prévu.»

Même si les camions peuvent passer en pleine charge depuis hier, la circulation n'est ouverte que sur une voie, vraisemblablement jusqu'au printemps. Des réparations se poursuivent pour deux autres mois.

Transports Québec exclut l'intensification du transport découlant de la construction de la cimenterie de Port-Daniel et de l'acheminement de matières contaminées venant du port de Gaspé et de l'ancienne papeterie Gaspésia de Chandler comme facteurs ayant causé cette dégradation.

«C'est plutôt un ensemble de facteurs qui en sont la cause : sollicitation, avec un débit de 2900 véhicules par jour dont 9 % de camions, les sels de déglaçage, l'âge et les conditions de tempête en milieu marin», dit-elle.

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